806 Bobology take #5 : Never ending Bob part 2 (Bob Dylan)

23 mai 2011 Par KMS
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(Rappel : Never Ending Bob 1ère partie)

…Mais la scène? Aller s’user 100 soirs par an aux quatre coins de la planète? Pour se faire étriller parce qu’il n’aura pas chanté The Times they are a-changin’ en Chine où il jouait pour la première fois cette année (alors qu’il ne l’a pas jouée depuis le 14 août 2009), à aller même jusqu’à s’expliquer sur son site. On sent bien certains soirs la lassitude, la fatigue de l’âge. Et puis d’autres où ça explose, le plaisir, la joie, l’énergie même (Londres ou Dublin en 2005, Tampa en 2010)(plein d’autres), venue d’on ne sait où?

Alors pourquoi? Le plaisir sûrement. Parce que Dylan prend du plaisir sur scène, il s’amuse. Ça s’entend. Comme dans cette reprise du London Calling du Clash en ces soirs des 21 et 24 novembre 2005 à Londres justement, au début du premier rappel. Comme il l’avait déjà fait à la Brixton academy en 2003. Pas surprenant cela dit quand on sait que Dylan a toujours aimé le jeu de guitare de Mick Jones. Et sourire à l’entendre chanter « All that phoney Beatlemania has bitten the dust », lui qui a mordu la poussière comme les autres durant l’explosion punk, même si dans 1977 du Clash toujours, il n’est pas cité, on sait bien qu’il faisait partie du même wagon, No Elvis, Beatles or The Rolling Stones in 1977.

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(London Calling, Londres 24/11/2005 806a)

Londres 2005, il a joué 5 soirs de suite. Le 21 novembre est une tuerie. Le voir, l’entendre jouer comme ça à plus de 60 balais passés. London Calling. Et d’enchaîner sur un Like a rolling stone incroyable où souffle le TRES rare esprit de la version originale de 65. On peut presque entendre les sourires des spectateurs dans la salle. Sans parler du All along the watchtower Hendrixien à la suite. Encore des moments de grâce.

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(Like a rolling stone, Londres 21/11/2005 806b)

Est-ce qu’il cherche ça aussi? Le moment de grâce. Ou le plaisir de la montée de l’adrénaline avant d’entrer en scène? On finit par se dire qu’il y mourra un jour, en attaquant le premier vers d’All along the watchtower.
Dans ses années chrétiennes on aurait pu penser à une mission divine mais il en est revenu. On n’en est pas loin quand même. Il le raconte dans ses Chroniques. Un soir d’octobre 87 (le 5 très précisément), en Suisse, à Locarno. Son épiphanie comme disent les américains. L’épiphanie. L’apparition. Celle de sa voix.

Puis, brusquement, un soir en Suisse, à la Piazza Grande de Locarno, tout s’est disloqué. J’ai sombré un instant dans un trou noir. Nous jouions en plein air dans un vent déchaîné, c’était une de ces nuits où le ciel peut s’effondrer. J’ai ouvert la bouche pour chanter et l’air manquait — présence vocale éteinte, rien ne sortait. [...] Ça n’est pas une partie de plaisir d’être coincé dans une telle situation. Vous êtes au bord de la panique, trente mille personnes ne voient que vous et rien ne se passe. Ça peut vraiment tourner idiot. En désespoir de cause, je suis allé au plus pressé, j’ai inventé un mécanisme pour redonner vie à la formule en panne. J’ai fait ça automatiquement, au bord du vide, jetant un sort à ma façon pour chasser le démon. Aussitôt, c’était comme un pur-sang qui défonçait le portail. Tout est revenu, et en plusieurs dimensions. J’étais moi-même surpris. J’en tremblais presque, et je me suis envolé. Le phénomène, inattendu, s’était produit devant tout le monde. On a peut-être noté une saute d’énergie, mais guère plus. Personne n’aura remarqué que c’était en fait une métamorphose. J’avais une faculté nouvelle qui semblait dépasser le nécessaire humain. S’il m’avait manqué un dessein, eh bien je l’avais. J’étais devenu un autre interprète… [...] J’avais l’idée de redémarrer, de me mettre au service du public….

Quelques mois plus tard après le souffle de Locarno, le 7 juin 1988, ces choses là sont précises, il débutera le Never ending tour qui ne portait pas encore ce nom. 2 300 concerts plus tard il est toujours là. Et ne semble pas parti pour s’arrêter.

Avant ça, il le dit lui-même, il n’était plus qu’un vieil acteur qui fouille les poubelles devant le théatre de ses triomphes perdus. Comprendre une chose. Dylan est LUCIDE.
Quel vent soufflait ce soir là sur ce concert en plein air, pour le bouleverser à ce point et changer sa vie pour le reste des années à venir. Depuis il est still on the road, headin’ for another joint comme il le dit dans Tangled up in blue.

Still on the road et toujours en mouvement. Peut être pour cela que la mort n’arrive pas à l’attraper.
Il aura fallu 10 ans ensuite pour que le Never Ending Tour décolle vraiment. 10 ans et surtout un album, Time out of mind et la force de ses chansons.

Not Dark Yet, cette réflexion sur la mort qui arrive, celle que l’on sent dans les veines jour après jour un peu plus, It’s not dark yet, but it’s getting there. Le terrible Cold Iron bounds. Lovesick, sorte de réponse au Dirge de Planet Waves en 1974, jamais joué sur scène (I hate myself for lovin’ you and the weakness that it showed).
Ou Highlands qui cloturait le disque, où il raconte écouter Neil Young (I’m listening to Neil Young, I gotta turn up the sound, someone’s always yelling turn it down), avec ce dialogue et cette mise en scène cinématographique.

Quelle jeunesse a-t-il gardé en lui pour être capable d’écrire ça à près de 60 ans? Est-ce parce qu’il chante Forever Young depuis toutes ces années (qu’il n’a jamais vraiment arrêté de chanter depuis 1974)?

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(Cold Iron Bounds, Stockholm 09/06/1998 806c)

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( Not Dark Yet, New-York 16/01/1998 806d)

Il joue moins longtemps bien sûr depuis déjà quelques années. Il ne renouvellera pas son concert marathon du 12 janvier 1990, à Toad’s place (l’endroit des crapauds) à New Haven, qui aura duré plus de 4 heures et demie et où il finira par jouer ce que le public réclamera.

On sent bien, qu’il se désagrège petit à petit, que la poussière gagne du terrain. Ses disques depuis Time out of mind ressemblent de plus en plus à des recueils de chansons démodées comme il dit. Les choses ont changé. Il le chante d’ailleurs.

Saut dans le temps, Portsmouth en 2000. Il le chante même clair et fort, une version hallucinante, People are crazy and times are strange, I’m locked in tight, I’m out of range, I used to care, but things have changed. Encore un morceau qu’il avait laissé de coté, bande son d’un film déjà oublié (Wonder Boys). Mais il a eu un Golden Globe pour cette chanson. Une statuette dont il était très fier. Pendant pas mal de temps elle a trôné sur son ampli où il la posait avant de monter sur scène.

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(Things have changed, Portsmouth, 25/09/2000 806e)

Depuis 2002, ça peut paraître étrange, mais je ne vais plus le voir. Pour rester sur le souvenir de ce soir là. Pour ne pas être déçu par un mauvais soir. En même temps il en reste toujours le doute d’avoir raté quelque chose de grand. Comme tous ces concerts incroyables depuis, mais à Paris, si peu. Je reste sur ce All along the watchtower explosif du final, la chanson qu’il aura le plus jouée sur scène. Même si ce n’est pas sa meilleur version, ça me va bien. 2002, une époque où il jouait plus de guitare que de piano sur scène.

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(All along the watchtower, Paris Zénith, 29/04/2002 806f)

Parfois je me demande si la nuit, après ses concerts, après s’être usé sur scène, s’il a encore des visions de Johanna, si Louise retient toujours la pluie dans ses mains, s’il se dit toujours qu’il est assis là, échoué, en faisant tout son possible pour ne pas l’avouer. Je voudrais savoir parfois, s’il rêve encore, si sa conscience explose et si The harmonicas play the skeleton keys and the rain et j’aimerai tellement les entendre, parce que trop souvent, la seule chose qui reste, ce sont les visions de Johanna. Et ce n’est pas pour rien que c’est peut être bien sa plus belle chanson.

Je sais bien que plus jamais il ne la jouera comme ce jour là, le 16 mai 1966 à Sheffield. Il y a 45 ans presque jour pour jour. Il allait avoir 25 ans. A la limite de la rupture. Encore plus près qu’on n’aurait pu l’imaginer. La veille du 17 mai, le jour du JUDAS, le jour du PLAY FUCKIN’ LOUD. Le jour de la rupture définitive.

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(Visions of Johanna, Sheffield 16/05/1966 806g)

Depuis déjà pas mal d’années, je pense à lui comme « le vieux Bob ». Ça fait longtemps qu’on se connait. Je pense au vieux Bob comme on pense à quelqu’un de proche. Cela me fait également toujours penser à la fin de Sur la route de Kerouac.

Il y a des photos où on le voit devant la tombe de Kerouac avec Allen Ginsberg. Ils ont l’air content d’être là, assis sur l’herbe devant la pierre tombale de Jack, Ginsberg lit un poème. Ce même Kerouac et ses Mexico blues dont s’est parait-il inspiré Dylan pour Just like Tom’s thumb blues…

A la fin de Sur la route donc, la phrase me vient toujours automatiquement, [...] je pense même au vieux Dean Moriarty. Le père que nous n’avons jamais trouvé.
Je repense à ça quand je pense au vieux Bob, le vieux Bob et ses soixante dix ans. Bon anniversaire.

« I’ll close my eyes and I wonder
If everything is as hollow as it seems
Some trains don’t pull no gamblers
No midnight ramblers like they did before
I been to Sugar Town, I shook the sugar down
Now I’m trying to get to heaven before they close the door »

BONUS TRACK : Des moments de grâce. Cette version de Positively Fourth Street du 15 mars 2000 au Civic Auditorium de Santa Cruz en est un bien évidemment. Et pas n’importe lequel. Dans la masse des chansons mises de coté pour ce billet j’avais fini par l’oublier. Il m’est revenu à l’esprit aujourd’hui. Juste à temps. Un moment de grâce. Finalement, cette version belle comme un soleil couchant est peut être le plus beau.

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(Positively Fourth Street, Santa Cruz 15/03/2000 806h)

(NOTA : Le dessin de Bob Dylan est extrait de l’excellent livre de David Scrima, La B.O. de mes jours)

(En complément on peut aller lire Dylan, 70 ans, 70 chansons d’Anastasia Levy sur Slate)

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Catégorie : Music of my mind, Obsessions

24 Responses to “ 806 Bobology take #5 : Never ending Bob part 2 (Bob Dylan) ”

  1. aKa on 24 mai 2011 at 7 h 33 min

    Argh, ce « Things have changed »… (et ce texte bordel! oui, le tien!)

    • KMS on 24 mai 2011 at 8 h 56 min

      Terrible cette version n’est-ce pas? Comme d’habitude, celle qu’il a mise sur disque (sur le 3ème cd de Tell tale signs sur la version 3 CD donc la moins courante) est nettement moins intéressante.

  2. Anastasia Levy on 24 mai 2011 at 15 h 26 min

    Il a eu un golden globe ET un oscar pour Things have changed…
    Merci pour ces deux textes (et tous les autres).

  3. synecdoque on 24 mai 2011 at 19 h 43 min

    standing ovation. merci :-)

  4. -Twist- on 24 mai 2011 at 23 h 46 min

    Je suis pas prêt de dormir avec tous les extraits que tu as mis ici et là. Quelle connaissance encore de son parcours live. C’est fascinant.
    Content aussi de voir cité Things Have Changed chanson que je porte personnellement en très haute estime (que j’avais réussi à choper en 7″ il y a qqs années de cela, fan attitude un peu idiote voire vaine mais bon). Et quelle version live oui!

    Je n’ai jamais vu Dylan sur scène. Et pourtant, ce ne sont pas les occasions qui ont manqué. On m’avait parlé de ces lives, souvent foireux, parfois magiques et je me suis dit que c’était prendre bien trop de risque de détruire l’icone. C’est un peu con, surtout quand je lis ici qu’il a notamment fait un live brillant à Lyon. Live où j’ai bien sur hésité à aller.

    J’ai relu récemment, et pour la troisième fois depuis sa sortie, ses chroniques. C’est dingue comme à chaque fois que j’y replonge je découvre encore des choses. Une sorte de Never Ending Book.

    Quant à ton texte, comme pour la première partie, c’est un vrai régal à lire. A priori, ce sera donc ton dernier. Quelle sortie!

    • KMS on 25 mai 2011 at 10 h 43 min

      Je te passerai le lien du concert de Lyon l’année dernière (ce soir, je ne l’ai pas au bureau).

  5. Curzio Marx on 24 mai 2011 at 23 h 50 min

    Tout tout bon. L’ami Bob est poète, comme Pessoa. Si on entend une de ses voix on les entend toutes et toutes parlent à celui qui les entend, même quand c’est mauvais. C’est quelqu’un qui habite, et KMS en parle comme quelqu’un d’habité. Cheers.

  6. PdB on 25 mai 2011 at 8 h 38 min

    la version de « things have changed » : quelle punch ! bon alors le premier jour, le deuxième jour, on attend la suite et c’est vachement bien… merci KMS (t’as raison pour positively fourth street) (pour à peu près tout d’ailleurs) (on l’aime, ce vieux bob)

    • KMS on 25 mai 2011 at 10 h 44 min

      Il n’y a pas de suite. Il n’y en aura même plus du tout en fait ici.

      • PdB on 25 mai 2011 at 12 h 54 min

        pour la suite, je ne savais pas (sauf ce commentaire de twist là)… tu t’en vas ?

      • KMS on 25 mai 2011 at 19 h 55 min

        Non je reste là. Mais j’arrête les textes. Je continuerai à mettre de la musique par contre.

  7. Mossieur-Resse on 25 mai 2011 at 9 h 52 min

    Du coup je me suis mis à chercher ce crystal box de brixton… pas évident. Things have changed est sans doute un des plus grands morceaux de la « 2nde partie ». Merci pour tout ce que j’ai trouvé ici.
    Reconnaissance

    • KMS on 25 mai 2011 at 10 h 46 min

      C’est difficile à trouver. Sony fait la chasse. Même sur le net on a du mal à trouver les concerts en mp3, ils ont fait un ménage effroyable.

  8. Super Mario on 26 mai 2011 at 10 h 32 min

    Merci pour ce texte, mais surtout pour cette version completement incroyable de Positively Fourth Street! Ca m’a aplati, retourne puis recouvert de miel.

    Un commentaire cependant: pour l’avoir vu recemment, a Taipei puis Hong Kong, vous ratez vraiment quelque chose a ne pas le suivre. Il est encore vraiment en forme, et pas seulement a la St. Glin-Glin. Et surtout, pour repondre donc a votre billet, il a joue bien la moitie du concert a la guitare et a l’harmonica.

    Retournez le voir avant de le regretter le jour de sa disparition physique!

    • Super Mario on 26 mai 2011 at 10 h 53 min

      Merci aussi de reprendre l’episode absurde des concerts chinois, surtout depuis l’article ridicule de Maureen Dowd. Rien ne peut depasser cet excellent titre d’article en guise de reponse: « Maureen Dowd Mad That Bob Dylan Didn’t Overthrow Chinese Government ».

    • Damien on 26 mai 2011 at 12 h 44 min

      Positively Fourth Street! Quelle version ! Wa !

      • KMS on 27 mai 2011 at 8 h 32 min

        C’est formidable votre restaurant. Ça donne envie de tout plaquer et de partir loin.

      • Damien on 27 mai 2011 at 8 h 37 min

        C’est exactement l’envie que nous avons eu avec ma femme… Une envie que je trainais depuis bien longtemps. Pour ma part je trouve votre site superbe meme si je suis loin de connaitre tous ces auteurs ! A bientot

    • KMS on 27 mai 2011 at 8 h 30 min

      Oui cette version est absolument incroyable.

      Pour le reste, je préfère rester avec les images qui me restent de lui sans prendre le risque de les effacer avec un mauvais concert. C’est bien aussi comme ça (et ça ne m’empêche d’écouter certains de ses concerts récents, la preuve dans ces deux billets).

  9. PdB on 26 mai 2011 at 15 h 06 min

    on proteste vivement de ce côté-ci, mais en même temps on peut rien faire (même pas grève) contre le fait que tu ne veuilles plus écrire (pour le moment) : ce qui fait qu’on écoutera de la musique et qu’on continuera à commenter…

  10. [...] (2011) | Matador [url] 24/05/2011 | Bob Dylan | via Kill Me Sarah | partie 1 [url] et partie 2 [url] 23/05/2011 | Nils Frahm | Tristana (2009) | Sonic Pieces [url] 22/05/2011 | Peterlicker | Nicht [...]

  11. igor on 9 juillet 2011 at 13 h 00 min

    Je viens de découvrir ce site…
    A bientôt 50 balais, je traîne le Zim dans des parcelles de ma tête. Je me souviens de ce concert de 86 à Paris où le fluide corrosif de cette poésie-là m’a aplati de bonheur… et puis celui de 91 à Toulouse : Devant quelques centaines de personnes éparpillées le Bob a assuré des riffs tranchants avec sa Fender bicolore (n&b comme des pompes italiennes…) et puis ce cours de musique dans un collège pourri en 1976 durant lequel un prof tout droit descendu de mars nous passait le 33 T de Before the flood : la source pour moi…
    je ne m’y étais jamais attaqué sur scène aux chansons du Zim. Ben, je prépare une version de ballad for a thin man en duo et je reviens vous en causer … et la partager…

    ton site est fabuleux, j’ai rarement lu un texte pareil sur Dylan. merci.
    bon je vais aller chialer d’bonheur en écoutant Positively Fourth Street…

    igor sevitch

    • KMS on 10 juillet 2011 at 15 h 10 min

      On a le même âge, ça fait longtemps que je traîne avec Dylan aussi (http://kmskma.free.fr/?p=498).

      J’ai vu que vous aviez écrit une chanson de prisonniers, ces deux autres textes sur et autour de Dylan vous intéresseront peut être (http://kmskma.free.fr/?p=2565 et http://kmskma.free.fr/?p=2599).

      • igor sevitch on 10 juillet 2011 at 19 h 45 min

        Et oui Georges Jackson…
        9 jours après son assassinat par des gardiens de prison le 21/08/71, le Weather Underground fit sauter les locaux de l’administration pénitentiaire à San Francisco et Sacramento… Puis Attica…
        Le Weather dont le nom sort d’une chanson de Dylan…
        Dans une interwiew de 66 , Dylan répondant à une question du style : » Vous ne chantez plus de protest song ? : « je ne fais que ça protester » Tous était dit…
        Un ami Zimmermanien, à la fin des seventies me disait alors que je m’efforçais de chanter la révolte au 1er degré : »Lis Dylan, il met en scène une rencontre sous un bec de gaz qui est bien plus politique que ce que tu chantes »…
        J’ai mis du temps à le piger ce truc… Dylan, il sait faire ça : politiser une roue de moto ou une liste de course…
        J’ai pas fini de lire tout ce que tu écris autour de Dylan, mais je me régale comme on dit dans le Sud.
        « Hé Bobeu Dylane, tu nous chaintes Knock Knock on di evenze do, con ? » hurlait un spectateur au concert d’Avignon 78… J’y étais pas, on me la raconté, je fais juste le malin…
        à plus

        Igor