841 Never Ending Juke-Box #22 (Keith Jarrett)

15 février 2012 Par KMS
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Keith Jarrett : My Funny Valentine (Still live, 1988)

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Hier ce n’eût été qu’opportunisme, aujourd’hui on n’y pense plus. Ce qui compte ici d’ailleurs, ce n’est pas tant le thème que ce qui le précède.

On est en 1986, c’est la première plage du disque, il n’y a donc pas les cinq secondes de silence qui débutent chaque disque produit par ECM depuis 1990. Elles n’y sont pas ces cinq secondes de silence, pourtant, on le sait, elles sont présentes, avant que Keith Jarrett ne commence à jouer. On l’imagine un instant, immobile, penché sur son clavier, attendant le silence de la salle, cherchant en lui, le souffle, la respiration, plus que les notes. Je les imagine comme ça ses cinq secondes à lui, peut-être même plus, respirant lentement, le temps d’obtenir le silence complet dans la salle et on le sait caractériel sur ce genre de détails qui n’en sont pas. Rien à voir avec les five seconds du MC5. Celles-ci sont toutes en respiration. On les prendra avant d’appuyer sur Play.

Ce qui compte, ce n’est pas le thème, c’est ce qu’il joue là, tout de suite, après les cinq secondes que l’on vient de recréer artificiellement, les deux minutes vingt et quelques secondes avant que Peacock et DeJohnette ne rentrent en action. Non pas que ce qui suivra après ces deux minutes ne soit pas intéressant, loin de là, très loin de là. Mais il y a parfois dans les introductions improvisées de Jarrett, des moments de grâce. Ou de folie (comme dans ce All the things you are (ci-dessous)(merci Dominique Pifarély pour la passe)).

Il est loin de My Funny Valentine et en même temps si proche puisque là, bientôt, ils vont tous les trois partir sur le thème. Mais là il est ailleurs, il flirte par instant avec Debussy. Elles sont trop courtes ces deux minutes, on aurait aimé l’entendre continuer, comme il le fait parfois en solo, dans ses concerts improvisés. Ce qui vient ensuite de toute manière, tient plus de son improvisation que de cette vieille scie de My Funny Valentine dont le thème finalement ne sera qu’effleuré, comme si les trois ne voulaient pas briser la magie de l’introduction.

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(la belle photo de Keith Jarrett provient de Solo Piano Diary)

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Catégorie : Jazz in my pants, Never Ending Juke-Box

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