14 Vertigo

27 janvier 2006 Par KMS
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Vertigo 14 : Deerhoof : Wrong time capsule (Album : The runners four 2005)

Il fait froid, très froid, il y a du vent, un ciel de promesses neigeuses. C’est mon hiver tu sais et il est triste. J’ai encore voulu t’écrire aujourd’hui, ça me tiraille à l’intérieur alors je le fais ici. Je voudrais savoir ce que tu penses. Je voudrais savoir si parfois le soir tu pleures. Et le dimanche après-midi, ou sur cette route lorsque le soleil se couche sur le lac. Mais on ne pleure jamais que sur soi je le sais bien. Il ne faut pas que tu pleures, parce que tu vois les larmes elles sont pour moi.
La vie est étrange depuis quelques temps tu sais, ce matin dans le ciel, le soleil ressemblait à une grosse orange sur un tapis de coton. Je la voyais dans mon rétroviseur.

J’ai perdu mes émotions je crois, elles ont été chassées par le vent. Ou bien pire. Je me disais ça hier soir en rentrant après ce bar enfumé et sympathique et les rires qui résonnaient dans le brouhaha.
J’ai des vertiges. Sur la moquette bleue du couloir, tout à l’heure, la tête me tournait j’avais l’impression de marcher sur un nuage ça m’a donné le sourire. J’ai des vertiges, je ne sais pas ce que c’est mais au moins le corps parle un peu ou bien est-ce simplement l’esprit qui se désagrège peut être qu’un jour je flotterai entre les murs. Je l’ai croisée sur la moquette bleue, et il y avait son sourire pour moi, un instant j’ai cru que j’allais rester figé là, dans l’air des vertiges de son sourire et je repensais à ce que tu avais dit, juste du désir, c’est déjà ça, c’est déjà ça tu sais…
Je suis retourné dans le couloir plus tard, je voulais retrouver mes vertiges et son sourire, parce que tout à l’heure c’était étrange, sur la moquette bleue du couloir, on aurait dit qu’il pleuvait des anges.
Je ne sais plus quoi faire de mes mains, elles ne parlent même plus tu vois, tout ces mots c’est inutile et n’a aucun sens mais j’ai de plus en plus peur du vide. Alors j’épluche encore des mandarines. L’écorce laisse un léger voile orange sur l’ongle et la pulpe de mon pouce ou de mon index lorsque je l’enlève. Tout ça n’a pas de sens tu t’en rends bien compte, d’ailleurs le reste non plus n’a pas de sens. Peut être que je deviens fou, mais je ne voudrais pas que tu pleures…


Mark Rothko : Untitled 1968
(il faut cliquer sur l’image…)

Catégorie : Vieilleries

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