8 Screaming cold

16 janvier 2006 Par KMS
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Screaming cold 8 : Modest Mouse : The cold part (Album : The moon and antartica 2000)

Le lundi matin il fait toujours froid dans le bureau. Le chauffage ne fonctionne pas le week-end. De toute manière aujourd’hui il fera froid, quelque soit la température. Il y a des jours comme ça, un jour rempli de vide. A l’intérieur, profond. J’étais insignifiant dans tes yeux ce matin. Ou plutôt j’étais juste moi sûrement. Je voulais te demander si… et puis tu n’étais déjà plus là, j’ai ravalé ma question.
Il fait froid parce que le week-end le chauffage ne fonctionne pas, c’est une question d’économies et tout à l’heure, je pensais à ces journées d’avril ou de mai, lorsque le soleil amène les premières chaleur, ces jours où l’on reprend espoir, où quelque chose dans le ventre vient réveiller des énergies endormies.

Antony Gormley : LAND, SEA AND AIR II 1982 (Lead/fibreglass)

Ces journées d’avril ou de mai où l’on trouve toutes les filles jolies et… je me disais, tu rêves à des jours différents tu sais pourtant qu’ils seront tristes comme les autres finalement, derrière le sourire de façade, tu sais que les larmes continueront de couler à l’intérieur.
Il fait froid au bureau, je ne suis rien, je ne devrais pas l’oublier. Les traits tirés dans la glace ce matin, je pouvais presque me voir au travers. Je vais tenir combien de temps comme ça, à me vider de l’intérieur, les réserves ne sont pas inépuisables, non, alors combien de temps, combien. J’ai mis Yo la Tengo pour aller avec le froid même si cette phrase ne veut rien dire et je suce un mentos au cassis. Mais qu’est qui veut encore dire quelque chose dans ma vie? Un de ces matins où en passant le pont on se dit qu’on ferait mieux de braquer un grand coup le volant à droite, grimper sur le trottoir, briser la rambarde et plonger dans les eaux froides de la marne. J’ai envie du sud ou bien est-ce juste parce que des souvenirs remontent à la surface. J’ai envie de voir Anvers, j’ai envie de voir Lisbonne. J’ai envie de lèvres douces. J’ai envie d’un peu de tendresse, d’un peu d’amour, d’un peu de sexe, j’ai envie d’ailleurs, j’ai envie que ça s’arrête, j’ai envie que ça continue, j’ai envie de crier, j’ai envie de chaleur, j’ai envie de partage, j’ai envie de peau douce, j’ai envie qu’on me parle, j’ai… je ne sais plus ce que je raconte.
Il fait froid, le chauffage n’y peut rien. « J’ai le sentiment… si je passe à coté de toi, je passe à coté de tout pour très longtemps ». Je suis passé à coté. Le reste suit. Je suis un promeneur insignifiant. Tu as vu comme le temps file. Il ne se passe plus rien dans ma vie. Rien d’essentiel. Le reste n’est que vaines agitations. Je n’ai rien à dire. Tu n’oses plus venir me lire. A quoi bon écrire.

Catégorie : Vieilleries

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