251 Beautiful maladies

17 septembre 2007 Par KMS
Imprimer cette note Imprimer cette note

251 Beautiful maladies : Lou Reed & Zeitkratzer : Part 2 (Album : Metal Machine Music 2007)

« [...] 8. Tous les proprios sont des salopards doucereux qui laisseraient les ruines de Pompéi s’effondrer sur votre lit à baldaquin sans lever le petit doigt. Ils méritent tout ce qui leur arrivera, et MMM est le briseur de bail garanti. Tout locataire d’Amérique devrait posséder un exemplaire de cet album. Soyez prémunis !
9. Spud, mon bernard-l’ermite favori, qui parfois reste des jours durant blotti dans sa coquille, si bien qu’il faut vérifier qu’il n’est pas mort, aime beaucoup MMM. Chaque fois que je le passe, il sort et se met à ramper joyeusement sur le sable, en grimpant aux barreaux. En fait, c’est la seule fois où je le vois prendre un peu d’exercice. Ou alors il danse. »

Lester Bangs : Le plus grand album de rock jamais enregistré, Creem 1976, in Psychotic reactions & autres carburateurs flingués

Je me demande ce qu’en penserait le bernard-l’hermite de Lester Bangs, mais les gens de Zeitkratzer ont fait une chose dingue, ils ont osé reprendre Metal Machine Music de Lou Reed (vous savez le disque idéal pour faire partir les invités à la fin d’une soirée)(et vous fâcher définitivement avec eux pour peu que le volume sonore eut été suffisant) en version acoustique/orchestrale. Une transcription note pour note (ou plutôt son pour son…) de la tuerie bruitiste/punk de Lou parue en 75. Ce sont les instruments de l’orchestre qui « jouent » les feedbacks et autres bruits blancs. Etonnant. Lou himself a participé au projet. Ce que j’ai du mal à comprendre c’est pourquoi ils se sont limités aux seules trois premières parties. La quatrième est passée à la trappe. Les mauvaises langues diront que de toute manière, personne n’est capable de discerner une partie de l’autre. Certes… mais quand même. Ca fait un disque bancal comme une table à trois pieds.

Le traitement orchestral rend MMM encore plus troublant, car entre fumisterie complète et chef d’oeuvre avant-gardiste, le disque original laissait assez peu d’espace à l’indifférence ou à des jugements mitigés (n’oublions pas que Lou Reed l’avait enregistré parce qu’il devait encore un album à sa maison de disque)(en ce sens, ce disque est un des plus gros doigt d’honneur fait à l’industrie du disque et rien que pour cela Lou mériterait une statue). En clair, on vomit ou on adore MMM.
Ici, dans cet enregistrement, il se dégage indéniablement une beauté sophistiquée de la musique (si, si), voire une douceur céleste (non je n’exagère pas) qui le rend plus abordable (tout est relatif…) que l’original. Même si MMM sans bruit, ce n’est plus tout à fait MMM de mon point de vue.

J’écoutais ce disque au bureau aujourd’hui pour oublier que je n’avais pas envie d’être là. Histoire de brouiller l’environnement ambiant dans un shimmy sonore. Mais au final, ce disque est presque aussi fascinant que l’original que je pose systématiquement sur la platine dans les moments de vide où je ne sais plus quoi mettre, parce qu’écouter ces quatre faces d’affilée c’est comme mettre ses doigts dans la prise électrique pour s’arrêter de penser.

A l’époque Lou avait écrit dans les notes de la pochette originale : je ne connais personne qui ait écouté ce disque en entier, même pas moi. Il n’est pas fait pour ça. Il avait même ajouté que quiconque est capable d’écouter ce disque jusqu’à la quatrième face est encore plus malade que moi. (forcément son point de vue a bien changé depuis que ce disque est une référence pour tous les bruitistes de la planète)(sacré Lou).
C’est au moins la confirmation de la part d’un spécialiste que je suis un malade. C’est peut être aussi pour cela qu’ils n’ont pas joué la quatrième partie…

NOTA : Compte tenu de la longueur du morceau (16mn09), j’ai réduit la qualité sonore afin que le fichier ne soit pas trop gros mais il faut quand même être patient pour le charger.

Catégorie : Obsessions, Vieilleries

Comments are closed.