4 Trois mots

9 janvier 2006 Par KMS
Imprimer cette note Imprimer cette note

Trois mots 4 : Tindersticks : Raindrops (Album Black-Session : Live à la Laiterie, Clermont Ferrand, 23/10/2003)

Il faut juste trois mots pour enterrer de vagues espérances. Pas beaucoup plus. Il y a des moments il faut lâcher prise, laisser glisser, s’avouer vaincu. Refuser l’acharnement sentimental. Euthanasier les espoirs avant qu’ils ne se transforment en douleur. Suffit.
Je sais c’est de ma faute, tu me l’as dit. Même si je n’ai pas bien compris pourquoi. Mais comment vivre avec ça ensuite. Ca. Le reste. Tout. Je me sens mort mais je ne le suis pas. Non. Ou alors la douleur ne s’efface pas avec la mort. Alors les fausses espérances pour masquer la douleur, pour tenter d’oublier, ce voile d’illusion pour masquer le gouffre insondable de la vérité, à la moindre déchirure autant s’en débarrasser. Ce n’est juste que le limon fertile des tourments à venir. Lâcher prise. Je balaye vainement les trottoirs de mon existence. Qu’ai-je fait pourtant. A part aimer. Trop peut être. Je ne sais même plus écrire. J’ai balancé tous mes rêves à la poubelle, froissés, déchirés, vaincus. Tu ne sais plus te faire aimer. Je pensais ça hier. Et pourtant on ne se fait pas aimer. On l’est ou on ne l’est pas. Parfois c’est comme si j’avais honte de ces échecs, comme s’ils étaient tatoués sur ma peau, comme une marque infâme indélébile.
Il faut juste trois mots pour enterrer de vagues espérances. Pas beaucoup plus. Tu as l’art de te construire des mirages friables qui s’écroulent au moindre souffle, comme si tu espérais celui-ci. Trois mots. Un souffle.

« A kiss, and a spasm of farewell, a moment’s orgasm of rupture,
Then along the damp road alone, till the next turning.
And there, a new partner, a new parting, a new unfusing into twain
A new gasp of further isolation,
A new intoxication of loneliness, among decaying, frost-cold leaves. »

D.H. Lawrence : Medlars and Sorb-Apples

Catégorie : Vieilleries

Comments are closed.