887 Tout ira bien (Neil Young)

16 juin 2013 Par KMS
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Neil Young : Cortez the Killer (Birmingham 13 juin 2013)

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Neil est venu en ville, j’ai pensé
tout ira bien.
Je levais parfois les yeux vers
l’écran
disposé sur le côté de la scène, presque au-dessus de ma tête. Par instant, on y voyait ses
mains
en gros plan. Je ne regardais que ses
mains.
Découpant, comme au cuter, des distorsions
grasses
dans les cordes de sa Old Black toute écaillée, râpée, usée.
Ses
mains
vieillies, terriblement, trahissant son âge certes
vénérable,
ses 68 ans. Le poignet droit bandé dans un strap rouge, très
serré
et les taches de son sur la peau de sa
main
comme de revivre là, subitement, en
accéléré
toutes les années écoulées depuis la
première
fois où je l’ai entendu chanter en 1975. Ses
mains
trahissant son âge, trahissant le mien aussi, trahissant toutes les années passées, toutes les vies vécues, et les siennes n’ont rien à voir avec les
nôtres,
trahissant l’avenir qui nous attend.
People my age They don’t do the things I do comme il le chantait sur la meilleure chanson de Mirrorball il y a déjà dix-huit ans, ça n’a pas
changé.
Peut-être aussi, parce qu’avec son
chapeau
vissé sur sa tête, il m’a rappelé la figure austère du
grand-père paternel telle qu’elle est restée dans ma mémoire d’enfant, plantée sur sa grande carcasse.
Neil est venu en ville, j’ai pensé
tout ira bien.

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Catégorie : Music of my mind, Obsessions

4 Responses to “ 887 Tout ira bien (Neil Young) ”

  1. PdB on 16 juin 2013 at 23 h 57 min

    il faudrait que je regarde un peu, mais je ne suis pas sûr d’en avoir le goût (c’est trucs là sont éphémères, autant les laisser s’en aller). C’est dans les commentaires, mais ça ne fait rien. En janvier, il y avait sur les murs du métro cette affiche qui annonçait sa venue, et mon amie m’a dit « tiens c’est le jour de ton anniversaire, si on y allait je te l’offre ? » j’ai dit non, je ne sais pas pourquoi maintenant que tu me le demandes, je ne sais pas, j’ai cru que, comme c’est écrit là, ça allait bien se passer, je crois que c’est Bercy, sûrement, le vin les entrepôts le jardin l’orangerie, la cinémathèque le ministère des trouducs comme dirait PdJ, ça se passerait bien c’était certain, les sacrifices au soleil, Tintin qui implore le ciel, Klaus Kinski et, plus tard, le passage de ce bateau sur les hauteurs des Andes ou de ce sous continent, pourquoi j’ai dit non, je ne sais pas le dire, sans doute parce que je n’aime pas les concerts en réalité, ce n’est pas que j’aime mieux les disques, ou alors que j’ai été choqué par l’épaisseur de la fumée à celui de Bob Marley en soixante dix sept ? je ne sais plus, le temps passe aussi pour nous tous, les nôtres n’ont rien à voir avec les siennes non, mais de tous c’est le cas, de toutes c’est la raison, il y a dans le placard sous l’évier un reste de cette bouteille de chorey-les-beaune qu’a apportée un ami mardi dernier, je vais m’en servir un verre, le boire à ta santé pour le morceau, il y a juste là la boîte avec les douze disques reprenant les films de Kubrick (c’est mon amie, elle me connaît assez très bien, elle sait ce que j’aime) j’écoute Cortez en pensant à ce livre qui est là (j’ai un collector) où il est raconté cette histoire de solo, huit de plus que toi, huit de moins que lui, harvest dans le deux chevaux (un peu différente de celle de ton grand-père paternel, là -le mien, paternel est parti en fumée en 44-, ce ne sont pas des souvenirs, (l’autre je l’aime toujours) ce sont des linéaments), on allait vers la Tunisie, on passait par l’Italie et je n’avais pas vingt ans, ce sont des bribes des histoires (arriver en dansant après avoir traversé l’eau Cortez), la vieille guitare qu’on aimait tant comme celle blanche demi-caisse, gretsch peut-être je ne sais plus tu vois les choses s’évadent et c’est tant mieux, ses martin tout autant, sèches ou électriques, ça se passera bien, oui, il ne l’a pas jouée à Paris alors qu’elle, c’est l’une de ses plus belles (cherchant un nouveau monde, Montezuma sur la grève), pas de crise, pas de mort, quel tueur quand même (la haine était juste une légende, on n’avait jamais connu la guerre) non, à Bercy, non, enfin j’ai dit non

  2. KMS on 17 juin 2013 at 20 h 57 min

    Bercy, il faut être devant, dans la fosse, pas trop loin, comme ça tu n’as pas l’impression que c’est si grand, tout le monde est derrière ou presque. Mais je suis d’accord. Bercy c’est merdique. Mais Neil c’était bien.

    Mais là il m’a quand même surpris. Je ne pensais pas qu’il aurait encore cette énergie. C’est pour ça que ses mains, montraient une terrible réalité qu’on avait tendance à oublier en l’entendant balancer ses gros accords. Même quand il a pris sa vieille Martin qui a vieilli aussi, elle est bien râpée.

    Après, assis au fond de bercy, je préfère encore le rater.

    Et puis un jour, quand je trouverai 1) le courage 2) l’inspiration 3) le temps mais ça c’est un peu un prétexte, j’écrirai tout ce qu’il y a avant l’histoire de Cortez.

  3. Francky 01 on 2 août 2013 at 12 h 16 min

    Moi Neil Young, je l’ai vu au Théâtre Antique de Vienne (lieu du mythique Jazz à Vienne) le lundi 15 juillet 2013 !!
    Superbe concert, grandiose et magique. Neil, 68 ans, est toujours The Best, The « Loner ». Avec ses Crazy Horses, ils n’ont rien perdu de leur superbe.
    Longs passages enfiévrés remplis de guitares aux solos épileptiques, se livrant de magnifiques « duels », soutenus par une section rythmique impec’ (basse puissante et batterie métronomique). « Rust never sleep » n’avait-il pas écris, l’ami Neil Young ! Avec cette série de concerts, il le prouve vraiment.
    Seul bémol à cette performance : l’absence de morceaux d’anthologie que je vénère comme « Like A Hurricane », « Down by the River », « Cowgirl in the Sand », « Cortez the Killer », « Tonight’s the Night ». Mais en même temps, Neil à revisité son répertoire en toute liberté et audace, allant des Buffalo Springfield à son dernier disque « Psychedelic Pill ».
    Setlist de Vienne :
    01. Love And Only Love
    02. Powderfinger
    03. Psychedelic Pill
    04. Walk Like A Giant
    05. Hole In The Sky (Inédit 2013)
    06. Red Sun
    07. Heart Of Gold
    08. Blowin’ In The Wind
    09. Singer Without A Song (Inédit 2013)
    10. Ramada Inn
    11. Sedan Delivery
    12. Surfer Joe And Moe The Sleaze
    13. Mr. Soul
    14. Hey Hey, My My (Into The Black)

    RAPPEL :

    15. F*!#in’ Up

    A +

  4. LeCabour on 7 septembre 2013 at 21 h 18 min

    Il est passé chez ici, le 17 juillet. Je ne connaissais de lui que ces disques. Ecoutés la première fois dans les années 76/77… Alors j’ai pris une place. Presque fébrilement.
    Concert de très bonne qualité, tant pour Patty Smith, qui assurait une première partie déjà explosive, que pour Neil et surtout pour le public.
    Il a joué les mêmes morceaux qu’a Vienne, et je suppose, à Bercy.
    J’étais pas bien placé, les arènes de Nîmes n’ont pas l’acoustique qu’il faudrait. Je n’ai pas n’ont plus pu descendre, interdit.
    Il m’a littéralement scotché dans les quatre premiers morceaux, distor à fonds, sursaturation… Mais la pèche qu’il envoyait était savoureuse.
    Je n’ai pas vu ses mains, mais son jeu n’avait rien perdu.
    La partie guitare sèche a calmé les adorateurs des premiers instants. Puis il est reparti en électrique, plus cool, comme apaisé.
    Deux heures, trop court ?
    Salut KMS….