785 Veloncelle (Kristin Rule)

9 mars 2011 Par KMS
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Kristin Rule : Impermanence (Album : The Knife that Cuts a Tear 2010)

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Est-ce en raison de trop de fureur que j’apaise les musiques de ces jours. Il est des soirs où seul le piano de Chopin me sied, qu’il soit joué par Arrau pour la sérénité ou Pollini pour la modernité brillante.

C’est étrange il n’y a pas encore les odeurs du printemps. Il n’y a pas d’odeurs du tout d’ailleurs. Le froid sûrement. Le jardin en semblait muet (s’habituer à dire le jardin) lors du court passage ce soir.

C’était hier ou avant hier. Tout semble figé, le futur, le passé, et tout semble aller trop vite en même temps.

Il y aussi le violoncelle de cette Suédo/Australienne qui tire les notes comme le temps élastique.
Au rythme des pas dans la ville. Quand la pulsion s’impose, s’installe. Pas tout de suite. Au bout d’un moment, quand la respiration a trouvé son rythme.

Son truc, à la jeune fille au violoncelle c’est le vélo. Elle y met son violoncelle et l’emmène faire des concerts dans les villes Australiennes, une sorte de troubadour moderne. Avec ses pédales au nom sifflant, son panneau solaire, sa scène démontable. Un véloncelle. Il y a des vies qu’on ne sait que rêver.

Les filles au violoncelle. Je me suis souvenu, de celle, perdue au milieu de la foule un jour d’été, et sa mélancellocolie. De quoi donner des idées.

La pulsion, celle, peut être, de son rythme de pédalage. Si les notes lui étaient venues comme ça, en pédalant, le vent dans les oreilles pour la mélodie des notes aiguës. On imagine. Un peu le même rythme qu’au début du 3ème mouvement de la Titan de Mahler. Encore une histoire de violoncelle.

C’était hier, ou avant hier, j’ai oublié, je n’ai su compter le temps ou il s’est décousu tout autant que ces mots.

(La (belle) photo provient du site de Kristin Rule et son album est sur Bandcamp)

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Catégorie : Ecoute s'il pleut

6 Responses to “ 785 Veloncelle (Kristin Rule) ”

  1. Pierre on 10 mars 2011 at 22 h 40 min

    Merci.
    Spécifiquement pour cette note – découverte après une petite lecture d’un forum qui parle de vélos au quotidien, la coincidence était amusante – qui me touche comme la scène où un homme parle dans un arbre, dans un vieux Hong-Kong filmé.
    En général, pour prendre le temps d’écrire sur ces musiques – Enrico Rava et Galaxie 500 – sur un même blog et maintenant dans la même tête !

    • KMS on 11 mars 2011 at 16 h 55 min

      Merci à vous d’écouter et de lire.
      Cette fille a l’air assez étonnante avec son violoncelle sur son vélo. Dommage qu’elle soit si loin j’aurais bien aimé l’entendre.

      • Pierre on 17 mars 2011 at 23 h 52 min

        Après avoir échangé quelques mots avec elle, un grand tour de vélo en europe n’est pas une possibilité à exclure. Donc, le dommage n’est pas encore de rigueur. Chouette.

      • KMS on 18 mars 2011 at 8 h 30 min

        Ah c’est une bonne nouvelle. Merci.

  2. PdB on 11 mars 2011 at 21 h 01 min

    pour les odeurs de printemps, ton beau texte est en retard : ça y est… ce soir en remontant dans le jardin (c’est le parc et les buttes, mais bon : tout le monde a pas la chance d’avoir à s’habituer à dire « le jardin », salopard), elles y étaient les odeurs de printemps, et vers sept heures, on avait aussi, en prime pour la promenade, la lumière de ces débuts de mois de mars, un truc électrique, puissant, qui veut encore vivre et qui se tend… même si on est fatigué de cet hiver de cinq mois, même si le Japon, ou grâce à la Libye, l’Egypte et la Tunisie, et le reste, enfin dans cette ambiance-là, revoir le printemps, sentir quand la nuit tombe, que tout ça revit, reprend vie, ça a quelque chose à voir avec cette musique (même si elle fait un peu dans la mélancolie je trouve… mais ce que c’est jolie quand même)

    • KMS on 14 mars 2011 at 21 h 17 min

      Ouais je crois que ça y est.Enfin ce midi on avait l’impression…