53 Promenade Lisboète

6 mai 2006 Par KMS
Imprimer cette note Imprimer cette note

53 Promenade Lisboète : Archie Bronson Outfit : Got To Get (Your Eyes) (Album : Der Dang Der Dang 2006)

J’ai vu Lisbonne et ses sept collines. J’ai vu les maisons jaunes, roses, bleues, les façades couvertes d’azulejos. J’ai marché en te tenant la main dans les rues étroites et tortueuses d’Alfama. J’ai grimpé des escaliers abrupts dans des travessas. J’ai vu de vieux Lisboètes assis silencieusement dans des cafés improbables, classés patrimonio municipal. J’ai pris l’eléctrico 28 pour monter au Castelo São Jorge qui domine toute la ville. J’ai marché le soir dans le Bairro Alto en grimpant la pente raide de l’elevadore Gloria qui était fermé. Je suis retrourné le soir dans Alfama pour y dîner en terrasse, près de l’igreja São Miguel où les enfants jouaient encore au football sur le parvis. J’ai vu le linge aux fenêtres et les vieilles femmes en noir. J’ai entendu s’élevant dans la nuit, la voix puissante de la chanteuse de Fado. J’ai vu un chien nonchalant traverser devant l’elevadore da Bica et ces gens assis sur des chaises devant leur porte. J’ai vu les merveilles de la Fundação Calouste Gulbenkian. J’ai mangé de la bacalhau grillée et du lapin frit aux coques. J’ai entendu des notes de guitares s’envoler dans le vent d’une cour du Castelo São Jorge. J’ai vu le Mosteiro dos Jeronimos (fermé)(primer de Maio). J’ai vu la mer de paille et le Tage se jeter dans l’océan. J’ai vu tes yeux bleus comme le ciel, briller comme des étoiles. J’ai goûté des pâtisseries croustillantes dans le Baixa. J’ai glissé sur les petits pavés de grès blanc et noir qui couvrent les trottoirs. Je n’ai pas osé en prendre un. Je me suis assis sur la praça do Principe Real. Je n’ai pas eu le temps de pousser jusqu’à Campo de Ourique pour y croiser un des personnages d’Antonio Lobo Antunes. J’ai revu les rues étroites et colorées, les travessas, les becas, les ruas où le temps semble s’arrêter. J’ai senti l’odeur des sardines que l’on fait griller dans la rue. J’ai senti le soleil me brûler la peau. J’ai aperçu tout ce que je n’ai pas encore vu, et qui fait que je reviendrai à Lisbonne. (et cliquez sur les photos).

     

  

     

Tags :

Catégorie : Vieilleries

2 Responses to “ 53 Promenade Lisboète ”

  1. Benjamin F on 25 mai 2010 at 11 h 57 min

    Cela faisait longtemps que je n’étais pas parti et encore plus longtemps que je n’étais pas parti qu’avec elle. Les choses étaient comme tu le dis avec cette impression étrange que le temps épargne la ville, que ces quatre jours m’éloignèrent plus loin que ce que je ne l’aurai cru. Cet article date d’il y a quatre ans et aussi incroyable que cela puisse paraitre, j’ai croisé la même femme et le même nid d’oiseau que sur ta première photo (c’était dans une rue de l’Alfama ; je ne crois pas me tromper). A noter que j’ai été surtout conquis par la collection Berado du centre culturel de Belem et par le musée Calouste Gulbenkian. J’ai aimé aussi la beauté simple et racé du monastère des Hieronymithes et plus générali fement cette ambiance apaisante quait souvent défaut à nos(ma) vie(s) ici.

    • KMS on 25 mai 2010 at 13 h 52 min

      C’est le sud, le temps dure longtemps comme disait Nino Ferrer :-)
      Plaisanterie mise à part c’est une ville que j’aime beaucoup. La femme avec son oiseau doit être devant sa porte toute l’année, quand elle n’y sera plus c’est qu’elle sera morte…