254 Porno cooking

23 septembre 2007 Par KMS
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254 Porno cooking : Cure : Siamese twins (Album : Pornography 1982)

J’ai mis Pornography en rentrant du marché va savoir pourquoi. J’ai toujours une petite appréhension avec ce disque, lorsque la pointe de la cellule entre en contact avec le vinyle. La même appréhension que l’on peut avoir enfant, avant d’ouvrir une porte vermoulue dans une cave sombre. C’est un disque terrifiant. It doesn’t matter if we all die c’est dit d’entrée de jeu, faudra pas s’étonner de la suite, on n’est pas là pour rigoler.

J’ai préparé le thon rouge. Je voulais l’accompagner d’une petite purée d’agrumes. J’ai épluché un pamplemousse et un citron vert. J’ai allumé le gaz et mis les quartiers à chauffer en même temps que je dansais sur les tambours martiaux de The Hanging garden. C’est marrant comme les têtes sur la pochette ressemblent à la flamme du brûleur de la cuisinière.

On arrivait en fin de première face et Siamese Twins m’a fait sortir de la cuisine. La grosse caisse comme des coups de marteaux, I choose an eternity of this, la basse oppressante de Simon (pronounced Saïemone), Is it always like this, j’ai mimé le jeu de basse en tournant autour de la table du salon et je suis retourné remuer ma purée d’agrumes qui, je le voyais bien, était trop liquide. J’ai monté le gaz.

Ce disque, c’est un château hanté, rempli de nos frayeurs nocturnes, enfantines et animales. J’ai monté le son pour la basse, toujours la basse. J’ai mis la deuxième face et le thon au four. Sept minutes au gril, pas plus, cinq si le four est vigoureux (enfin tout dépend de l’épaisseur du thon). Ca continuait pareil, la même oppression humide et froide et cette batterie migraineuse. Ma purée d’agrumes ne serait jamais purée. Finalement après tout ça, A Strange day fait figure de chanson joyeuse (ah ah je me comprends).

La minuterie a sonné, j’ai sorti le thon du four et l’ai servi. Cold a sonné le glas de ma purée. C’était raté, ça ressemblait à de la confiture et j’avais trop forcé sur le gingembre. Peut être à cause de ce disque obligeant à assurer ses arrières, j’avais exagéré la cuisson. (Ou alors c’est parce que je n’arrêtais pas de me resservir de ce petit Sancerre que j’avais ouvert…)

J’ai connu un type, qui tous les jours (tous les jours), écoutait exactement les mêmes chansons. Il s’était fait une playlist sur son lecteur mp3, et tous les soirs il écoutait sa trentaine ou quarantaine de chansons à la file, toujours dans le même ordre, tous les jours. Il devait ajouter une nouvelle chanson tous les six mois et encore. Tous les soirs, les mêmes chansons, dans le même ordre. Et tous les soirs, son programme se terminait invariablement par Pornography (la chanson) qu’il connaissait bien entendu entièrement par coeur. I must fight this sickness, Find a cure…, tous les soirs. Invariablement. Terrifiant…

Finalement ma purée confiture n’était pas si mauvaise pour accompagner le thon mi-cuit. On a finit le Sancerre avec le fromage.
J’ai enchaîné avec Faith et j’ai mis la tarte aux quetsches au four…

P.S : Ca devient vraiment n’importe quoi ici…

Catégorie : Obsessions, Vieilleries

One Response to “ 254 Porno cooking ”

  1. leblogdedarcy on 6 août 2010 at 15 h 20 min

    Je viens, je m’en vais, je reviens, je n’arrive pas vraiment à être fidèle aux gens et parfois à moi même. Je viens par hasard de retrouver ton compte sur twitter. Je me suis abonné du coup.
    J’ai cliqué sur ton blog et puis j’ai choisi « au hasard balthazar » et je suis tombé sur ce trois ou quatrième billet. La pochette de cet album de Cure m’a fait rappeler cette année 82 et cet album que j’ai découvert. J’étais de passage chez une fille, une pute qui faisait la pute, j’étais passé avec sa soeur, qui rêvait de faire la pute aussi. Sa soeur m’a proposé un fixe, (de temps en temps je m’en faisais un). Puis elle a mis cet album et j’avais pris une grosse claque, allongé à même sol sur ce parquet glacé, nous étions en hiver pourtant mais j’avais chaud, sans doute du à ce shoot qui courait dans mes veines.
    Comme nous nous étions passé la seringue, j’ai chopé une hépatite (la B) qui ma clouée au lit pendant une semaine (j’étais d’une couleur jaune caca).
    Les deux soeurs, je ne l’ai jamais revue, je ne sais pas ce qu’elles sont devenues. J’avais 22 ans à l’époque. Je me suis cassé sur Lyon après avoir été remis sur pied où j’ai découvert un soir, sur un voeux canapé, dans un vieux appartement de la Croix Rousse, Lou Reed après avoir fumé de la ganga et bu du saké. Je me souviens que les notes de Walk on the wild side me donnaient l’impression d’effleurer mon corps. C’est bon la musique quand on est stone aussi…
    Aujourd’hui je ne me défonce plus mis à part de temps en temps un pétard à l’occasion, j’ai du rater quelque chose dans ma vie en fait.