229 Yellow drums

13 juillet 2007 Par KMS
Imprimer cette note Imprimer cette note

229 Yellow drums : Charlie Haden : Song for Che’ (Album : Liberation music orchestra 1969)

C’est marrant j’ai mis le disque de Battles ce matin au bureau. Je ne l’aime pas trop pourtant, il a des cotés néo-prog désagréables qui m’ennuient. Mais j’adore la photo de la pochette, avec leur matériel. C’est la batterie qui me fascine. Je ne sais pas pourquoi. Sa couleur peut être. Je finirai par acheter ce disque uniquement pour la pochette. Je l’ai mis parce que ce matin, avant de me décider enfin à travailler, je lisais un peu le blog d’Etat de marche. Les notes que Laurence et Jean-Michel laissaient au cours de leur marche lente de Bruxelles à Paris et qui servent de matière à leur beau spectacle dont j’essaierai de parler plus tard. Sur scène avec eux, il y a deux musiciens dont un batteur avec une batterie jaune. Pas le même jaune que la batterie sur la pochette du disque. Mais une batterie jaune quand même.

J’y ai pensé tout de suite dès que j’ai vu le flyer et les photos dans la petite allée du théâtre des Doms. Une batterie jaune comme sur la pochette du disque de Battles. C’est idiot mes associations de pensées, mes obsessions douces. Robert Wyatt avait une grosse batterie jaune aussi, avec une grosse grosse caisse, je me souviens de la grosse grosse caisse. Ca sonne mal en français. En Anglais on dit big bass drum c’est mieux (my heart is beating louder than a big bass drum chantaient les Stones il y a si longtemps). Il avait des cheveux plein la figure sur cette photo, ses baguettes à la main, tenant le micro pendant qu’il chantait.

C’est étrange ces photos, ces images qui restent comme ça après des années et des années. La photo de Robert Wyatt c’était dans un vieux Rock & Folk, un numéro spécial batteur. En 75 ou 76 un truc comme ça. 75 plutôt. Parce qu’on était en Touraine alors qu’en 76 on était dans le Var. J’ai le souvenir de la batterie jaune (une Gretsch?) de Robert Wyatt sur un parking à Loches en sortant de la voiture de mon père. Robert Wyatt n’est probablement jamais venu à Loches. Je lisais juste le magazine dans la voiture. Peut être même que la photo était en noir et blanc mais le texte parlait de Robert Wyatt derrière sa grosse batterie jaune. Le cerveau fait le reste et construit les souvenirs comme ça.
En cherchant je pourrai peut même retrouver la photo. J’ai arrêté Battles qui m’énerve et mis Fennesz dont je n’arrive pas à sortir en ce moment. Encore une de ces obsessions douces à la temporalité limitée qui emplissent mes suites de jours. A défaut de marcher lentement sur les routes, sur les chemins, j’ai laissé mon esprit divaguer sur les peaux des batteries jaunes de ma mémoire.

Quand je serai grand, je m’achèterai une batterie, une batterie jaune. Et une contrebasse. C’est gros la contrebasse. Comme ça je me cacherai derrière en faisant bom bom.
Et puisque l’été va peut être enfin arriver, je vais en profiter pour aller une fois au bureau à pied. Pour voir. Je serai sûrement en retard mais tant pis. Peut être aussi parce que souvent lorsque je marche, j’entends un solo de contrebasse imaginaire. C’est sûrement pour cela qu’en jazz on parle de walking bass. Tout se tient., tout se tient… Bobom bom bom bom bom bom bom bom bobom bom bi bi bii bibi bi bi bu bum bom bom boboboooom ba ba bam bam bo bobom bom bom bom…

Nota : J’ai retrouvé l’article. La photo est bien en noir et blanc (par contre c’est une Ludwig, une Ludwig jaune, pas une Gretsch). A noter également que Robert Wyatt a fait une reprise de Song for Che’ mais il y a moins de contrebasse sur sa version.
(Je sais bien que peu de gens écoutent, mais le morceau 150 sur Killing Me Softly vous changera des chansons habituelles).

Tags : ,

Catégorie : Vieilleries

Comments are closed.