213 Waldo’s box

8 juin 2007 Par KMS
Imprimer cette note Imprimer cette note

213 Waldo’s box : Velvet Underground : The gift (Album : White light/White heat 1968)

J’ai dit : Oh !!! On dirait le carton de Waldo. Le carton dans lequel Waldo Jeffers avait été sacrifié sur l’autel des amours à distance…
(Phédia Mazuc : Waldo’s box)(et on clique pour voir en grand)

On était à la mi-août et ça faisait deux mois que Waldo n’avait pas revu Marsha. Elle lui manquait terriblement depuis qu’à la fin de l’année scolaire il était rentré chez lui à Locust, en Pensylvanie.
Marsha lui avait bien juré qu’elle lui serait fidèle mais maintenant Waldo commençait à se sentir mal. Il avait des doutes sur la fidélité de Marsha et n’en dormait plus la nuit. Il imaginait Marsha sous les caresses sexuelles de crétins bas du front l’ayant au préalable enivrée pour lui faire renier son serment de fidélité. Toute la journée son esprit était balayé par des pensées et des images où Marsha s’abandonnait sexuellement dans les bras d’un autre. C’en était trop pour Waldo.

Il ne savait pas comment faire pour rejoindre Marsha, il n’avait pas d’argent pour cela. Un après-midi, après avoir tondu la pelouse des Edison, Waldo eu l’idée de s’envoyer par la poste. Oui, voilà, c’était ça la solution pensa Waldo qui se croyait malin. Il ne possédait pas la somme pour prendre le train mais avec ce qu’il avait, il pouvait s’envoyer en recommandé dans un colis postal avant de s’envoyer en l’air avec Marsha.

Waldo était tout excité à l’idée de retrouver Marsha et de la surprise qu’il allait lui faire. Elle l’embrasserait, puis ils iraient peut être au cinéma.
Le vendredi après-midi il alla acheter une grosse boîte en carton très épais, du gros scotch et une agrafeuse. Il appela la poste pour qu’ils viennent prendre le paquet, inscrit FRAGILE en grosses lettres dessus, puis s’enferma à l’intérieur avec un paquet de chips. A 15h, un camion vint emporter vers son destin, le carton avec Waldo à l’intérieur.

Waldo avait certainement quelques raisons de s’inquiéter de la fidélité de Marsha puisque celle-ci repensait à sa soirée de la veille avec Billy, et au fait qu’elle ait finalement cédé à ses avances. Oh tout ce que Billy pourrait apprendre à Waldo pensa t’elle. Elle avait aussi une sérieuse gueule de bois, bon sang je ne devrais pas boire comme ça oh et puis tant pis pensa t’elle. Waldo lui semblait si loin dans sa vie.
Sheila sa meilleure amie arriva chez elle et elle lui raconta sa soirée avec Billy, my god, he was like an octopus, hands all over the place. Peut être qu’il va appeler dit elle en souriant. C’est à ce moment là que le facteur, Mr Jameson sonna à la porte et lui livra le carton avec Waldo à l’intérieur..

Le gros paquet intrigua les deux filles. Qu’est-ce que c’est que ça dit Sheila. Je n’en sais rien répondit Marsha. Regarde qui l’a envoyé. Oh my god it’s from Waldo soupira Marsha. Ce connard ! dit Sheila.
Dans son paquet, Waldo était tout excité en entendant les voix étouffées des deux filles et n’était pas conscient du drame qui se préparait. Tu devrais quand même l’ouvrir dit Sheila.

Bon sang y a pas moyen d’ouvrir ce foutu carton dit Marsha. Tu devrais prendre des ciseaux. Mais Marsha ne réussi pas à les trouver. Elle descendit alors à la cave pour regarder dans les outils de son père et revint avec une sorte de grand coupe-coupe. Tiens vas-y essaye dit elle à Sheila, moi je n’en peux plus. Bordel de merde mais y a pas moyen dit Sheila, la lame est trop épaisse.
Dans le carton Waldo attendait d’être enfin délivré. Il était terriblement excité par la situation et sentait le sang battre dans ses veines. Il lui semblait que les filles pouvaient presque entendre les battements sourds de son coeur.
Ah J’ai une idée dit Sheila.
Alors elle se mit à genoux à coté du carton, attrapa le coupe-coupe des deux mains et plongea violemment la lame au travers du carton right through the center of Waldo Jeffers head, which split slightly and caused little rhythmic arcs of red to pulsate gently in the morning sun.
Waldo Jeffers avait bel et bien atteint sa limite…

(Vous me direz que ce crétin de Waldo aurait pu faire du stop plutôt que de s’envoyer par la poste, Certes. Vous me direz que c’est bien fait pour lui, qu’il n’avait qu’à rester chez lui et trouver une autre copine. Certes (again.)(en même temps il n’y aurait pas eu d’histoire et ça serait dommage quand même)(Les plaintes et/ou demandes d’explication sont à adresser Mr Lou Reed)(Vu le caractère irascible de Lou, moi à votre place, je ne m’y risquerai pas)

Cette chanson est la première que j’ai entendue du Vevlvet Underground, en 1977 sur France Inter à l’occasion de la réédition de White light-white heat. Elle reste l’une de mes préférées.
Sur les bonnes éditions CD (comme dans le coffret Peel slowly and see par exemple), les deux canaux droite et gauche sont totalement dissociés et rendent l’écoute au casque plutôt déroutante. Dans le canal de gauche, John Cale raconte l’histoire de Waldo, et dans le canal de droite, le groupe découpe des PLAQUES DE METAL A LA SCIE ELECTRIQUE dans des JAILLISSEMENTS D’ETINCELLES.
(Ceci est un chef d’oeuvre du rock ‘n roll. Non. Un chef d’oeuvre tout court)

Catégorie : Obsessions, Vieilleries

Comments are closed.