26 Faire l’amour

19 février 2006 Par KMS
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Faire l’amour 26 : Cat Power : Maybe not (Album : You are free 2003)

There’s a dream that I see, I pray it can be. C’est peut d’être d’en avoir parlé vendredi soir. C’est peut être d’en avoir parlé également hier soir en sortant de ce bar. Je me suis assis devant le piano ce matin, devant ce piano que je n’arrive pas à apprivoiser. J’ai plaqué les accords simple et répétitifs de cette chanson qui m’est retombée dessus hier soir en rentrant sur le boulevard encombré. J’ai plaqué maladroitement les accords et ma voix timide a commencé à chanter ces mots et cette mélodie fragile. Et puis il s’est mis à pleuvoir à l’intérieur. You’re just a man. Comme si le plafond venait de s’envoler je sentais les gouttes de pluie sur mes joues.
C’est là que j’ai repensé à ce rêve, à ce vieux rêve. Il faut parfois que les souvenirs se réveillent pour avoir encore l’impression d’exister. Un rêve tellement intense que l’âme et la chair en gardent le souvenir même après plusieurs années, comme tatoué à l’intérieur. Je ne t’avais jamais vue alors, il m’a fallu attendre quelques années pour cela et te le raconter, mais je savais que c’était toi. J’avais fait ce rêve un samedi après-midi où je m’étais endormi sur le canapé…

Nous étions dans un appartement, au premier ou au deuxième étage. Une maison ancienne. Nous étions dans la chambre. Une porte en bois, bleu ciel très clair, donnait sur la pièce à coté, un petit salon où j’avais laissé mon sac de voyage. La pièce était dans la pénombre, il faisait chaud. La lumière filtrait au travers des volets, comme dans ces maisons du sud où l’on ferme les volets l’après-midi pour se prémunir de la chaleur trop envahissante. Il y avait un grand lit. Un vieux lit. Les meubles étaient anciens également. Il y avait une grande bassine en fer blanc pleine d’eau sur le plancher près du lit.
Tu me déshabillais lentement et tu enlevais ensuite tes vêtements avec des gestes doux, lents, comme au ralenti. Ton corps était très pale. Dans la bassine en fer blanc il y avait un gros savon blanc, un savon de marseille. On ne parlait pas, ni toi, ni moi. C’est là que tu as commencé à me nettoyer le sexe avec le savon de marseille. C’était d’une douceur extrême. J’étais très excité, j’avais une érection très violente. Et toi, doucement, avec lenteur, tu nettoyais mon sexe. Je regardais tes mains faire, j’entendais l’eau qui clapotait dans la bassine. Tes gestes tenaient plus de la caresse qu’autre chose. Je crois que je me disais que l’on aillait mouiller le lit mais je ne te le disais pas. Je voyais les bulles blanches du savon sur mon sexe, et tes mains qui allaient et venaient. Mon désir n’avait peut être jamais été aussi fort, aussi violent. C’était terriblement excitant et agréable. Tu me rinçais ensuite doucement et je me sentais prêt à exploser à chaque fois que tes mains caressaient mon sexe tendu.
Toujours sans dire un mot tu m’as allongé sur le lit et tu es venue contre moi. Je sentais ton corps chaud et ferme sur lequel je posais mes mains et ta peau était d’une douceur irréelle. Tu t’es redressée et tu m’as guidé en toi. Ton sexe était brûlant et c’était presque trop fort après l’eau fraîche de la bassine. Tu bougeais doucement sur moi. Je voyais juste tes longs cheveux bruns tombant et masquant ton visage. Je voyais les volets derrière toi et les grains de poussière dansant dans la lumière. J’avais l’impression de ne plus exister en dehors de mon sexe sur lequel tu allais et venais et j’entendais ton souffle qui s’accélérait sous ton plaisir.
Et puis brutalement, sans transition, je me retrouvais dans la rue avec toi, et deux femmes âgées qui semblaient être tes tantes, des sortes de mamas italiennes, très prévenantes. Leur présence me gênait. Ou bien était-ce toi qui était gênée, je ne me souviens plus. Juste ce sentiment de gêne qui nous empêchait de parler. Il y avait un ciel d’orage terrible, un ciel noir d’encre, plein de méchanceté. Vous m’accompagniez à un arrêt de car d’où je devais repartir. On marchait dans cette rue et tu restais silencieuse. Je n’arrêtais pas de me demander, comme une obsession, pourquoi nous n’avions pas continué à faire l’amour tout à l’heure, je sentais encore en moi tout ce désir vibrant. Je n’osais t’en parler, je craignais ta réponse. Je crois que c’est à ce moment là que je me suis réveillé. Troublé, excité. Terriblement troublé et excité…

Alors j’ai refermé le piano et je me suis assis sur le canapé dans le silence de la pièce. Sur ce canapé où j’avais rêvé de toi un samedi après-midi…

A Dream that I see, don’t kill it, it’s free
You’re just a man, you get what you can
We all do what we can
So we can do just one more thing
We can all be free
Maybe not in words
Maybe not with a look
But with your mind

Catégorie : Vieilleries

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