872 Two leaves left (Beth Gibbons)

27 octobre 2012 Par KMS
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Beth Gibbons & Rustin man : Sand River + Show (Album : Out of season 2002)

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Le disque est revenu avec l’automne et ses feuilles mortes. Il vient d’avoir dix ans. Des souvenirs balayés comme ces feuilles échouées dans le jardin un peu partout. La face imprimée du CD a un côté granuleux, si l’on passe ses doigts dessus, on a l’impression qu’il a de la consistance. Un côté craquant, presque comme des feuilles mortes.


Sur une chanson de ce disque, Sand River, elle chante ces deux mots, Autumn leaves, d’une manière qui colle à la peau. Avec cette façon de laisser trainer la voix sur leaves. J’y repensais ce matin en allant au marché en voyant toutes les feuilles tombées des arbres cette nuit avec le vent. Autumn leaves. Le reste de la chanson n’est pas vraiment à la hauteur de ce début, de juste ces Autumn leaves, le beauty’s got a hold on me à la suite oui bien sûr aussi, mais le reste est un cran en dessous. Dommage. Quand tout tient en quelques secondes.

J’avais oublié ce disque pas complètement inoubliable non plus ce qui explique cela (je crains que tout le monde ne l’ait oublié en fait) malgré quelques belles choses dessus. Je n’avais pas dû l’écouter depuis cet automne 2002 où Beth Gibbons en hiatus de Portishead l’avait sorti avec Paul Webb (Rustin man) (ancien bassiste de Talk Talk).

L’album se veut calme et dans des ambiances jazzy soft. C’est peut être ça le problème, inégal, il manque un peu de prises de risques et est trop propre. Il manque sur la moitié des chansons le petit grain supplémentaire qui le rendrait plus accrocheur. En dehors des Autumn leaves, d’une ou deux autres chansons (Funny Time Of Year et Drake). Mais il y a une perle d’une tristesse insondable, noyée au milieu, parfaite les samedis après-midi d’automne sous un ciel sombre, méritant d’être sauvée de l’oubli dans lequel je l’avais laissée.

Un piano, un violoncelle, une voix, quelque chose dans ce mélange, surtout dans sa voix, glissant sur l’épiderme. De celle qui fait frissonner, comme si elle était baignée par l’esprit de Nina Simone. Une émotion palpable. Let the show begin, It’s a sorry sight, Let it all deceive, Now I’m pains in me that I’ve never found. Pas grand chose pourtant. Quatre mesures en boucle sur un seul et même accord de Si bémol mineur 7, arpégé sur le même motif durant toute la chanson, et la basse jouant une note par mesure, Sib, La b, Fa# et Fa. Le violoncelle en écho de la voix par instant. Autant dire rien musicalement. Rien. Mais pour un peu ça nous tirerait des larmes.

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Catégorie : Ecoute s'il pleut

One Response to “ 872 Two leaves left (Beth Gibbons) ”

  1. YYF on 11 décembre 2012 at 2 h 24 min

    J’ai ressorti le disque il y a peu, pour ripper en qualité décente « Mysteries » pour mes nouveaux besoins audiophile. Étrange que tu ne mentionnes pas le morceau, je le trouve assez superbe, comme si Sibylle Baier était accompagnée d’un choeur. C’est minimaliste et chargé d’émotions, bref, c’est beau.