424 Chrono Zeppelinien

29 octobre 2008 Par KMS
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424 Chrono Zeppelinien : The Velvet Underground : Rock’n Roll (demo) (Album : Loaded (fully loaded edition 97) 1970)

    (424)

(J’avais écrit cette chronologie Zeppelinienne inutile comme ça d’un seul coup il y a quelques semaines, parce que ça m’était passé par la tête. Juste pour moi. Pour garder certaines choses avant qu’elles ne s’évaporent aussi. Elle ne devait pas sortir de Google docs. Quel intérêt… Et puis finalement… comme je suis en train de lire Rock’n Roll, le bouquin de François sur Led Zep ça occupera l’espace en attendant autre chose… j’ai juste ajouté la fin)(Certaines dates sont approximatives ou reconstituées à partir de la date de sortie des disques. Peut être que tout est décalé mais je m’en souviens comme ça)


Un mercredi de début 1974 : Je passe chez Kate, dans le grand ensemble après le bout de ma rue. Ils étaient plein à être là. Enfin plein, cinq ou six. Discussion de gosses de 13 (moi) ou 14 ans (les autres). Elle dit je mets le III de Led Zep. Ils revenaient des US, elle et son frère Steve. Avaient vécu quelques années là-bas. J’ignorais TOUT de cette musique. Aucun souvenir auditif. Juste la pochette, avec la roue mobile. D’ailleurs à part Steve et sa soeur, la musique avait plutôt suscité une indifférence polie ou des hochements de tête entendus de certains, juste histoire de se donner un air parce qu’en fait… Personne ne m’a reparlé de ce disque ensuite. Tentative ratée. Trop tôt. Pas prêt.

Un samedi après-midi, fin février 75 : Then one fine mornin’ she puts on a New York station She couldn’t believe what she heard at all et ma vie a été sauvée par le rock’n roll, comme dans la chanson de Lou Reed. C’était juste là. Ce samedi LA. Kashmir à la radio, Europe 1 ou RTL. Les Beatles et le Floyd, seules musiques avant ce jour là. Le déclenchement c’est là. Là d’un seul coup à la radio sans prévenir. Jamais entendu un truc pareil. Les tambours qui claquaient sec, la puissance de la voix, celle qui hurlait interminable ce where i’ve beeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee yeaaaaaaaaaaaaaaaaaaa yeeeeeeeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhh aaaaaaaaaaaaaahhhh, ce riff infernal, le son, la longueur du morceau, tout, je me suis tout pris dans la gueule. Tout. Kashmir extrait de Physical Graffiti, nouvel album de Led Zeppelin a dit le speaker. Je n’allais pas oublier.

Fin mars 75 : Achat de Physical Graffiti. Choc ENORME. Evènement fondateur (je souligne à dessein) . La révélation. De ce jour. Je n’ai cessé un seul instantd’écouter de la musique et d’acheter des disques. L’histoire de ma rencontre avec cet album, la découverte de Kashmir un mois plus tôt tient dans une nouvelle en cours d’écriture. Avec des filles pas embrassées dedans. Et une fausse batterie faite avec des barils de lessives vides et des poufs gonflables sur laquelle je tentais pitoyablement d’imiter John Bonham.

Décembre 75 : Achat du II, juste avant Noël, au BHV avec Domi. Souvenir d’avoir glissé dans la pochette les deux posters de Dark Side of the moon du Floyd (dont celui avec les pyramides bleues) que je ne voulais pas acheter car déjà sur une K7. Souvenir d’un disque sale, déçu par rapport à la littérature lue sur cet album.

Pâques 76 ou approchant : Sortie de Presence. Achat immédiat. Chronique dans Rock & Folk avec David Bowie en couverture sur fond noir. Ces images persistantes qui restent. Dans la voiture des parents, sur la route entre Loches et Bléré, dans la forêt, avec la fille des amis, Royal Orleans à la radio, Karine, elle s’appelait Karine, mimant la guitare en riant, un ou deux ans de plus que moi.

Octobre ou novembre 76 : The song remains the same. Achat de l’album. En boucle le soir en rentrant du lycée. Impression de marcher dans un tunnel sombre de la sortie du bus à la maison dans ces rues peu éclairées à la nuit déjà tombée. Sur les murs de la chambre, Jimmy Page en poster avec sa double manche Gibson. Je sautais du lit en mimant le solo de Stairway. La 3ème face est la plus usée à cause de No quarter seul bon morceau au final. Et Stairway. La 4ème la moins écoutée. Jamais supporté Moby Dick et le meddley sur Whole lotta love.

Même époque : Mercredi après-midi à Paris où je traîne mon cousin voir The song remains the same le film. Quartier inhabituel pour moi. Je ne sais plus lequel. Juste ce souvenir. Obligatoirement impressionné. Voir ça, à 15 ans, on ne peut qu’être impressionné. Du moins à l’époque, maintenant ça serait autre chose…

Décembre 76 : Mon père, assureur, devait visiter un de ses clients disquaires, près de la bourse de Paris. Me demande une liste de disques à tout hasard me dit-il. Je le revois entrant dans ma chambre ce soir là. J’étais assis à mon bureau, éclairé par la lumière jaune du tube sur le mur devant moi. Il me tend un Wishbone Ash (New England) et Houses of the holy qui n’étaient pas les premiers sur la liste. Toujours détesté le son de la voix de Plant sur la première face. Jamais supporté D’yer maker ni The Ocean. No quarter la préférée encore une fois. Et Over the hills and far away. Sentiment (très) mitigé.

Février ou mars 77 : Un mercredi après-midi pluvieux. Course entre Gibert Jeunes, un magasin situé en face sur la place, disparu depuis des décennies, la Fnac Chatelet encore existante et un magasin boulevard de Sébastopol (Radio Shak ???). Sous la pluie. Pour trouver le IV (et le premier Peter Gabriel)(pardonne mais n’oublie pas). Retour à la maison. Black dog/Rock’n roll. Toujours été déçu par Rock’n roll. Pas compris le son de When the levee breaks. Adoré Four sticks. Version studio de Stairway pour la première fois.

Inconnu. 77 après l’achat du IV en tout cas : Achat du III enfin. Since I’ve been loving you. La 2ème face impeccable. Passé des heures à tourner la pochette circulaire pour regarder toutes les photos.

Vacances de Pâques 77 à Perpignan : Lors de courses au supermarché local, j’extorque à mes parents l’achat en K7 du I. How many more times, Bébé je vais te quitter et Your time is gonna come en boucle pendant les semaines suivantes. VRAIMENT en boucle. Et en K7 ce n’est pas facile. Avec cet entêtement des adolescents.

Eté 77 : Premier job. Septembre. Achat d’une guitare électrique, pâle copie japonaise de Gibson Les Paul noire pour remplacer ma mauvaise acoustique eu en cadeau pour mon BEPC en 75. Une Les Paul comme Robert Fripp et Jimmy Page. Ampli Fender par contre, un petit à lampe. Je n’aurais jamais dû le revendre avec la guitare à Marc quelques années plus tard.

Début 78 : Achat d’un songbook Led Zep avec Stairway en tablatures (rare à l’époque). Découverte de l’open tuning avec Bron Yr Aur Stomp. En slide, je découvre le seul moyen de jouer sur l’acoustique pourrie à l’action beaucoup trop haute.

Printemps ou été 78 : Achat d’une pédale de distortion et récupération des grilles d’accord de tous les morceaux de Nevermind the bollocks. Les Sex Pistols c’est plus facile et plus gratifiant à la guitare. Ce qui explique
en partie tout le phénomène punk.

Printemps 78 à été 79 : De moins en moins d’écoute de Led Zep puis oubli total. Exception faite de la 3ème face du live de temps en temps. Vague punk. Reggae aussi. Début new wave, post punk. Moi écouter Led Zep? Vous déconnez à plein tubes les gars.

Eté 79 : Sorti de In throught the outdoor. Je travaille au service courrier de la boîte d’assurance de mon père, Me fait avoir et achète ce disque dans le magasin derrière la bourse. Déception totale. Impression d’avoir perdu mon argent. Ecouté trois fois. Terminé Led Zep pour moi. J’abandonne la guitare à la même époque.

79 à 90 : Led qui? Appris par hasard la mort de Bonham assez longtemps après alors qu’il est mort un mois et demi après mon père. Jamais écouté Coda. Découvert son existence par hasard à la Fnac un samedi après-midi. Jeté un regard dédaigneux à la pochette. Errance musicale durant quelques années. Puis gros détour par le classique et le jazz. En 1989 j’écoute les Smiths, petit à petit je reviens au rock.

1990 : La nostalgie camarade… Achat du coffret Remasters. Led Zep madeleine Proustienne par excellence. Redécouverte de pas mal de chansons oubliées… La qualité bien supérieure de ma chaîne Hi-Fi me permet d’entendre des détails inconnus comme le couinement de la pédale de grosse caisse de Bonham sur Since I’ve been loving you et ça me fascine. Je fais écouter ce couinement à tous mes amis sur mes grosses enceintes. Et l’attaque de la basse et de la grosse caisse sur Immigrant song. Fort.

1994 : J’ai racheté une guitare. Electrique. Je repars de zéro. Je gratouille plein de chansons de Led Zep. Tout ce que je n’arrivais pas à faire quand j’avais 16/17 ans. Réunion Page/Plant. Je résiste assez longtemps mais je finis par craquer (je suis faible), en 95 et j’achète l’album. Belles versions acoustiques. Kashmir superbe avec l’orchestre Egyptien.

Fin 97 ou début 98 (???) : Sur un coup de tête, alors que j’avais ignoré superbement Walking into Clarksdale (produit par Albini pourtant), je vais les voir à Bercy. Rêve de gosse de voir Page sur scène. Pas si mal que ça en fait, je m’attendais à pire. Seuls les morceaux de Led Zep valaient le coup cela dit.

1999 : Gros bouleversements de toutes sortes. Prise de conscience du choc fondateur de 75. Le texte de Kashmir me hante quelques mois sans écouter pour autant la chanson. Il faisait rêver une fille. Avec l’accès à internet, récupération de quelques pirates écoutés à peine une fois.

21ème siècle : Nouvel oubli. Peut être écouté Physical Graffiti une fois en 5 ans. Jamais les autres (surtout pas le IV).

Printemps 2008 : François Bon parle de Led Zep. De son futur bouquin. Je remets Physical Graffiti, surtout la 3ème face, sur la platine de temps en temps, le III aussi, la 2ème face. Je commence à écrire cette nouvelle sur la découverte de ce disque et l’année 75 si importante, nouvelle loin d’être terminée… (et à l’allure où je vais…)

Octobre 2008 : Je commence à lire Rock’n roll de François Bon. J’ai remis le I l’autre matin au début des vacances. Led Zep va faire une tournée sans John Bonham (excusé) et sans Robert Plant. My god je préfère ne pas voir ça. We’re only in it for the money comme disait Zappa. On en est là.

Catégorie : 7 Tease, Je me souviens, Vieilleries

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