279 Autumn leaves

13 novembre 2007 Par KMS
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279 Autumn leaves : Miles Davis : Masqualero (Alternate Take) (Album : The Miles Davis Quintet, 1965-68: The Complete Columbia Studio 2004)

Le Captain Cœur de bœuf éructe dans les haut-parleurs. Matin. Trop tôt.
Les services de voirie s’ingéniaient à repousser au milieu de la route les feuilles mortes amassées sur les trottoirs afin qu’un gigantesque aspirateur les fasse ensuite disparaître. Les rues seront vides et moches ensuite sans ce tapis de feuilles.
Novembre et gris les mauvais mois. Les feuilles peignaient la ville, ils enlèvent. Ils enlèvent toujours tout.
La radio émet des ondes fantômes, vestiges perdus. On aspirera les mots bientôt, comme des feuilles mortes direction décharge. Les mots les idées la moindre pensée. Balayeurs de l’âme humaine.
Une poignée d’accords d’orgue funèbre plus tard, à se racler les doigts sur les murs, on attend on se sait quoi, ou qui, un deus ex machina hypothétique, improbable. Il y a des choses comme ça qui ne sortent pas, bloquées, quelque part, dans les artères encombrées.
Ils nous aspireront un jour, aussi, de la même manière, comme des feuilles mortes ou agonisantes.

J’ai cherché ça, toute la journée. La musique des feuilles mortes aspirées. Je ne l’ai pas trouvée. J’ai repensé à hier soir, où la fatigue aidant à entrouvrir les portes des résistances, je sentais les notes du quintet de Miles Davis me passer au travers du corps comme une myriade d’épingles. Les notes du piano, le sax la trompette la contrebasse et ce PUTAIN de jeu de batterie de Tony Williams. Bon sang, il avait à peine vingt ans sur ce titre ou pas loin. Ca me passait au travers du corps tellement c’était limpide en même temps que les cymbales giflaient les murs et…
Ca ne ressemble pas à la musique des feuilles mortes aspirées mais c’est simplement beau, c’est déjà ça, déjà ça…

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Catégorie : Obsessions

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