Sunday Summer Tape #5 : Brasil Tropicália

7 août 2011 Par KMS
Imprimer cette note Imprimer cette note

KMS Sunday Summer Tape #5 : Brasil Tropicália (spotify)

Puisque l’été reste caché derrière les nuages, cherchons le soleil ailleurs et prenons la direction du Brésil pour un court voyage musical.

En 1967, Caetano Veloso et quelques autres dont Gilberto Gil, Tom Zé, Os Mutantes, Gal Costa… firent évoluer la musica popular Brasileira (MPB) en y intégrant pop, rock, psychédélisme et donnèrent naissance au mouvement Tropicália, par ailleurs critique du pouvoir en place, une dictature installée après un coup d’état militaire en 1964.

Le premier album solo de Veloso, sorti en 1968, marque les fondements de ce nouveau courant musical, dont la chanson d’ouverture, Tropicália, en est un parfait résumé. Emprisonné par le régime dictatorial en 1969, Veloso fut ensuite condamné à l’exil et s’installa à Londres avant de revenir au Brésil en 1972.

Gilberto Gil est l’autre grande figure du mouvement Tropicália. En 1968, avec Caetano Veloso, ils produisirent l’album collaboratif manifeste du mouvement, Tropicália : ou Panis et Circencis. Arrêté en 69 il fit de la prison tout comme Veloso et s’exila également à Londres. De retour au Brésil en 72, il débuta une carrière politique en 1987 et devint ministre de la culture en 2003.

La version originale de Bat Macumba, chantée par Gilberto Gil, était sur Tropicália : ou Panis et Circencis. Sur leur premier album (1968), les Os Mutantes en font une reprise accentuant encore l’influence du rock et du psychédélisme.

Chico Buarque ne faisait pas partie du mouvement Tropicália, mais Construçao, sorti en 71 alors qu’il était en exil en Italie après avoir également été incarcéré durant une courte période au Brésil, marque une cassure avec son ancien style plus traditionnel et est un des plus grands disques de musique Brésilienne.

Si Jorge Ben Jor ne faisait pas vraiment partie de Tropicália, ses albums à partir de 1969 marquent l’influence du mouvement dans sa musique. Oba, La vlem ela est tiré de Força Bruta, un des plus grands disques de Jorge Ben avec A tábua de esmeralda et Africa Brasil.

En 1972, Milton Nascimento et Lõ Borges sortent l’immense et chatoyant double album Clube da Esquina d’où est tiré O trem azul. Le Clube da Esquina, collectif de musiciens, était une sorte de prolongement du mouvement Trópicalia, intégrant le jazz et le classique dans la musique Brésilienne.

On revient dans le temps en 1966 avant l’explosion de la nouvelle vague Brésilienne, avec Edú Lobo et Maria Bethãnia (soeur de Caetano Veloso, elle participera également au mouvement Tropicália) dans ce qui est devenu un classique.

Antonio Carlos Jobim est un des pères de la bossa-nova avec Joaó Gilberto,, si ce n’est le, ainsi qu’un des plus grands compositeurs, associé au parolier Vinícius de Moraes, à qui l’on doit les titres les plus célèbres de la musique Brésilienne (Girl from ipanema, Insensatez, Corcovado, Desafinado…). Ses albums majoritairement orchestraux de la fin des années 60 avec les arrangements d’Eumir Deodato comme sur ce Stone flower de 1970 sont des merveilles.

Airto Moreira s’est principalement fait connaître comme le percussionniste fou derrière Miles Davis dans sa période électrique circa Bitche Brew (voir sa prestation à l’île de wight en 70). Ses albums du début des seventies sont tous remarquables dans un style mêlant rythmes brésiliens, jazz et psychédélisme. Pour la petite histoire, Stone flower et Xibaba ont été repris dans les années 70 par Carlos Santana mais on s’en fout.

Nara Leão était l’une des plus grandes chanteuses de bossa-nova. Au milieu des années 60 ses chansons sont devenues engagées, dénonçant la dictature militaire. Elle a également fait partie du mouvement Tropicália. Berimbau est une composition de Baden Powell (le guitariste pas le scout) et Vinícius de Moares. Chanson popularisée chez nous par Claude Nougaro (Bidonville).

Vinícius de Moares, dont l’on retrouve les mots sur l’Insensatez de Jobim chanté par la merveilleuse Flora Purim (qui a également collaboré aux albums d’Airto Moreira évoqué plus haut (ça va vous suivez?)).

Impossible de ne pas évoquer l’immense Joaó Gilberto, avec sa voix de velours, douce et soyeuse sur Desafinado (encore une composition de son compère Antonio Carlos Jobim). Stan Getz réalisa avec ces deux là l’album Getz/Gilberto que tout le monde a déjà entendu au moins une fois dans sa vie et contribua à la diffusion de la bossa-nova dans le monde entier.

C’est encore une chanson de Jobim que chante Astrub Gilberto avec sa voix frêle qui fait frissonner. C’était la femme de Joaó, c’est elle qui chante Girl from ipanema sur Getz/Gilberto dont elle est la parfaite incarnation. Elle a ensuite quitté Joaó pour aller avec ce blanc bec de Stan Getz.

On reste encore avec l’omniprésent Jobim, et un duo avec la délicieuse Elis Regina, histoire d’en finir avec la page des grands classiques Brésilien pour retourner au mouvement Tropicália avec un morceau chanté par Gal Costa qui figurait sur le disque manifeste du mouvement.

On terminera tout d’abord avec l’énorme Tom Zé, nettement moins connu que ses camarades, probablement en raison de son goût pour l’expérimentation, mais il faisait tout autant partie de Tropicália.
Et Lénine, seule concession à la modernité dans tous ces anciens musiciens, histoire de marquer le lien entre le mouvement Tropicália et la nouvelle musique Brésilienne.

KMS Sunday Summer Tape #5 : Brasil Tropicália (spotify)

1. Caetano Veloso – Tropicália
2. Gilberto Gil – Geléia Geral
3. Os Mutantes – Bat macumba
4. Chico Buarque – Construçao
5. Jorge Ben – Oba, La vlem ela
6. Milton Nascimento – O trem azul
7. Edú Lobo – Upa Neguinho
8. Antonio Carlos Jobim – Stone flower
9. Airto Moreira – Xibaba
10. Nara Leão – Berimbau
11. Flora Purim – Insensatez
12. Joaó Gilberto – Desafinado
13. Astrud Gilberto – Agua de beber
14. Elis Regina & Tom Jobim – Aguas de marços
15. Gal Costa – Manãe coragem
16. Tom Zé – A felicidade
17. Lenine – Hoje eu quero sair so

Comme d’habitude, pour ceux qui n’ont pas accès à Spotify, la version mp3.

On peut également toujours écouter les précédentes Sunday Summer Tape)

NOTA : Si cela pouvait être un effet de votre bonté de bien vouloir cliquer sur le bouton « + Ajouter à mes playlists » sur Spotify (en haut au milieu).

Tags : , , , , , , , , , , ,

Catégorie : Sunday Summer Tape

2 Responses to “ Sunday Summer Tape #5 : Brasil Tropicália ”

  1. Mathieu on 12 août 2011 at 7 h 42 min

    J’aime bien quand tu décides d’arrêter de faire des textes longs pour accompagner les morceaux que tu proposes ;-)
    Sinon, je garde la playlist Spotify dans mes favoris, j’aime bien me passer Joao Gilberto ou Os Mutantes en hiver pour me réchauffer :-)

    • KMS on 12 août 2011 at 14 h 33 min

      Bah ce n’est pas vraiment un texte, juste des présentations superficielles d’artistes ou de disques, ce n’est pas pareil :-)