864 Caroline dit (Harry Nilsson)

4 août 2012 Par KMS
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Harry Nilsson : Down (démo) (Schmilsson 1971)

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C’est l’été. J’ai eu envie ce matin de reprendre ce vieux texte de 2004.


Caroline dit :
— Je voudrais un disque du samedi après-midi.
— Ah ? Je n’y ai jamais réfléchi. J’ai des disques du matin. Des disques du soir. Des disques du dimanche. Du lundi.
Caroline sur le canapé, étire ses bras derrière elle :
— C’est décevant. Parce qu’on n’est ni dimanche ni lundi.
— Je suis décevant. Tiens on va mettre celui là.
Caroline dit :
— Tu ne fais pas d’effort. C’est qui ?
— Le chanteur préféré des Beatles.
Caroline se dirige vers la cuisine :
— Comment tu le sais ?
— McCartney et Lennon l’ont dit en chœur lors d’une interview.
Caroline revient avec une tablette de chocolat praliné :
— Tu ne m’as pas dit son nom. Fais voir la pochette.
— Harry Nilsson.

Caroline dit en ouvrant la tablette de chocolat :
— Connais pas. Hum… classe dans le peignoir au réveil. Ca fait envie. C’est bien cette chanson remarque.
— Gotta get up. C’est pour aller avec le peignoir. Il y a la même photo de lui mais en plus grand en poster à l’intérieur si tu veux.
Caroline dit en croquant un carré de chocolat :
— Non merci. Pas mon style le peignoir débraillé et pipe au réveil.
— Je resterai vigilant. Au verso il y a la photo de son frigo ouvert si tu préfères. En fait si, tu le connais. Tu ne le sais peut être pas, mais si.
Caroline dit en pointant son regard azur vers toi :
— T’es sûr ? Je ne devais même pas être née quand il a enfilé son peignoir.
— Certes. C’est quoi ce coté peignoirophobe ? J’aime bien les peignoirs, surtout quand tu es dedans.
Caroline dit avec sa moue malicieuse :
— Ca doit être pour cela que tu me l’enlèves tout le temps. C’est un monomaniaque ton Larry, les paroles là, c’est bien early in the morning ?
— Harry. Euh oui c’est ça. C’est un concept le peignoir, le réveil tu vois.
Caroline les yeux levés au ciel dit :
— Oublie le peignoir, je le connais d’où Harry ? Ce prénom me fait toujours penser au Démon de Selby.
— Belle référence. Tu connais le film Macadam Cowboy? Everybody’s talking at me, I don’t hear a word they’re saying, only the echoes of my mind…
Caroline dit, se redressant subitement :
— Schlesinger. 1969. Al Pacino. Bon film. D’ailleurs le titre c’est Midnight cowboy en V.O.
— Pacino t’es sûre? Ce n’est pas Dustin Hoffman ?
Caroline reprenant du chocolat dit :
— Ah oui merde Hoffman. Eliminée en première semaine… Je dois être troublée. Le peignoir sûrement. Donc c’est lui qui chante. Bien joué… Tiens, autre film où l’on entend cette chanson ? Tu as 10 secondes.
— Laisse tomber les 10 secondes.

Caroline dit avec ce pétillement dans le regard qui te transperce :
Forrest Gump très cher. Finalement il est sympathique même avec son peignoir. Il est bien ce disque.
— Ce n’est pas un vrai film Forrest Gump non? La première face est top. A mon avis tu connais la première chanson de l’autre face aussi »
Caroline chantonne :
Down, Down… c’est encore une musique de film sur l’autre face ?
— Nan j’crois pas. Tiens écoute.

Harry Nilsson avec Lennon derrière embrassant une fille qui ne semble pas être Yoko. 1974 probablement, durant leur lost week-end qui dura un an.

Caroline revient de la cuisine avec un verre de perrier dans lequel elle immerge une rondelle de citron à l’aide de son index :
I can’t live without you… c’est un message perso? Ca me dit vaguement quelque chose. La chanson qu’on connaît mais que l’on n’a pas.
— Si, la preuve. C’est un méga tube. Des générations de braillards chevelus tous sexes confondus l’ont repris depuis plus de trente ans. En fait je ne l’aime pas trop. Je crois que je n’aime pas les tubes, enfin certains. Pour le reste je me demande…

Caroline se lève et pointe un doigt accusateur sur ta poitrine :
— Tu te demandes ? Je n’aime pas l’indécision. T’es snob en fait. On devrait aller au ciné.
— En fait ses seuls tubes ont été écrits par d’autres. Tu n’as pas fini ton perrier.
Caroline dit avec son plus beau sourire :
— Ton disque n’est pas fini non plus. Ca sent le loser ton type. De toute manière pour poser en peignoir sur la pochette ça ne pouvait être que ça.
— Bon sang fais moi penser à jeter mon peignoir. Non ce n’est pas un loser, enfin un peu mais avec classe. Ceux qui ont écrit la chanson un peu plus.
Caroline dit en attrapant la rondelle de citron dans son verre :
— Arrête ce côté énigmatique et raconte l’histoire tu en meurs d’envie.
— C’est une chanson de Badfinger. Un groupe anglais de seconde zone qui avait été signé par les Beatles sur leur label Apple.
Caroline dit en suçant son doigt :
— On n’en sort pas des Beatles.
— Non. Jamais avec Nilsson. C’était le copain de beuverie de Lennon aussi. Les Badfinger n’ont pas eu de succès avec la chanson. Ils se sont fait arnaquer par leur manager après l’histoire avec les Beatles. Pete Ham, celui qui a écrit la chanson avec Tom Evans, s’est pendu dans sa cave en 1975. Tom Evans a vu son copain pendu, il n’ a jamais pu s’en remettre. il s’est pendu aussi en 1983.
Caroline dit en posant son verre :
— Ah c’est charmant ton histoire.
— Tu vois à côté, Nilsson ce n’est pas un loser. malgré le peignoir. Et puis avec une voix pareille.
Caroline dit en s’étirant sur le canapé :
— Allez viens on va brûler ton peignoir.

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Catégorie : 7 Tease, Music of my mind, Samedis Musicaux

One Response to “ 864 Caroline dit (Harry Nilsson) ”

  1. and on 4 août 2012 at 20 h 47 min

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