144 Various positions

3 janvier 2007 Par KMS
Imprimer cette note Imprimer cette note

144 Various positions : Leonard Cohen : Famous blue raincoat (Album : Songs of love and hate 1971)

Je jouais les arpèges d’Hallelujah hier soir sur le piano, dans le désespoir de ne pas avoir de voix correcte à poser sur ces notes. Je me contentais de chantouiller à voix basse, rendant inaudible la moitié des paroles. J’avais pris, en janvier 2006, la bonne résolution vite oubliée de jouer 30mn de piano par jour, pour que le combat entre mes 10 doigts et les 88 touches soit légèrement plus équitable. Au bout d’une ou deux semaines tout ceci s’est envolé en fumée comme mes espoirs de jouer un jour à peu près correctement du piano. Les bonnes résolutions sont des plaisirs vains et éphémères, n’existant que pour l’illusion fugace de déculpabilisation qu’ils procurent.
J’ai la musique laborieuse. Quel que soit l’instrument. Une déperdition d’information trop grande sur le chemin entre mon cerveau et mes doigts certainement. J’étais heureux néanmoins, d’arpéger les accords simples de cette chanson de Cohen. Même si massacrer Hallelujah, juste pour mon plaisir, relève finalement d’un acte assez proche de la masturbation. Agréable et frustrant à la fois…
Du coup j’ai mis des disques de Cohen toute la soirée, pendant que l’on mangeait un foie gras mi-cuit avec un Bonnezeaux très agréable. Il n’y a que le vinyle pour restituer le grain de la voix de Cohen sur les trois ou quatre premiers albums. Cette chaleur, cette vibration, cette présence, tout ce qui a disparu avec le son étriqué de la minable édition cd. Malgré les crachouillis typiques du vinyle usagé de mes exemplaires. Je me suis levé pour soulever le bras de la platine et mettre à nouveau Famous blue raincoat. Une des plus belles chansons du monde. Ou la plus belle de Cohen. Avec trois ou quatre autres.
Il faudrait peut être pouvoir sauvegarder d’une manière ou d’une autre, des instants comme celui là, comme hier soir. Toi, la saveur du foie gras (mi-cuit)(le détail a de l’importance)(les détails ont souvent de l’importance), les parfums jaune d’or du Bonnezeaux, la voix de Cohen… comme du rêve que l’on enfermerait dans un flacon de verre.

You’re living for nothing now, I hope you’re keeping some kind of record.

Catégorie : Vieilleries

Comments are closed.