855 Comme ça (Richard Hawley)

14 mai 2012 Par KMS
Imprimer cette note Imprimer cette note

Richard Hawley : She Brings the Sunlight (Standing At The Sky’s Edge, 2012)

Adobe Flash Player

Je ne sais pas trop pourquoi, j’ai voulu relire, à la suite, ces deux romans marquants d’une époque, American Psycho de Bret Easton Ellis et Trente Ans et des Poussières de Jay McInerney, juste pour voir, si après ces années, le souvenir de la supériorité du second sur le premier était justifié, vingt ans plus tard ou presque. Sans appel. McInerney a toujours été meilleur que B.E.E. au niveau de l’écriture pure. Il a également plutôt bien vieilli. American Psycho a jauni au soleil comme une carte postale accrochée sur un mur. D’ailleurs les pages du livres ont pris un peu de cette teinte.

Les journaux papiers, électroniques et télévisuels bruissent à nouveau depuis quelques jours d’histoires de scandales boursiers. Comme quoi, on en est toujours au même point.

« L’été était tombé sur la ville comme une bande de jeunes déboulant soudain au coin de la rue : lourd de menaces, roulant des mécaniques, plein d’odeurs et d’excitation, chargé d’électricité négative. Tout et n’importe quoi était possible. Il y avait des mirages, des rumeurs naissaient de la vibration de l’asphalte surchauffé, des envies plus fortes de rigolades et d’assassinats.
La plupart des citadins songeaient à la fuite, mais un certain plaisir caustique s’offrait dans les rues en fusion. L’air visqueux devenait supraconducteur des courants sexuels entre un million de piétons en nage, et les regards sans équivoque qu’échangeaient les amateurs alanguis duraient, comme les jours, plus longtemps qu’aux autres saisons. Dans cette atmosphère de peste, l’épais remugle d’une lubricité en rupture de ban flottait pourtant dans l’air ; à la nuit, les couples mariés et ceux qui auraient aussi bien pu l’être demeuraient allongés sur leurs draps trempés comme en équilibre précaire, de crainte, s’ils se penchaient, de choir hors de leur amour. »

Jay McInerney Trente Ans et des Poussières

Richard Hawley ce matin, laissé en sommeil depuis Late Night Final (il y a dix ans?), des guitares lysergiques, comme s’il avait retrouvé de vieux buvards d’acide au fond de son étui à guitare. Surprenant.
Le genre de guitares, de son, qui donnent envie de rouler sous le soleil. Ailleurs. De laisser derrière soi trop de choses encombrantes, lourdes à porter. Le genre de guitares qui donnent envie de revoir Vanishing Point, ou More. D’en rêver presque, à un hippie revival malgré le ridicule de l’idée. Ce qui, pour cette seule raison, finira bien par arriver un jour. Un jour ou deux.

Vanishing Point

Tags : , ,

Catégorie : Music of my mind

One Response to “ 855 Comme ça (Richard Hawley) ”

  1. gilda on 21 mai 2012 at 12 h 55 min

     » [...] malgré le ridicule de l’idée. Ce qui, pour cette seule raison, finira bien par arriver un jour.  » bien vu et pour tant de choses.

    Merci pour la (re?)découverte musicale et l’envie de lire Jay McInerney.