641 Je me souviens #20 (Roxy Music)

3 février 2010 Par KMS
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Roxy Music : In every dream home a heartache (Album : For your pleasure 1973)

Je me souviens de Fluide Glacial à ses début, vers 76/77. Je l’achetais spécialement pour les planches rock de Solé, Gotlib et Dister, racontant une chanson ou un groupe en dessins. J’adorais lorsqu’ils racontaient une chanson, en traduisant les paroles et en les illustrant.

Ce n’était pas toujours simple de comprendre ce qu’elles racontaient les chansons, mon niveau d’anglais, malgré des efforts remarqués dans cette matière, n’était pas encore suffisant. On ne trouvait pas non plus les paroles sur toutes les pochettes. Disposer d’une traduction était rare. L’idée devait venir de Dister, photographe et journaliste à Rock & Folk qui avait vécu le flower power et le mouvement hippie de l’intérieur en ayant couvert tous les festivals majeurs de la fin des sixties et du début seventies.

Ces pages là, je finissais par les connaître par coeur à force de les lire, allongé sur le lit étroit de la petite chambre chez mes parents. Avec ces dessins débordant de détails. Elles faisaient rêver doublement puisqu’elle puisaient leur inspiration dans la musique écoutée. Ils avaient décortiqués les Who, les Beatles, Zappa, Pink Floyd, le punk (c’était l’époque), Genesis, Magma, Patti Smith… Dans le n°16 d’octobre 77 (on notera sur le coté gauche de la 4ème page le petit hommage à la mort d’Elvis survenue deux mois plus tôt), c’était le tour de Roxy Music.

Même si à l’époque, je ne connaissais que Country Life et pas seulement pour des raisons musicales (Cf. la pochette), sans encore l’avoir. Cette bande dessinée elle, m’aura fait acheter For your pleasure, le merveilleux 2ème album de Roxy Music. Eno était encore là mais plus pour longtemps. Sur la pochette, on voyait une Amanda Lear dominatrice, promenant en laisse une panthère noire. For your pleasure.

In every dream home… la chanson terminait la première face, sur ce tempo lent et pesant, avec cet orgue inquiétant et les touches discrètes du saxophone d’Andy MacKay en arrière plan. Bryan Ferry en dandy oisif et dépressif, y raconte sa solitude pesante (et sexuelle) dans sa somptueuse demeure. Il explique comment il se commande une poupée gonflable par correspondance pour y remédier, et devient amoureux d’elle. Les quatre planches ci-dessous (cliquer dessus pour les voir en grand) racontent ça bien mieux que quelques mots.

On peut presque y voir une préfiguration en forme de parabole de la virtualité de certaines relations amenées par internet et des fantasmes suscités par l’autre derrière son écran. Pourtant la chanson date de 1973. Même le minitel n’existait pas encore.

Les quatre pages illustrent avec beaucoup d’humour et de détails foisonnants cette chanson. C’était un peu étrange de découvrir une chanson sans l’écouter, mais lorsque je l’ai entendue pour la première fois, la musique collait parfaitement avec ce que j’avais imaginé. Même si l’allusion sexuelle de la fin de la chanson (I blew up your body, but you blew my mind…) m’avait échappée (si je puis dire…).

Il m’est impossible, après toutes ces années, de l’écouter sans revoir Bryan Ferry se débattant avec sa poupée gonflable, ou se tripotant la nouille, même si quelque part, cela enlève une partie du coté dramatique de la chanson.

(Pour ceux que ça intéresse, un album, Pop, Rock et Colégram, malheureusement épuisé depuis bien longtemps, compilait toutes ces planches. Il est parfois trouvable d’occasion)

    

    

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Catégorie : 7 Tease, Je me souviens

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