853 Entre deux (Jordi Savall & Wieland Kuijken)

29 avril 2012 Par KMS
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Sainte-Colombe : Jordi Savall & Wieland Kuijken : Le rapporté (extraits) : Le rapporté; La belle (Concert à 2 violes esgales, 1976)

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J’avais écrit, dans la rage des informations, une
diatribe virulente
contre le racolage obscène de Sarko vers les électeurs de ce front qu’on dit national et qui va bientôt changer de nom comme si cela allait changer
quelque chose
à leurs idées nauséabondes. Avec cette crainte persistante de voir
l’Europe
petit à petit, un peu partout, glisser vers ces droites extrêmes. Les libertés se désagréger lentement sous l’opportunisme électoral d’hommes et de femmes politiques sans valeur autre que leur pouvoir personnel.
Cette impression de se retrouver exactement au même point qu’il y a dix ans après le premier tour, avec quelques crans supplémentaires franchis dans
l’abjection
par l’actuel président dans sa chasse aux voix d’extrême droite. Une diatribe contre
ses mensonges
perpétuels et puis à quoi bon déverser
sa bile.

Marin Marais rocks (Jimmy Page lui a piqué le truc de l'archet)

Jeudi soir, télé éteinte plutôt que d’écouter les deux
candidats
de toute manière le choix est fait depuis longtemps, le même que cette fille. Qu’on en finisse.
Mis du jazz à la place, petite formation, trio, piano, batterie
contrebasse
pour l’entendre justement tonner dans les enceintes. Ce grondement
organique
des cordes tendues sur cette énorme caisse de bois.
Il y a un vinyle de Pat Metheny, 80/81, où à la fin de la première
face
il y a ce morceau de Charlie Haden où sa contrebasse est en avant, l’impression qu’il est dans la pièce presque, je pourrais l’écouter en
boucle,
(oui à partir de tu vois), comme ça juste pour le son de l’instrument.
Mis ensuite une musique comme de l’eau claire pour tenter de chasser toute cette
colère
bien vaine finalement.
Jordi Savall et Wieland Kuijken dans cette église romane de la région Parisienne où ils ont, d’ailleurs, fini par ne
jamais
arriver après l’embardée sur une plaque de verglas de la 2cv du directeur artistique qui les emmenait avec leurs précieux instruments à
Saint Lambert des Bois
pour enregistrer ces pièces de Sainte-Colombe pour deux violes esgales.
Des basses de viole à sept cordes datant de
400 ans.
C’est Sainte-Colombe paraît-il qui a ajouté cette
septième corde
à la basse de viole. Dans le silence essentiel de la pierre austère, froid et nu, les deux instruments qui se
répondent
et ce grain charnel de l’archet frottant les
cordes
comme la chair. Sentir la réverbération naturelle du lieu dans l’ampleur des notes. Pour oublier le reste, cette pluie incessante, les torrents de haine déversés et le peu de foi en
l’avenir
qu’il peut rester.

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Catégorie : 7 Tease, Ecoute s'il pleut

7 Responses to “ 853 Entre deux (Jordi Savall & Wieland Kuijken) ”

  1. Xavier Cazin on 30 avril 2012 at 9 h 37 min

    D’accord pour le timbre de la viole, mais existera-t-il un jour des interprétations moins ampoulées, histoire qu’on vérifie si l’imperfection « baroque » n’avait pas effectivement quelque chose de rock.

    • KMS on 30 avril 2012 at 13 h 24 min

      Ce n’est pas une interprétation que je qualifierais d’ampoulée personnellement mais je ne suis pas un spécialiste…

      • Xavier Cazin on 30 avril 2012 at 14 h 12 min

        Ce qui me gêne justement, c’est qu’on ne peut pas exercer d’avis critique sur cette musique, puisqu’on n’entend jamais d’interprétation un peu plus rentre-dedans. Sans être spécialiste non plus, j’ai le sentiment qu’à l’époque de Sainte-Colombe, la vie était un peu plus dense que ça ;-)

  2. PdB on 1 mai 2012 at 9 h 30 min

    je ne sais plus bien, mais je m’en fiche un peu, c’était il y a des années où ma fille (la deuxième) allait prendre ses cours avec une prof d’un mètre soixante revêche cheveux courts et noirs, puis un jour on est allés au fond du bas montreuil je ne sais plus, une maison de trois étages raides et qui sentait le bois, on y travaillait, on allait acheter le clavecin qui est dans sa chambre mais qu’elle ne joue plus (elle préfère le piano et les fleurs maintenant, des années sont passées) il y avait cette odeur ici quand elle le jouait pourtant, ce truc léger qu’on entend là, quelque chose qui se passe mais qu’on ne peut pas mettre en mot, tant mieux probablement (j’en ai marre de dire probablement, je vais probablement arrêter), j’ai regardé l’instrument qu’elle avait choisi rouge, le type est venu l’installer il avait les cheveux longs et roux, une barbe, comme il tremblait, je me suis dit qu’il buvait (mais c’était moi qui buvait alors) (mais lui aussi) je me suis dit qu’il faudrait ne pas conduire en ayant bu, je me souviens de ses petits instruments, quand il me montrait les mécanismes à base de crin de je ne sais quel animal, de je ne sais plus quel bois, j’ai oublié je le regrette, l’instrument est là mais elle ne le joue plus, elle a appris Lullaby in birdland il y a peu, elle porte des shorts sur des collants de couleur, fume comme un sapeur et boit des bières ou pire, on a l’impression de voir un camionneur dans ces cas-là mais non, c’est juste une gonzesse qui oublie ses bijoux sur le lit,, qui sème son bordel dans sa chambre qu’elle ne range qu’une fois par semestre, qui se fait des hénnés avec sa copine, qui rit quand elle parle de poutou et qui « encule sarkozy » (sic), sa soeur a rencontré un type charmant qui joue de la guitare comme un malade, ils veulent chanter dans le métro (je ne peux pas dire que je les encourage), je leur file juste de temps à autre un billet bleu (je préférerai orange ou vert même jaune ou mauve, mais j’ai pas les moyens) mais qu’est-ce que je fais de tout ce baroque, moi ?

    • KMS on 5 mai 2012 at 13 h 49 min

      C’est dingue d’avoir un clavecin chez soi non? C’est assez spécialisé comme instrument. Ça grandit les enfants hein, c’est dingue, ça fait peur un peu aussi.

  3. messiaenique on 2 mai 2012 at 12 h 46 min

    Si vous voulez ressentir un léger frisson « rock » en écoutant de la musique « classique », je vous conseille d’écouter « Colasione » de Kapsberger, interprétée par Rolf Lislevand.
    http://www.youtube.com/watch?v=-GaWz9sm5HA
    Une interprétation assez osée comparé à Paul O’Dette.
    J’en ferai d’ailleurs un article sur mon blog dans le mois.
    Cordialement :)

    • KMS on 5 mai 2012 at 13 h 51 min

      Je ne connaissais pas. C’est bien. Merci.