897 Fuir, dit-il (Jonathan Wilson)

9 mars 2014 Par KMS
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Jonathan Wilson : Cecil Taylor (Fanfare 2013)

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(Photo ©KMS 2008)

La voix de David Crosby nous ramenait vers ces utopies perdues, ces rêves évaporés, toujours préférables aux cris de ce monde qui accrochent des nuages sombres sur nos épaules.
Les rêves fondent comme peau de chagrin ou comme la banquise Arctique.
On ne voit plus l’aurore que par obligation.
On en arrive à vouloir oublier le futur.
On referme le cercle comme on tire sur le lacet d’une capuche pour s’abriter.
Fuir, dit-il, pendant qu’il en est encore temps.
En traînant derrière soi ce cortège de musiques comme un voile défraichi.
Se cacher, derrière ce camouflage dérisoire.
Faire du désuet et du futile un nouvel essentiel.
C’est peut-être cela que l’on appelle vieillir. Se protéger du mieux possible pour pouvoir se souvenir le plus longtemps possible.
Il faudrait trouver un îlot au milieu d’une rivière, regarder couler l’eau, ne rien faire d’autre qu’attendre le coucher du soleil sur l’horizon.
Un court instant, cette chanson pourrait empêcher le monde de sombrer.

(Cette chanson parait tout droit sortie de Déjà Vu, comme au travers d’une faille temporelle. La présence de Graham Nash et de David Crosby n’y est pas pour rien)

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Catégorie : Ecoute s'il pleut, En attendant la fin du monde, Music of my mind

6 Responses to “ 897 Fuir, dit-il (Jonathan Wilson) ”

  1. David on 9 mars 2014 at 19 h 03 min

    Où as-tu capté ce coucher de soleil ?

    • KMS on 9 mars 2014 at 19 h 12 min

      Golfe du Morbihan.

      • David on 9 mars 2014 at 19 h 48 min

        Et ben, c’est beau.

  2. Lisbeï on 9 mars 2014 at 20 h 02 min

    C’est ce que j’allais dire, c’est chez moi, ça <3

  3. Paul C. on 10 mars 2014 at 2 h 43 min

    Il est marrant cet album. Il y a un morceau de Crosby/Nash, un de Stills et un Young (+ Dylan et les Floyd).

  4. PdB on 12 mars 2014 at 23 h 20 min

    peut-être plutôt que ce n’est qu’en vacances qu’on peut voir l’aurore ? je me souviens de kélibia, hamam gezez, la plage une merveille six heures moins le quart, les vieux arabes y descendent et se baignent doucement, le soleil est à peine sur l’horizon, l’eau est d’huile (d’olive évidemment), il n’y a qu’un tout petit vent mince, le sable est froid, les vieux sont en short, portent une casquette, ils laissent leur marcel plié sur leurs claquettes en plastique, ils ne nagent pas, ils restent soit à genoux, soit en planche, on n’entendra pas les enfants crier ni les chiens hurler, le plagiste n’arrivera que dans deux heures avec ses poissons frais, à moins qu’il ne dorme dans sa cabane de tôle ondulée camouflée de feuilles de palmiers, il ne fait pas chaud, au loin si on pouvait on verrait Lampedusa et les bateaux des passeurs mais là, non, tout est calme, c’est peut-être ça, la vieillesse