844 Never Ending Juke-box #23 (Swell)

7 mars 2012 Par KMS
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Swell : What I Always Wanted (Too many days without thinking, 1997)

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Encore des disques avec lesquels j’ai fait des kilomètres, je peux encore voir le paysage défiler derrière la fenêtre. Encore une époque dont on n’a pas assez profité, on oublie trop souvent que les lendemains sont toujours différents, on oublie tout le temps que rien n’est figé. Ou on ne veut pas y penser.

Ça date d’une époque où j’allais encore emprunter des disques par paquets à la médiathèque. On n’imaginait absolument pas que quelques années plus tard on aurait tout ça à disposition à la maison, sans même avoir à se déplacer. J’ai dû rendre ma carte en 2003.

Dans les courbes certaines inflexions de la voix ou de la guitare semblaient accompagner le mouvement, dans un glissement pas toujours maîtrisé, une chute moelleuse qu’on avait toujours su amortir de manière instinctive. Odeurs d’herbes séchées, de pollens soulevés par le vent, une odeur d’ailleurs vers laquelle on se ruait sans bien mesurer la portée des actes.

La pochette de For all the beautiful people se remarquait toujours dans le bac des CD’s avec son format inhabituel, dépassant d’une tête tous ses congénères. C’était peut être bien par instant, le cas aussi de la musique. Swell, comme le meilleur du groupe du monde d’un instant, un peu ignoré ou presque, partagé comme un secret d’initiés.

On semblait tout voir, tout absorber du regard alors qu’on avait les yeux fermés, bien clos, de peur de l’avenir sûrement, sans savoir que c’était ça. Une manière absurde de chasser la lucidité qui reviendrait bien vite rappeler à l’ordre les contrevenants. La route serpentait aux pieds des montagnes, ou sur des pentes douces, enchaînant les lacets. Dans le rétroviseur, on n’apercevait rarement plus de deux virages. Il y a le souvenir d’une chanson de Pearl Jam à la même époque, oubliée depuis longtemps, une histoire de fille et de rétroviseur.

La musique de Swell avait la douceur de la lumière rasante des fins de soirée à la montagne, révélant un peu plus le relief, dessinant les contours avec précision. Ce n’était que 41, on en était encore bien loin. Les soirées traînaient à n’en plus finir. Un peu comme dans le sud de Nino Ferrer où la vie dure longtemps. Ça ressemblait au titre de l’album suivant de Swell, arrivé trop tardivement, comme si de rien n’était, alors que tous ces instants étaient déjà rongé par la rouille, celle qui ne dort jamais comme dit Neil Young. Too many days without thinking. On ne pouvait plus se le permettre.

En 2004, ou bien était-ce 2003, au Café de la Danse, David Freel a eu un trou de mémoire terrible entre deux chansons. Un vide total. L’impossibilité de se souvenir de la chanson, des accords, des paroles. Il a dû s’y reprendre à plusieurs fois, pendant que les autres lui soufflaient les accords. Il paraissait totalement désemparé. Ça m’avait touché. Je n’aurais pas envie non plus, d’oublier les chansons de Swell.

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Catégorie : 'til 1999, Never Ending Juke-Box

8 Responses to “ 844 Never Ending Juke-box #23 (Swell) ”

  1. Mathieu on 7 mars 2012 at 20 h 59 min

    Ah oui Swell, il est bien ce disque, For All beautiful People aussi.
    Sur Too Many Days Without thinking, j’adore Make Mine You !
    Et puis tiens, je vais réécouter tout ça , puis le Lost Album aussi !

    • KMS on 8 mars 2012 at 9 h 23 min

      L’album solo de David Freel est très très bien aussi.

  2. drgbs on 8 mars 2012 at 10 h 20 min

    bel album, belle pochette, le suivant dont parle Matthieu ne m’a jamais touché comme celui ci, les mystères de la musique (j’ai encore ma carte de la média)

    • KMS on 8 mars 2012 at 20 h 18 min

      Pourtant il est complètement dans la lignée de Too many days…

  3. le métier de vivre on 8 mars 2012 at 11 h 46 min

    J’aimais beaucoup cette seconde partie des années 90, solitaire, mais bien moins qu’aujourd’hui finalement.
    Voilà encore encore un groupe que je n’ai malheureusement pas pu voir sur scène.

    • KMS on 8 mars 2012 at 20 h 16 min

      Je n’ai jamais trouvé que c’était un grand groupe de scène. Leurs chansons sont plus à l’aise dans le studio je trouve. Il aurait peut être fallu les voir à leurs débuts mais je n’ai pas eu ce plaisir.

  4. Dr GlamoorKosmik on 11 mars 2012 at 20 h 51 min

    At long last…..!

  5. Dr GlamoorKosmik on 11 mars 2012 at 20 h 52 min

    everyday sunshine……!