821 S.O.D. #32 (Ten Years After)

19 octobre 2011 Par KMS
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Ten Years After : Working on the road (Cricklewood Green 1970)

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C’est toujours la même histoire on ne sait jamais quel est le déclencheur, l’association d’idées qui en amène là. Mais un matin on se retrouve à écouter Cricklewood Green de Ten Years After sur Spotify.

On peut chercher, il n’y a pas de raison, Ten Years After n’a jamais fait partie des groupes préférés, favoris ou même simplement, possédés et écoutés. En 75 ils trimballaient déjà une étiquette de ringards. Le Recorded live avait été revendu quelques mois après son achat, chose assez rare pour être remarquée, on parle ici de 1976 pas de la semaine dernière.

Quelque part au fond des piles de cd on peut y trouver Cricklewood Green on se demande d’ailleurs bien pourquoi (pourquoi? mais pourquoi?). Une de ces éditions du début du CD et de l’arnaque (le son tellement meilleur, inusable, bla bla bla, ces empaffés des maisons de disque avaient même réussi à en éditer certains pour lesquels ils avaient directement repiqués le son à partir du vinyle, ON ENTENDAIT LE CRAQUEMENT de l’aiguille). Un don ou un moment d’égarement au milieu des années 80. Peu importe. Il a un son ignoble, pas dû l’écouter trois fois.

Il y avait forcément, ce I’m Going Home de Woodstock. Inoubliable, plus par l’instant que par la musique, mais il fut où une époque où I’m Going Home faisait briller quelques étoiles dans les yeux des garçons qui tentaient péniblement d’arracher trois accords à la mauvaise guitare reçue en cadeau pour l’obtention du brevet.

Il y a ce passage dans Le péril jeune de Cédric Klapisch, où un des garçons tire douloureusement quelques notes hasardeuses de sa guitare, impossibles à reconnaître. Il finit par mettre l’électrophone en marche et on entend l’intro de I’m Going Home qu’il essayait vainement de reproduire. Grand moment de solitude.

Alors pourquoi un matin quarante ans au moins après que ce disque soit sorti et dont la seule chanson dont on se souvienne est Love like a man et son riff inoubliable justement? Il y a aussi ce souvenir un peu vague du 45T de ce titre (avec Choo choo mama en face B?)(certains détails restent bizarrement), à la pochette noire et blanche qu’avait cette fille avec laquelle on avait pu nourrir quelques espoirs potentiellement charnels, et qui avait eu le bon goût de prêter Ziggy Stardust. Espoirs jamais concrétisés. Ten Years After était le groupe des grands frères, ça devait être la raison de la présence de ce 45T dans sa chambre.

Alors pourquoi un matin, ce rock blues frustre, peu imaginatif, mené par la guitare de celui qui veut rentrer chez lui depuis près de 45 ans (certain qu’il doit la jouer sur scène encore aujourd’hui)(Forty Years After)(bientôt Fifty)(parfois le chemin est long). Il y a des réminiscences étranges.
Il arrive parfois, avec une tendresse nostalgique, d’écouter un groupe de série B, ou non d’ailleurs, dont les albums tournaient souvent durant les années lycéennes. Pas toujours très glorieux. Mais Ten Years After, non. Jamais.

Cricklewood Green donc, un matin de la semaine dernière, lorsque l’automne avait encore des parfums d’été. Et là, Working on the road. Probablement que la remastérisation a apporté de la clarté aux instruments dont il ne restait qu’un souvenir de bouillie confuse.
Working on the road, l’envie d’écraser l’accélérateur d’une Buick (6?), d’une Chevrolet (a sixty nine Chevy with a 396, fuelie heads… comme dit Springsteen) ou d’une Cadillac, peu importe, sur une highway américaine, le vent dans les cheveux et la musique à fond. Cliché cinématographique, à se demander pourquoi pas un réalisateur n’a utilisé cette chanson. Trop évident peut être. Cliché dans le cliché.

Working on the road. A en remettre plusieurs fois de suite cette foutue chanson. Sûrement à cause du truc qu’il fait avec sur les cordes de sa guitare au début, le dong diguidong diguidong diguidong diguidong dodongodongdong. Ça tient à rien souvent.

Les grands frères, ceux des autres, avec les cheveux tombant sur leurs épaules, ont bien dû pourrir l’existence de leurs parents à écouter ça à fond sur leur petit électrophone dans la chambre au papier peint jaunâtre (papier peint jaunâtre…) dans ces années 70/71.

Le disque a filé ensuite (en sautant une ou deux chansons pénibles)(confirmant le peu de goût pour Ten Years After), jusqu’à Love like a man (et son riff inoubliable). Ça faisait trop, l’envie subite avait disparu, noyée sous un déluge de notes de guitare.
Mais toute la journée, jusqu’au soir, j’ai gardé en tête le dong diguidong diguidong diguidong diguidong dodongodongdong de la guitare de Working on the road. On peut chercher, il n’y pas de raison.

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Catégorie : 7 Tease, Song of the day

7 Responses to “ 821 S.O.D. #32 (Ten Years After) ”

  1. disso on 19 octobre 2011 at 21 h 25 min

    Joli post, comme d’habitude, Kimiou. Et c’est amusant, je ne connaissais rien de Ten Years After, sauf ce riff, justement; pala papa, palalala papa…

  2. La Princesse on 20 octobre 2011 at 16 h 22 min

    Comme quoi, il n’est jamais trop tard pour découvrir un blogue de qualité sur l’Internet mondial. Ich gratuliere.

    • KMS on 20 octobre 2011 at 20 h 54 min

      J’aurais dû parler de Ten Years After plus tôt alors? (non en fait je crois)

  3. gilda on 22 octobre 2011 at 1 h 04 min

    En même temps quand on s’appelle Ten years after c’est normal d’être considéré d’entrée de jeu comme « un peu ringard », non ? Presque une question de fidélité au nom.

    • KMS on 24 octobre 2011 at 18 h 23 min

      Ça peut être pris dans les deux sens non?

  4. Flashback | Le Journal de Jane on 28 décembre 2011 at 11 h 56 min

    [...] Sophie de m’avoir parlé de Kill Me Sarah. Les affinités avec ce blog sont si évidentes que ce n’est pas la peine d’insister [...]