780 Je me souviens #31 (Joni Mitchell)

17 février 2011 Par KMS
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Joni Mitchell : Don Juan’s reckless daughter (Album : Don Juan’s reckless daughter 1977)

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Je me souviens que Don Juan’s Reckless Daughter est le premier album de Joni Mitchell que j’ai acheté et c’était en 1979.
Je me souviens que sur la pochette elle porte une robe avec une fille nue comme motif et un type en chapeau fait apparaître des colombes. Je me souviens qu’une des colombes cache la tête de la fille et je me suis toujours demandé si c’était Joni imprimée nue sur sa robe.

Je me souviens des boooooom en glissando de la basse de Pastorius sur la chanson Don Juan’s reckless daughter, je me souviens aussi qu’à la fin quand elle chante Scales to feather you and I sa propre voix dans les aigus lui répond en faisant ti hi hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ou ta da wiwiiiiiiiiiiiiii et j’ai toujours trouvé ça sublime.

Je me souviens que pendant longtemps je n’ai pas compris le sens des paroles de cette chanson et même encore maintenant je ne suis pas certain d’avoir tout saisi dans cette histoire d’affrontement entre un serpent et un aigle, The serpent fighting for blind desire, The eagle for clarity, pour prendre possession de l’âme de Joni, où il y a probablement une signification sexuelle (Don Juan, le serpent) mais qu’elle m’a toujours échappée si c’est le cas.
Je me souviens avoir toujours aimé que la nuit dernière the ghosts of my old ideas reran on channel five.

Je me souviens du son particulier de sa guitare sur cette chanson, comme sur Coyote. Je me souviens avoir appris beaucoup plus tard que sa guitare était accordée de la même manière sur ces deux chansons, en CGDFCE (do-sol-ré-fa-do-mi au lieu du traditionnel mi-la-ré-sol-si-mi), et que cet accordage très particulier résonne en moi pour des raisons ignorées. Je me souviendrai plus tard d’avoir appris aujourd’hui que Don Juan’s Reckless Daughter est la dernière chanson composée par Joni Mitchell avec cet accordage.

Je me souviens de la basse de Jaco Pastorius et du saxophone alto de Wayne Shorter. Je me souviens de la longue chronique dans Rock & Folk.
Je me souviens qu’au début je n’aimais pas la partie avec l’orchestre à cordes sur Paprika Plains à tel point que je l’avais supprimée de ma K7 enregistrée pour la voiture. Je me souviens des grappes de notes toujours impressionnantes de Pastorius sur Cotton avenue.

Je me souviens n’avoir écouté que Don Juan’s Reckless Daughter et Hejira pendant des années avant de découvrir ses autres albums.
Je me souviens de ce disque bleu qui s’appelle Blue et de la chanson qui parle de sa séparation avec Graham Nash.
Je me souviens qu’elle était très belle sur la pochette d’Hejira.
Je me souviens avoir acheté Mingus chez un disquaire à Cambridge (Massachusetts) il y a plus de 10 ans avec un EP de Radiohead.
Je me souviens du live Shadows and light avec encore Pastorius et Pat Metheny à la guitare.
Je me souviens de la chanson Sex Kills sur Turbulent Indigo.
Je me souviens que tu trouves sa voix proche de celle de Joan Baez, je dis non un peu par principe parce que je n’aime pas Joan Baez.
Je me souviens que Neil Young a écrit une chanson qui s’appelle Sweet Joni mais qu’elle n’est sur aucun album et qu’il ne l’a jouée que deux (2) fois sur scène en 1973.
Je me souviens qu’elle est Canadienne. Comme Neil Young.
Je me souviens avoir appris beaucoup plus tard que le type noir faisant sortir des colombes sur la pochette n’est autre que Joni Mitchell grimée.
Je me souviens aussi que c’est mon album préféré de Joni Mitchell.

Addenda : Grâce à Philippe, nous savons maintenant que la fille sur la robe de Joni Mitchell est une photo de Les Krims, The Static Electric Effect of Minnie Mouse on Mickey Mouse Balloons datant de 1968. J’ai été bien aveugle pour ne pas reconnaître sur la robe, la pochette de Mètode de rocanrol de Pascal Comelade. Cela explique la mention « Thanks to Krims for part of the magic » dans les notes de l’album.
Comme quoi on ne regarde plus les images ou les photos que l’on connait trop, comme la pochette de ce disque… néanmoins, comme le dit fort justement Philippe, peut être que la fille sur la photo est quand même Joni Mitchell derrière un masque de Minnie…

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Catégorie : 7 Tease, Je me souviens

9 Responses to “ 780 Je me souviens #31 (Joni Mitchell) ”

  1. Richard on 18 février 2011 at 11 h 08 min

    Eh bien c’est l’un des quelques albums que je ne connais pas de la dame ! J’ai commencé, accidentellement, par Travelogue, parce qu’il y avait la version orchestrale d’Amelia dessus et puis j’ai repris par le début, ou presque, à partir de Ladies Of The Canyon, en sautant quelques chapitres. Je pense que mon album préféré d’elle, à ce jour, est Hejira.

    • KMS on 18 février 2011 at 11 h 38 min

      Si tu aimes Hejira tu aimeras celui là (dicton du jour).

      • Richard on 18 février 2011 at 12 h 06 min

        Le morceau que tu proposes est effectivement dans la belle lignée. Mais j’ai entendu dire qu’il y avait toute une face un peu « oiseuse » (Paprika Plain, que tu cites). Je vais essayer de l’écouter pour me faire ma propre idée.

      • KMS on 18 février 2011 at 13 h 34 min

        En fait tu verras que Paprika plains est très beau avec le sax de Wayne Shorter (enfin je trouve)(suis-je vraiment objectif ce n’est pas certain).
        Je crois que l’album est sur spotify.

  2. Richard on 18 février 2011 at 20 h 42 min

    Et « comme par hasard », Paprika Plains manque à l’appel… Sans doute trop long pour la pub. Je vais faire autrement.

  3. Philippe De Jonckheere on 19 février 2011 at 7 h 08 min

    B, il n’est pas possible de savoir si Joni Mitchell qui est nue sur sa propre robe, parce que sur la photo originale, le modèle porte un masque de Mickey, la photo est de Les Krims. Cette photographie est par ailleurs reprise sur la pochette d’un disque récent de Pascal Comelade (métode de Roncanrol).

    Amicalement

    Phil

    • KMS on 19 février 2011 at 10 h 03 min

      Bon sang mais pourquoi n’ai-je pas vu que la fille sur la pochette du Comelade était la même que celle de la robe de Joni… et en plus cela explique le « Thanks to Krims for part of the magic  » dans les notes de pochette pour lequel je n’ai jamais cherché à savoir ce que cela signifiait… tout s’explique. Merci Philippe pour ton éclairage.

      • Philippe De Jonckheere on 19 février 2011 at 10 h 11 min

        Ce qui n’exclue pas, tu t’en rends bien compte, que ce soit effectivement Joni Mitchell le modèle de cette photographie. Elle serait alors présente trois fois sur la même pochette.

        Amicalement

        Phil

      • KMS on 19 février 2011 at 12 h 12 min

        Oui c’est ce que je me suis dit ensuite… la photo de Les Krims date de 1968, Joni Mitchell commençait à être connue…