vendredi, février 05, 2010

Cluster : Plas (Album : II 1972)

Les pensées brouillées par des bruits de fond incessant à 360°. Pollution sonore silencieuse. Trop de choses, là, en même temps, pour des neurones fatigués. Est-ce tout ce que l'on perçoit du monde extérieur quand on le comprend de moins en moins.

Sur la route en rentréant du bureau, tout à l'heure, sur un local de la municipalité ou de son opposition après tout peu importe, des affiches pour inciter au "débat", avec des guillemets obligatoires, Pour ou contre le tri sélectif?.

Laisser une pause pour permettre de bien mesurer la profondeur de la question. Pour ou contre le tri sélectif? Est-ce que l'on est seulement en état de se poser la question? A t'on encore le choix? On imaginera bien les citoyens drapés dans leur égoïsme écrasant, venant témoigner sur la complexité de ce tri, mais à quoi ça sert?. Le seul fait d'imaginer que la question puisse faire débat, le seul fait de la poser, l'imprimer, de l'afficher, donne une idée du chemin restant à parcourir. Chemin dont on peut douter foncièrement arriver au bout un jour (ou alors quand il n'y a plus sur la terre que du beurre fondu comme disait machin). On ne la regrettera pas l'humanité. On ne sera plus là pour ça de toute manière. Faut-il préciser qu'il s'agit d'une des pires communes de la "droititude" en île de france, juste derrière Neuilly, gérée par un de ces mauvais vendeurs de pizzas froides. Pas certain non plus que la "gauchitude" fasse "mieux" en matière de démagogie minable. Pensées en vrac, sans intérêt, mauvaise humeur vaine et inutile.

Bruit de fond. On en était aux bruits de fond. Il y a un bouquin de Don Delillo (du grand Don Delillo) dont c'est le titre français. Bruit de fond. Tiens il parle de pollution d'ailleurs ce bouquin, mais c'est sans rapport. De pollution et d'angoisses. Le titre anglais est White noise. Bruit blanc. Un peu ce que l'on entend par instant sur les bricolages électroniques de Cluster. Ce disque de science fiction du passé, sous ses apects brouillons et inquiétants, a des facultés apaisantes écouté à fort volume. Juste ce qu'il fallait.

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Boards of Canada : Music Is Math (Album : Geodaddi 2002)

©Photo KMS 2009

"Les paroles me semblaient incomplètes. Les voix des gens commençaient et s'arrêtaient de manière inattendue. Je ne pouvais pas en distinguer le rythme. Mais l'écriture coulait bien sûr. Elle semblait animée d'un mouvement de haut en bas, en même temps que de droite à gauche. Si les caractères grecs ou latins sont des dalles, l'arabe est une pluie."
Don Delillo : Les Noms

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mercredi, novembre 25, 2009

Arab Strap : Piglet (Album : Philophobia 1998)

Va pas falloir me demander grand chose non. Juste trois phrases comme ça pas plus. Même pas des phrases. Des mots à la suite des autres serait plus juste.

Je crois qu'il n'y a que la voix traînante d'Aidan Moffat qui m'apaise. Cette musique cotoneuse. Ces histoires de cul avec cet accent Ecossais. En fait ça ne parle pas que de cul mais aussi de sa séparation d'avec sa copine. All characters in this book are genuine, il le dit à l'intérieur de la pochette. Il parle de livre parce l'histoire est écrite comme une nouvelle. It was the biggest cock you'd ever seen, ça commence comme ça son histoire.

Un texte. Pas des chansons. Sur fond d'histoire de cul. Philophobie, la peur de tomber amoureux. C'est peut être ça qui rend ce disque si attachant. Cette manière de déballer ses histoires de fesses, parfois touchantes, sur fond de couple qui se déchire avec cette voix endormie, sur cette musique envoutante.

C'est étrange parce que je fais toujours les mêmes associations. Ça montre aussi l'importance de ce disque. C'est étrange parce que la fois précédente où j'avais mis une chanson de ce disque, elle était accompagnée d'une citation de Cercle de Yannick Haenel. Ça disait "[...] bien fait pour moi : appartenir au "monde du travail", c'est collaborer à son propre écrasement.". Et justement on en est toujours là...

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mercredi, novembre 04, 2009

Cornelius : Omstart (Album : Sensuous 2007)

Je n'ai pas envie d'y retourner demain. Pas envie de me lever. pas envie d'aller travailler. Pas envie de voir ces gens. Pas envie de leur parler.
Je voudrais juste qu'on me laisse tranquille. Qu'on me laisse dormir le matin. Qu'on me laisse traîner tranquillement. Lire les infos en buvant mon thé.
Je n'ai pas envie d'y retourner demain. Pas déjà, c'est trop tôt.
J'ai juste envie, demain matin, de rester tranquille, et d'écouter Cornelius (il faut écouter) toute la journée et me dire qu'un jour j'irai au Japon.

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Centenaire : Farmers Underground (Album : 2 (the enemy) 2009)

Je vieillis. Je le sens bien. A l'intérieur. Le corps s'affaisse. Lentement mais sûrement. Je vieillis ça se voit. Bien sûr, les "gens de mon âge" ne dansent peut être pas souvent dans leur salon sur des musiques bruyantes. Peut être qu'ils ne jouent pas souvent de air guitar même sans qu'il y ait de musique. Peut être qu'ils ne frappent pas souvent des batteries imaginaires dans des gestes improbables. Peut être qu'ils ne glissent pas en chaussettes sur le carrelage de la cuisine et du couloir. Peut être non. Mais je vieillis.

"People my age They don't do the things I do" chantait Neil Young sur I'm the Ocean en 95, il avait juste cinquante ans. Comme Morrissey et son malaise sur scène ce week-end. On vieillit, je le sens bien.

Souvent les paroles d'Iggy Pop reviennent en mémoire. A mesure que l'on approche des 50 elles deviennent plus qu'évidence. Surtout quand on sent la fatigue dans les os, dans les muscles. On se demande parfois si on ne commence pas à entrer dans une période sursitaire. Mais en même temps on finira peut être tous centenaire...


(Ce 2ème album de Centenaire, sorti cette année chez Clapping Music, est passé plus inaperçu que le Yeti Lane alors qu'il est plus intéressant de mon point de vue. Et pour une fois que j'aime bien un album Français qui en plus a un petit coté Hood sur cette chanson...)

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Hrsta : Une Infinité De Trous En Forme D'Hommes (Album : Stem stem in electro 2005)

Je comprends de moins en moins cette vie qu'on mène. Je comprends parfois de moins en moins cette vie tout court. Je comprends de moins en moins ce qu'on fait tous à s'entasser de plus en plus là, les uns sur les autres, dans ces villes sans âmes. Qu'est-ce qu'on s'étonne après de cette violence partout. A voir son espace vital se réduire comme ça on n'en peut plus des autres. Je comprends de moins en moins ce qu'on fait tous les matins et tous les soirs à la queue leu leu dans nos voitures ou comprimés comme des sardines dans des boîtes en fer. Le monde va crever d'asphixye dans 50 ou 100 ans, bientôt, à se demander si ce n'est pas finalement ce qui peut lui arriver de mieux.

Je comprends de moins en moins pourquoi on nous fait crever là dedans. Pourquoi on nous appuie sur la tête toujours un peu plus fort partout au bureau dans la rue dans tout ce que l'on fait. Sans même savoir si ceux qui appuient se rendent vraiment compte de ce qu'ils font. Je comprends de moins en moins qu'on ne nous laisse pas le temps. De vivre. De respirer. De regarder. Je comprends de moins en moins qu'il faille attendre des années pour éventuellement pouvoir le faire.

Je comprends de moins en moins pourquoi je ne prends pas le temps le matin de regarder la grosse boule jaune du soleil se lever derrière le terrain vague avec les wagons tagués. Je comprends de moins en moins pourquoi je ne prends pas le temps le matin de prendre la Marne en photo, tous les jours différentes sous la lumière. Je comprends de moins en moins pourquoi je dois me presser comme ça. Je comprends de moins en moins pourquoi je dois supporter ces gens que je n'aime pas.

Je comprends de moins en moins pourquoi je ne trouve pas le courage de sortir de ce cercle infernal. Je comprends de moins en moins pourquoi je ne bazarde pas tout ça pour partir ailleurs, quelque part où l'on respire et où l'on peut s'asseoir au bord de l'eau tranquillement. Je comprends de plus en plus qu'il faut en sortir avant qu'il ne soit trop tard et trop tard c'est souvent bientôt. Je comprends de moins en moins tout ça. Journée de merde.

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