33 Train in vain

4 mars 2006 Par KMS
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Train in vain 33 : Death cab for cutie : What Sarah said (Album : Plans 2005)

Je t’ai imaginée dans ton train ce matin. Le regard un peu flou se perdant au travers de la vitre, dans le ciel gris et les champs monotones. Avec ces bribes de pensées comme des flammes timides et chancelantes dans le vent. Des mots, des détails de rien, d’autres choses indicibles semblent flotter de manière un peu irréelle, comme ça, dans la fraîche mémoire d’hier soir et j’avais l’impression que le monde, les gens autour avaient disparu. Et puis des oiseaux au loin se sont envolés subitement et ont tournoyé dans les airs, tu les as remarqué, tu as trouvé ça beau leur masse noire s’envolant silencieusement et c’est la seule chose qui semblait vivante dans ce paysage. Je me suis demandé ce que tu pensais à cet instant précis. Il y a parfois dans le vol des oiseaux une mélancolie infinie. Pendant un instant, j’ai espéré que tu aies raté ce train. C’était une pensée idiote et je me demande si tu vas sourire en lisant ça. Les oiseaux se sont envolés tu ne les vois plus, il t’emmène trop vite ce train. Je t’ai vu fermer les yeux et tu t’es peut être endormie sur ces pensées, ou plus probablement sur d’autres. On voit parfois tant de jolies choses les yeux fermés. Je me demande de quoi sont fait tes rêves.

Je suis allé marcher au hasard dans les rues de Paris mais le hasard n’existe pas tu sais. J’ai fini par m’asseoir sur un banc dans un grand jardin. Isolé du monde par la musique, je voyais ces personnes, ces pigeons bougeant dans tous les sens comme s’ils savaient tous où ils allaient et même les enfants couraient dans des directions précises. J’avais trop de choses dans la tête pour savoir où aller, quel chemin prendre, et je me disais il y a dans ces notes de musique la nostalgie de souvenirs que je n’ai pas encore vécus. J’ai voulu écrire, mais comme d’habitude, j’avais oublié mon carnet. Alors j’ai tracé des lignes invisibles dans mon esprit, aligné des mots tirés de la masse cotonneuse des nuages et j’y ai placé des petites étincelles comme celles qui brillaient sur fond bleu hier. J’ai fermé les yeux, mais le pincement du froid m’a tiré de ma rêverie. Alors j’ai secoué toutes les particules de rêve recouvrant mes paupières et je me suis remis à marcher…

Catégorie : Vieilleries

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