232 Hot summer nights

19 juillet 2007 Par KMS
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232 Hot summer nights : The Rolling Stones : Torn and frayed (Album : Exile on main street 1972)

Je ne sais pas mais il fait chaud, lourd cet après-midi dans le bureau je trouve, malgré le store descendu au trois quarts; je sentais mes pieds gonfler dans mes chaussures. Peut être que c’est plus le besoin d’être ailleurs, l’envie de vacances qui gonfle et enfle.

J’ai l’esprit comme des dominos alignés. Lorsque j’en fais tomber un, il entraîne les autres dans sa chute, provocant des réactions en chaîne. Je ne sais plus à quoi je pensais pour finir par en arriver à cet été 77, l’année où j’ai passé le bac français. Et à ces vieux souvenirs déchirés et usés comme une vieille photo, comme cette chanson…

Ce mois de juillet était chaud. La nuit, je m’en souviens, j’écoutais Exile on main street au casque sur mon lit, la fenêtre ouverte. Et je me masturbais en même temps. Le regard dans les étoiles, j’envoyais des longs jets nacrés vers le ciel.
La deuxième face, l’acoustique, était ma préférée. La musique de ce disque est moite, elle pousse au sexe. Du moins je pensais ça, du haut de mes seize ans, la main agitée sur mon sexe dressé. J’approchais le lit de la fenêtre pour mieux voir le ciel et ne pas tendre le fil du casque. Je ne sais plus précisément l’objet de mes fantasmes de l’époque, mais je me souviens d’un n° de Fluide Glacial, où il y avait une planche racontant l’histoire d’une jeune fille se masturbant dans sa chambre, l’été, avec les volets à demi fermés. La chambre me faisait penser à celle d’une fille avec qui j’étais en première, Dominique, une petite aux cheveux courts et chatains. On rentrait souvent ensemble, par le 181, on habitait pas très loin l’un de l’autre. J’étais monté dans sa chambre une fois ou deux pour écouter Ziggy Stardust. Il ne s’était jamais rien passé. Même pas embrassés. Rien. J’étais un crétin.

Je crois que je l’avais imaginée se masturbant dans la pénombre de sa chambre, comme dans cette bande dessinée. Cette idée m’excitait terriblement. Alors je faisais pareil. La nuit. En regardant les étoiles, et en écoutant Exile on main street au casque; je trouvais que ça donnait une sophistication agréable au geste. Avec Mick Jagger parlant de smelly bordellos comme dans cette chanson. Ca allait bien avec l’idée que je me faisais de cette musique. Les smelly bordellos. Et je jouissais avec toute la violence de mes seize ans dans des spasmes m’atteignant parfois en pleine figure…

Catégorie : Vieilleries

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