879 Grateful Dead (The Grateful Dead)

8 février 2013 Par KMS
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The Grateful Dead : Terrapin’ Station (The Closing of Winterland 1994)

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Il n’y a pas de hasard, ou je ne veux plus y croire. Allez signer la vente de la maison du grand-père, mort en 1971, chez un notaire qui n’a rien trouvé de mieux qu’installer ses bureaux dans l’ancienne clinique où est mort mon père dix ans plus tard, je ne peux croire à la coïncidence. Comme si, plus par les lieux que par la signature apposée au bas de pages imprimées, on bouclait une boucle, on terminait un cycle. Ou on en commence un autre. Ce qui revient au même.

Dans les rares moments où je pouvais écouter un peu de musique dans la folie des journées sans fin de ces dernières semaines, sans fin, parfois usantes, sûrement mû aussi quelque part par une sorte de curiosité ethnologique face à ces mondes différents, dans ces rares instants, c’est vers le Grateful Dead que je me tournais alors que je ne dois posséder qu’un seul et vieux live du groupe. Comme si dans ces instants particulier ressortait une volonté de percer un mystère musical presque toujours resté hermétique jusque là.

Les Morts Reconnaissants, le choix n’était certainement pas plus innocent que le reste, en contraste avec la folie moderne, mais pas seulement. Comme se regarder à l’envers dans un miroir. Histoire de renverser l’hommage.
Il y a dans les guitares de Jerry Garcia et Bob Weir, sans parler de la basse grondante de Phil Lesh, une résonance particulière, un écho personnel inexplicable. Rien que de la musique de hippies qui commençaient à fatiguer mais après tout pourquoi pas.
C’était la fermeture du Winterland, le 31 décembre 78 ou le 1er janvier 79 c’est comme tu veux, ils ont dit happy new year avec le décompte et le concert a commencé. C’était la fermeture. Une fête un peu triste sûrement.
Ils étaient déjà d’une époque révolue les Morts en 78 ou 79. De vieux souvenirs d’une utopie partie en fumée depuis longtemps, abandonnée sur des buvards séchés. Les morts sont toujours d’une époque révolue. Terrapin’ Station, ça sonnait comme un au revoir, avec ses belles guitares claires.

J’écoutais la notaire nous lire l’acte derrière son grand bureau en bois un peu démesuré, contrastant fortement avec l’état un peu miteux de la salle d’attente de l’étude. Je pensais que ça serait comme de projeter un bout d’existence en accéléré et puis au final non, tout ça est banalement administratif et ennuyeux (ou ennuyant je ne sais jamais vraiment). Il n’y a rien d’autres dans les mots sans âmes des actes notariés, en dehors d’un ennui nécessaire.

Je me disais elle répète les mêmes articles, les mêmes textes à chaque fois, mais on fait tous ça, répéter les mêmes mots, les mêmes gestes. La répétition fait tellement partie du travail. On y appose juste des variations plus ou moins infimes. Combien de fois Jerry Garcia aura joué cette chanson (302 fois dit internet)(je suis toujours ébahi de pouvoir trouver ce genre d’informations en 15 secondes)(internet ne cessera peut-être jamais de m’étonner) ?

En sortant il pleuvait, ce qui tout bien réfléchi, était assez normal. Il n’y a pas de hasard.

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Catégorie : 7 Tease, Ecoute s'il pleut

One Response to “ 879 Grateful Dead (The Grateful Dead) ”

  1. Jacques on 9 février 2013 at 17 h 43 min

    Sensible au rythme et à la musique des guitares, j’entends celle du texte comme ceci : Dans les rares moments où je pouvais écouter un peu de musique, j’écoutais la notaire, la note claire, ça sonnait comme un au revoir, une résonance particulière, un écho personnel inexplicable, les morts reconnaissants le reconnaissent, on fait tous ça, répéter, la répétition fait tellement partie du travail, on y appose juste des variations, et le concert a commencé. :-)