13 Love minus zero

24 janvier 2006 Par KMS
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Love minus zero 13 : Stereolab : Cybele’s reverie (Album : Oscillons from the anti-sun 2005)

-2°, Stereolab dans la voiture. Matières sensuelles et sans suites. Tu parles d’ange mais tu m’as déjà arraché les ailes comme un enfant arrache celle d’un insecte sans penser à mal, il n’y a plus rien, pas la peine de tirer à nouveau. Dans le rêve, je tendais la main à cette jolie fille brune, je l’avançais vers elle, espérant qu’elle la prenne, pour sentir ses doigts mêlés aux miens. Elle me regardait, faisait non de la tête en souriant un peu tristement. Je pensais aux ciels du sud en hiver. J’ai repris Cioran. Il le faut parfois. Que faire quand on a tout fait, tout lu, tout bu, tout mangé. Assis sur la table, je la regardais sortir de la salle où les autres personnes continuaient à s’agiter. Je regardais cette fille qu’elle m’avait désignée, mais ma main n’était pas pour elle, juste pour toi. Le gourou des dépressifs est mort de vieillesse à plus de 80 ans, le désespoir conserve. Elle bougeait au rythme de la musique, ses cheveux tournoyant autour de son visage. « Ce n’est pas la peine de se tuer puisque l’on se tue toujours trop tard ». J’aime leurs albums aux noms souvent improbables, j’aime leur musique dans la voiture sous le soleil et je regardais vers la porte par laquelle elle était sortie. Dehors le village était désert. Juste ta main dans la mienne tu vois, je ne voulais rien d’autre. Quand on a crié sur tous les toits, pleuré et ris dans les villes et en campagne. Les collines toujours vertes, se détachant sur le bleu profond du ciel. Quelque chose d’irréel un peu ou bien est-ce juste les souvenirs qui le sont, comme les vieux murs cet automne avec cette lumière magnifique.
                   Marlene Dumas : The Passion (Cliquez)

Quand je revenais il n’y avait plus personne, juste l’écho d’une musique répétitive, de la poussière de sons. J’ai regardé ma main. J’ai rêvé de ton visage collé contre le mien mais je n’ai plus d’ailes pour voler. Ce n’était peut être que l’annonce de mon crépuscule ce ciel coloré et ces pierres vieillies. Assis de nouveau sur la table je rêvais dans mon rêve, a dream within a dream, elle est entrée, a dit elle ne viendra plus, mais je sentais dans le rêve, l’illusion de la chaleur de ton visage contre le mien. Tu m’as laissé là. -2°, peut être -3°. Je pensais aux routes dans les collines pour effacer l’ange, j’ai tendu la main vers la bouche du chauffage et le silence, me pénètrera…

Catégorie : Vieilleries

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