197 Coeur d’atome

3 mai 2007 Par KMS
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197 Coeur d’atome : Pink Floyd : Summer ‘68 (Album : Atom Heart Mother 1970)

Il y a eu hier soir ce débat et je pensais, je ne sais pas, peut être en dire quelque chose mais finalement j’ai si peu, et aussi combien je n’aime pas ce type, hier soir son regard par en dessous tout en fuite systématique et combien j’ai détesté ses attaques depuis dimanche sur mai 68. Mai mai mai Paris mai chantait Nougaro juste après et puis aussi Le casque des pavés ne bouge plus d’un cil, La Seine de nouveau ruisselle d’eau bénite, Le vent a dispersé les cendres de Bendit et quelque utopie que ce fut je ne veux pas de ce type qui crache dessus. Et je me suis souvenu de cette chanson Eté 68, juste le titre, pensant en avoir oublié la musique, si lointaine, de ces disques d’initiation que l’on tait, tout honteux de les avoir tant aimé il y si longtemps comme le premier baiser avec cette fille un peu laide qu’on n’osait avouer du coup. C’est quand je l’ai mise que j’ai oublié tout ce fatras politicard.

Depuis combien de temps je n’avais pas écouté cela, sûrement pas loin de trente ans mais là, ce soir, j’en aurais presque pleuré de tout ce qui me revint d’un seul coup comme si je déroulai ma vie là, en accéléré, en moins de temps que les 5′28 de la chanson. Ca paraît idiot mais avec cette vache en plein sur la pochette c’était le troisième disque que j’avais acheté, en face de la Mairie de Maisons-Alfort, où il y a maintenant un coiffeur depuis bien longtemps, dans ce magasin dont on avait usé la vitrine avec Philippe à force de regarder la Gibson noire avec ses trois micros dorés qui se trouvait derrière. Alors si je l’ai usé ce disque c’est peu dire et oublié c’est encore pire ensuite. Comme on a cru oublier cette fille un peu laide du premier baiser mais la pluie parfois, ça se met à tomber subitement. Comme une étagère qui craque à force d’avoir trop plié sous le poids des livres et il faut croire que certains mots pèsent plus que d’autres.

J’en aurais presque ressenti, ce soir, tant d’années plus tard, comme si la poussière du temps sur mes bras n’empêchait plus les frissons, ces sensations, ces frémissements adolescents, sur le petit électrophone mono avec son gros haut-parleur qui servait de couvercle, assis par terre, dans ma petite chambre. How do you feel, how do you feel et c’est bien tout ce que je comprenais, mais ça je le comprenais dans l’ennui ferme des mercredis après-midi un peu gris c’était l’hiver. J’avais à peine 14 ans. L’hiver 74/75.
Alors c’est peut être pour ça que cette chanson, été 68, elle est restée avec deux autres de cette deuxième face. Parce qu’on ne dirait pas comme ça, avec les boursouflures des cuivres après le refrain évoquant le Initials BB de Gainsbourg, avec le piano qui me fascinait, mais dans cette chanson, il y a les ferments de ma liberté et de mes idéaux, ou plutôt de ceux dont je rêvais, et c’est peut être bien plus cela que je pleure finalement ce soir…
C’était le débat hier soir. Je pensais, je ne sais pas, en dire si peu mais quoi. Et puis j’ai écouté la face 2 de ce disque deux fois de suite…

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Catégorie : Je me souviens, Vieilleries

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