209 Kissing in the rain

30 mai 2007 Par KMS
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209 Kissing in the rain : Throbbing Gristle : Almost a kiss (Album : Part two – The endless not 2007)

Il faut que j’achète le nouvel album des Throbbing Gristle. Ce vieux Cette vieille briscarde (sic)(ça se dit briscarde ??) de Genesis P-Orridge y est bouleversant par instant, avec son chant brisé et sa voix que de fait on peut qualifier d’androgyne. Il y a la photo sur la pochette, cette montagne aussi. C’est un détail mais en fait non, la photo de la pochette est importante. La musique ça se regarde aussi.

Ma tarte à la rhubarbe était ratée lundi soir et Jeff Buckley est mort depuis 10 ans. Drôle de journée. Il fait froid, on y comprend rien, il va falloir se dépêcher pour profiter du monde de l’air de l’eau avant que la terre ne fonde comme de la confiture d’oignon. Il va falloir qu’on aille un peu la campagne pour ne rien faire, ou bien, si puisqu’on dit faire…

J’ai remis Genesis (P-Orridge)(pas de méprise)(j’étais fan de Gabriel quand j’étais ado)(et de Genesis)(de Yes aussi)(pardonne mais n’oublie pas)(c’était il y a si longtemps) et sa drôle de bobine (ah ah)(*). En même temps sa musique c’est souvent comme de se racler les tibias avec un tesson de bouteille ou quelque chose de ressemblant qu’on préfère même éviter d’imaginer. Mais là, je ne sais pas, l’âge tu crois, cette chanson, c’est comme de chanter a capella nu sous la pluie. Presque un baiser. C’est ça la pluie parfois, presque un baiser. Je vois ça comme ça.

A la suite de mon déménagement, la personne qui a récupéré les tiroirs de mon ancien bureau a déniché un Cd bonus de Sparklehorse dont j’avais même oublié jusqu’à son existence, traînant au fond sous un fatras disparate et improbable. Il devait être avec Vivadixiesubmarinetransmissionplot. Le CD etait probablement dans le tiroir depuis 96 ou 97, il avait dû glisser dans le fond. De toute manière je crois que je perds souvent les cd bonus. La dernière chanson sur ce mini cd (5 chansons en 9′51 »)(moins de 2mn de moyenne) est très belle en tout cas.

C’est drôle comme Rabbit snare sur l’album de Throbbing Gristle sonne musicalement comme un parasite intestinal ou alors c’est parce que je viens de lire quelque chose là dessus, parfois tout se mélange. Il doit y avoir erreur, ça ne fait pas de musique un parasite intestinal. Ou alors c’est peut être juste qu’il ne joue pas assez fort pour qu’on l’entende. Dans la foulée j’ai appris comment on dit lavement en anglais à cause d’une chanson de Zappa et il est possible que je me souvienne de cette journée spécifiquement en raison de ce détail.

C’était hier, l’air sentait bon en rentrant du restaurant créole, les jours se mélangent, j’avais griffonné ces mots informes sur le coin de l’ordinateur, mais ce matin en passant sur le pont du RER, j’ai aperçu en contre-bas sur le quai, des grappes humaines qui semblaient comme figées dans l’attente. Dans un film la caméra aurait brusquement quitté la route pour plonger vers le quai.
Sans bruit.
Dans un silence total.
Lentement elle aurait dévisagé ces visages parfois endormis, parfois tristes, très souvent fermés, comme si elle essayait de deviner leur existence. Comme si dans les quelques minutes d’attente sur un quai de RER un matin on pouvait apprécier l’existence d’une centaine de personnes juste en s’attardant quelques secondes sur leur visage.
Est-ce ainsi que les hommes vivent? Dans l’attente silencieuse et résignée. Dans cette chute immobile.
Je me pose souvent la question. Une question en noir et blanc. Des doigts qui effleurent un corps nu. Cette chanson étrange. Presque un baiser.

(*) : Jeu de mots crétin sur le fait qu’une partie des membres de Throbbing Gristle a monté un groupe nommé Coil (bobine en anglais)(oui je sais…).

Catégorie : Vieilleries

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