396 Les duels de l’été #5

27 août 2008 Par KMS
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396 Les duels de l’été #5 :

Can : Paperhouse (Album : Tago Mago 1971) Vs. Faust : J’ai mal aux dents (Album : The Faust tapes 1973)

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Puisque Arte a la bonne idée de diffuser demain soir un documentaire sur la Kosmiche Musik et pour mettre fin aux duels de l’été…

Can, devenu au fil du temps influence majeure (Stereolab, Radiohead, le post-rock et j’en passe…) de la musique actuelle, composé d’anciens élèves de Stockhausen, limitant volontairement leur virtuosité pour développer leur créativité, et Faust, tout aussi influent mais plus underground, proto-indus, expérimental et avant-gardiste, enregistrant des bétonneuses en action (entre autres) par dessus des mélodies froide comme l’acier.

La musique Allemande des années 70 est la parfaite bande son du monde industriel, déshumanisé et oppressant qui se bâtit au quotidien. Si Can tente l’évasion vers des villes imaginaires, Faust les détruit violemment à coup de masse.

Le charisme de Damo Suzuki (I am Damo Suzuki chantera Mark E. Smith plus de dix ans plus tard), un génie du son en la personne d’Holger Czukay, âme de Can. En face, les bricoleurs iconoclastes de génie de Faust. Un goût prononcé pour la répétition chez les deux (au même titre que Steve Reich, Philip Glass ou Terry Riley). Deux groupes majeurs de ce que la presse Anglaise appela le Krautrock (le rock choucroute). Faust nommera ainsi pour se moquer un morceau de l’album suivant.

Après le départ de Suzuki, Can perdra petit à petit de son intérêt et s’arrêta rapidement. Faust profitera des 90’s pour revenir (même si Jim O’Rourke dira de Rien qu’il a produit en 94, que justement, ce n’était rien…) et continue de fracasser des télés (à regarder absolument).

Musique d’avant-garde, non planante (aucun rapport avec Tangerine Dream ou les hippies d’Ash Ra Tempel), Can et Faust (avec Neu!) ont également eu une influence importante sur l’éclosion du mouvement punk (et post-punk) en Angleterre.

Il faut dire que John Peel passait sans cesse leurs disques à l’antenne (pendant le même temps en France on comparait Can à Pink Floyd, j’en ris encore). Johnny Rotten n’hésitant pas à diffuser un extrait de Tago Mago lors d’une célèbre émission radiophonique en 77 ou 78.

Deux des groupes encensés (à juste titre) par Julian Cope dans l’INDISPENSABLE Krautrock sampler.

Résultat : Impossible à départager (et regardez le doc sur Arte)

Catégorie : Vieilleries

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