109 Soul man 110 Sound man

27 octobre 2006 Par KMS
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109 Soul man : Isaac Hayes : Theme from Shaft (Album : Shaft 1971)

110 Sound man : Stevie Wonder : Superstition (Album : Talking book 1972)

Pour accompagner le dîner hier soir, je mets un peu par hasard ce disque d’Isaac Hayes avec cette chanson tellement évidente qu’on finit par l’oublier mais avec le plus fabuleux riff de guitare wha-wha de toute l’histoire (je souligne)(volontairement). Sans parler des arrangements de cordes et de cuivres. 4′37 de plaisir, de chaleur pour oublier les brumes matinales.
Je crois que c’est pour cela que ce matin j’ai repensé à Superstition. Ma première rencontre avec le SON. En majuscule. Ca remonte à loin encore. 1975. 14 ans. Je commençais à découvrir la musique que j’écoutais sur l’électrophone familial. Un de ces électrophones dont le haut-parleur faisait couvercle et permettait de fermer et transporter l’appareil. Je n’arrive plus à me souvenir de la marque mais il doit encore être quelque part chez ma mère. Forcément on était loin de la hi-fi. Et puis je ne sais plus quand exactement, peut être durant les vacances de paques, j’étais allé au salon de la musique qui se tenait alors dans l’ancienne gare de la Bastille, à l’endroit même où se trouve l’opéra Bastille maintenant. Sur un stand, il y avait toute une installation avec un énorme Revox à bandes, un gros ampli et des enceintes très hautes, des colonnes. Juste quand j’arrivais sur le stand le type à mis le Revox en route, le son était fort, et la batterie d’introduction (jouée par Stevie Wonder himself) de Superstition a explosé. Dès que le clavinet a débuté son incroyable riff syncopé, c’était comme si des extra-terrestres venaient de débarquer sur terre. Comme si les portes d’un monde nouveau s’ouvraient là, devant moi. Je n’avais jamais entendu la musique de cette manière, avec une telle présence, une telle intensité. Une baffe énorme. Et les cuivres qui sonnaient comme les trompettes de l’enfer. J’étais tétanisé. Je n’ai jamais pu oublier cet instant. Comme pour beaucoup de choses, la première fois est souvent marquante. A chaque fois que je pose le disque sur la platine, comme tout à l’heure, j’espère retrouver un peu de la magie de cette découverte du SON. Mais peut être qu’après toutes ces années, le souvenir est certainement plus beau que la réalité de l’époque…

Catégorie : Vieilleries

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