11 Chien noir

22 janvier 2006 Par KMS
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Chien noir 11 : Dashiell Hedayat : Long song for Zelda (Album : Obsolete 1971)

« Je suis à la fenêtre, toi tu es dans la baignoire ». Un dimanche dans l’indolence. Les images d’hier, tournant encore. Les images de ces corps de femmes, suspendus parfois, ces sexes ouverts, offerts, ces villes aux rues désertes, ces fleurs turgescentes, accrochées aux murs blancs du Barbican Centre. Londres. Le parfum d’une autre ville. Une fuite toujours. Comme s’il suffisait de bouger assez vite pour prendre de l’avance sur ces fantômes qui me poursuivent. Je regarde par la fenêtre et il ne s’y passe rien. Finalement ce n’est peut être qu’un miroir. S’inventer un autre monde parfois pour ne plus se satisfaire de celui-ci. J’ai des souvenirs de baignoire oui, un dimanche. « Tout est si vague, le fil des pensées s’est perdu, je ne sais même plus si je pense ». Je pensais, j’irai au Japon un jour, un jour ou deux, peut être. Pour m’y perdre un peu plus.
Je crois que j’aime le train aussi. Pour ces paysages qui défilent, pour cette distance, et les épiphénomènes des vies qui s’y côtoient un instant, en surface. Ou bien est-ce seulement pour tenter d’oublier d’autres trains trop présents. Je regarde par la fenêtre et je compte les marches ratées. J’ai repensé à ces petits bonhommes de papier qui gisaient par terre par centaines, j’ai repensé à celui que tu avais sauvé. J’ai laissé retomber le voile du rideau sur la vitre froide des souvenirs encore trop acérés et puis je me suis fais un thé, dans l’indolence d’un dimanche après-midi d’hiver.
« Tes pieds dépassent, je peux les voir, dans la glace de l’armoire ».

Nobuyoshi Araki 1993 (Cliquez sur la photo, pour voir…)

Catégorie : Vieilleries

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