134 Fog

13 décembre 2006 Par KMS
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134 Fog : The Fiery Furnaces : Black-Hearted Boy (Album : Bitter tea 2006)

Le brouillard me fait rêver. Je crois que c’est pour cela que je l’aime, c’est l’écran de tous les possibles. Il masque la décevante réalité du quotidien. Je pensais à ça, hier matin en glissant dans le coton sur ce bout de route entre la zone d’activité à droite et le terrain vague à gauche. Sûrement une coïncidence, mais hier soir, je commence, alors qu’il m’attend déjà depuis plus d’un an, W ou le souvenir d’enfance de Georges Perec. Je l’ouvre et trouve cette citation de Raymond Queneau, en bas à droite de la page 11 qui n’est pas numérotée : Cette brume insensée où s’agitent des ombres, comment pourrais-je l’éclaircir? Il n’y a pas de hasard tu sais. Ca sort juste du brouillard.
Depuis hier j’écoute deux ou trois fois de suite cet album superbe des Fiery Furnaces. On ne sait jamais ce que l’on va trouver derrière la brume des notes. Parfois il y a deux ou trois chansons dans une seule. Imbriquées. Cela s’arrête. Ca repart. Des sons bizarres. Des synthés fous. Des jolis accords au piano. De la musique comme un monstre de carnaval à la démarche syncopée, crachant de la fumée. Comme du brouillard bizarre.
Ce matin il n’y avait plus de brouillard. Dans la voiture, sur cette même route, je te dis que je n’en peux plus de faire ce trajet tous les jours. De voir ce paysage mi urbain, mi industriel, le long du port de Bonneuil, ces tas de métaux rouillés empilés en vrac comme autant de cadavres, ces fumées blanches crachées par ces cheminées priapiques et ces cortèges de voitures tristes comme des corbillards. Toi, tu dis, sur le pont plus loin, au-dessus de la Marne, c’est beau quand le soleil se reflète dans l’eau. Je crois que je préfère le brouillard…

Catégorie : Vieilleries

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