873 En attendant la fin du monde #11 (Belle & Sebastian)

5 novembre 2012 Par KMS
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Belle & Sebastian : If you’re feeling sinister (If you’re feeling sinister 1996)

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C’est venu après avoir mis If you’re feeling sinister. L’album. Attrapé parce qu’en quête d’inspiration, en balayant les étagères, la tranche épaisse et blanche de l’album a attiré le regard.

Sur la deuxième face, lorsque la guitare acoustique donne le ton, que le son monte lentement, sur ce rythme particulier qu’affectait alors Stuart Murdoch, je me suis dit que ça faisait trop longtemps que je n’avais pas écouté les petites histoires de Belle & Sebastian.

Ces histoires avec ces personnages, leurs tracas du quotidien. Comme dans The State I Am In, sur Tigermilk, l’album où sur la pochette la fille serre Tigrou contre son sein nu dans son bain. Cette chanson où il raconte qu’il a eu l’impression de se vider de son sang le jour où son frère lui a avoué son homosexualité en 1995, où le prêtre qui le marie a une mémoire photographique pour tout ce qu’il entend, où il finit par faire tourner des tables chez Marks and Spencer’s.

Le soleil tapait sur les carreaux de la fenêtre du bureau, c’était une journée d’automne, avec ses couleurs particulières et, quelque part, ça devait aussi expliquer Belle & Sebastian.

Je me suis souvenu de la première fois où j’avais entendu un de leurs disques, The boy with the arab strap, j’étais en retard sur tout à cette époque-là. C’était dans la voiture, à l’automne 1998, à la radio, ils avaient raconté l’histoire de Tigermilk et de ses 1000 exemplaires. Tigermilk réédité l’année suivante, bande-son de l’automne apocalyptique de cette année-là. Jusque là, le nom du groupe m’évoquait uniquement cette série télévisée en noir et blanc que je regardais lorsque j’étais enfant.

C’était il y a presque quinze ans, une éternité, les histoires dans les chansons se font plus rares, les paroles aussi parfois. Un peu comme ici. Même Belle & Sebastian a arrêté ses histoires de garçons et filles de la génération X, un peu perdus face à ce monde.

Dans celle-ci, Hilary était dans des relations S&M et l’étude de la bible. On a envie de les visualiser ces personnages. Voir à quoi, ou à qui, ils ressemblent. Sur la photo de la pochette baignée de rouge, la fille a Le Procès de Kafka à côté d’elle, le regard dans le vague, perdue dans ses pensées. Comme un concentré d’existence en une photo d’apparence banale. L’histoire, on pourrait presque l’écrire rien qu’avec la pochette et les chansons de l’album. Si on écrivait encore des histoires, en attendant la fin du monde…

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Catégorie : Ecoute s'il pleut, En attendant la fin du monde

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