832 Never Ending Juke-Box #18 (Cat Power)

4 janvier 2012 Par KMS
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Cat Power : Werewolf (You are free 2003)

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Les notes de musique ont flotté du salon où tu regardais ce film d’Almodovar. Déjà, avant, j’y avais entendu le rythme implacable de la batterie de Jacky Liebezeit dans Vitamin C et la voix de Damo Suzuki you’re losing, you’re losing, you’re losing your vitamin C. Là, ce n’était que quelques accords simples, sur une guitare acoustique, grattés comme ça, nonchalamment, et la voix, un peu voilée, un peu touchée, un peu touchante. Depuis combien de temps je n’ai pas écouté cet album ? Trop évidemment (quand ? 2007 ?).

Il fait pourtant toujours ces petits frissons sous l’épiderme. C’était un album simple, la simplicité allait bien à Chan Marshall. Ses deux albums suivants sont là pour l’attester, et l’oubli dans lequel on les a laissé tomber aussi. Mais pas You are free. La voix flottait dans la maison, comme un rideau dans un courant d’air. Il y a sa manière particulière d’articuler les mots, les fin de vers surtout. Un peu de résignation sûrement. Des chansons comme ça, il y en a plein le disque, de Fool à Maybe not, de Babydoll à Names, de celles qui viennent se lover au creux de l’estomac. Maybe not jouée et chantée (mal) encore au piano souvent à la maison, et les accords qui restent en l’air. Cette fin de disque, comme des brins d’herbe séchée retrouvés entre les pages d’un vieux livre.

2003 semble si loin. Est-ce que Chan Marshall refera des chansons comme celles-ci ? Simples et touchantes. Si on ferme les yeux on peut y entendre le soleil de fin de soirées automnales et le vent doux dans les branches des pins. 2003 semble si loin, le monde avance tellement vite que l’on prend un siècle en dix ans. A se demander s’il ne vaut pas mieux s’arrêter et se faire rattraper par le passé plutôt que de courir si vite vers des lendemains hypothétiques, à en perdre le sens du présent.

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Catégorie : Ecoute s'il pleut, Never Ending Juke-Box

3 Responses to “ 832 Never Ending Juke-Box #18 (Cat Power) ”

  1. PdB on 5 janvier 2012 at 11 h 39 min

    hier soir j’ai pris la voiture pour aller la chercher et on elle est arrivée avec l’amie de son fils, on est redescendu de la colline, on a laissé la jeune fille à belleville on est allés vers le faubourg saint antoine, on s’est arrêtés pour regarder les chaussures, tu sais, ce genre de trucs que tu fais parfois sans trop savoir ce que tu fais, il y avait le vent froid qui nous a fait penser à celui qu’on avait senti à la friterie de la Chappelle, on regardé les pompes et les manteaux, on a regardé les voitures, les manteaux, les lumières, elle s’est roulé un clope, en faisant hum hum à ce que je lui disais, je ne sais pas bien de quoi on parlait, on a marché jusque cette rue, puis on est revenu, froid, dense, elle m’a souri parce qu’elle me sourit, elle fumait, j’avais les mains dans mes poches puis j’ai pris la sienne, j’ai les mains chaudes, on a remonté le faubourg en caisse on ne met pas de musique, on parle, on discute le coup, on rit on a été jusqu’en haut, puis à nation, j’ai cherché la maseratti quatro porte que j’aime à voir stationner là mais elle n’y était pas, j’ai poussé jusqu’à avron, puis à la porte, redescendu le boulevard, on parlait de la tunisie peut-être bien, on a changé les éclairages du cours la Reine on y a mis de l’orange et du blanc, deux fois du blanc, on parlait, on roulait, on allait lentement peut-être pas si vite que ça, non plus , il y avait de la chaleur, on a parlé de Bruxelles pour bientôt, on a parlé du fait de ne pas vouloir savoir la part noire ou quelconque qu’on peut avoir en nous, il n’y a rien à savoir ou à vouloir savoir des choses qui sont ternes, mais je disais aussi qu’il y avait la modestie, alors tu vois il y a les soirées automnales comme tu dis, mais il y a celles de l’hiver et je pensais plus en écoutant ta chanson, là, à quelque chose qui serait vers le début du mois de septembre, quelque chose peut-être dans la fin des phrases de la chanteuse, tu dis quoi résignée peut-être en tout cas, ça ne servirait à rien de vouloir s’arrêter et de vouloir contempler le présent, ça ne servirait à rien de ne pas vouloir se souvenir de ce qui se passe, de ce qui s’est passé et même si le temps passe vite, c’est juste que les choses avancent vite et que c’est bon, vraiment bon de les voir se précipiter comme ça, vivantes et vraies, alors la mélancolie du passé, la nostalgie oui, peut-être sans doute, mais ce soir peut-être encore, ou un ciné ou quelque chose un concert, un sourire et aussi, pour bientôt, comme dans la fin du film de Kaurismäki, les fleurs aux arbres, et même s’il y a la guerre, même s’il y a la haine et l’horreur, la musique, quand même. J’aime bien le titre de l’album, tu vois…

    • KMS on 5 janvier 2012 at 21 h 16 min

      Je n’ai pas dit que c’était la nostalgie, je dis tu mets un disque en 2003, tu en écoutes 2 ou 3 autres (ok un peu plus) et hop ça y est tu es en 2012. Il y a trop de choses, trop vite, je voudrais que le monde freine mais c’est mal parti pour.

  2. mamzelleka on 23 janvier 2012 at 22 h 43 min

    Je me rappelle de ce film presque comme si c’était hier, mais c’est cette chanson qui m’a accompagnée bien des jours après l’avoir vu. Merci pour le rappel ;) Le temps file trop vite pour arriver à tout suivre, en effet, mais les blogs sont un peu les boîtes à trésors qui nous permettent de garder ces pépites !