732 Sound and vision (David Bowie)

10 octobre 2010 Par KMS
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David Bowie : Station to station (Album : Station to station 1976)

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Avant de l’entendre, je n’ai fait que le voir. En images contrastées, brouillées, mêlées, aux couleurs souvent violentes. La première fois, en chiens de diamant, dans ce magasin à Loches, Indre et Loire, vacances avec les parents. Il y avait sur le mur du fond, sur le papier peint verdâtre usé du magasin dans la vieille ville, un présentoir en casiers métalliques présentant les disques. Juillet 75. Au trois quarts de la hauteur du mur, les chiens de diamant de Bowie me fascinaient. Il y avait, un peu en décalé, en dessous, une autre pochette avec un graphisme similaire, le Stones du moment, It’s only rock’n roll.

Plus tard, on apprend que c’est Guy Peellaert qui a fait les deux. On était venu acheter des cordes plus souples pour la guitare, le cadeau pour le brevet, un truc quasi injouable avec une action énorme sur laquelle j’écorchais mes doigts tendres. Les chiens de diamant semblaient prêts à me bondir dessus. J’avais déjà oublié les cordes.

Il y avait le samedi soir sur RTL, WRTL comme ils disaient pour copier les radios américaines, vers 21h ou 22h, l’émission Poste restante de Jean Bernard Hebey. Un gros barbu un peu hippie, ressemblant aux DJ de Radio Caroline tels qu’on les voit dans Good morning England.

Tout début 76, un de ces samedis allongé sur le lit, seulement éclairé par la lumière jaune du tube de lumière au-dessus du bureau, dans cette ambiance un peu molle, je venais juste d’avoir quinze ans, l’oreille collée au poste, guettant la bonne parole, il y a eu cette musique, ces claquements de doigts, les castagnettes, Don’t let me hear you say life’s taking you nowhere, soudainement, comme une élévation vers le ciel, la voix partait dans les aigus, aaaaangel et les choeurs, Golden years, golden years, wap wap wap.
Whaaa.

Allongé sur le lit la seule pensée qui était venue c’était ça. Whaaa. J’avais lu Ziggy sans l’entendre, les guitares glam, le rock et les paillettes, on les imaginait, là j’entendais, sorti du minuscule haut parleur du petit poste transistor, quelque chose qui n’avait rien à voir. Les claquements de main, comme des gifles. L’impression d’être écrasé par une ombre de géant.

Rock & Folk n° 112 mai 1976

Avant de l’entendre, je n’ai fait que le voir. Sur les pages des magazines, en maquillages outranciers, cheveux orange. Il me restait de cet été là, pas si loin, l’image de cette pochette des chiens de diamant comme une obsession, prêts à me sauter à la gueule dans un déluge électrique. Et puis sans prévenir, à la fin de la même année, pantalon noir, chic, large, à pinces, chemise blanche immaculée, gilet noir. Le thin white duke. Jetant son ombre. Golden years wap wap wap. Stationtostation n’a existé qu’au travers du souvenir de cette chanson écoutée deux (2) fois ce soir là durant plusieurs mois.

Avant de l’entendre, je n’ai fait que le voir. Dans le portfolio que Rock & Folk avait consacré tout début 76 au film qu’il avait tourné l’année précédente sous la direction de Nicolas Roeg. Sans avoir vu The Man Who Fell to Earth, il paraissait évident que cette histoire d’extra-terrestre tombé sur terre collait à la peau de Bowie.

Ce n’est pas par hasard qu’il choisira pour la pochette de ses deux albums suivants (Station to station et Low) une photo tiré du film. Bowie était devenu Thomas Jerome Newtown, perdu sur terre mais avec une aisance étonnante à se mouvoir dans un milieu hostile. Comme il le dira plus tard : « Etre juste moi, comme je l’étais à ce moment là, était parfaitement en adéquation avec le rôle. Je n’étais pas de cette terre à cette époque particulière. » Nicolas Roeg avait déjà fait jouer Jagger dans Performance, une histoire de double personnage. Le hasard souvent n’existe pas. Bowie enfilait avec une facilité déconcertante le costume des autres.

Stationtostation donc. La chanson, plus de dix minutes, la plus longue de Bowie. Tout dans la longue introduction du morceau ramène à Kraftwerk. Ces bruits mécaniques synthétiques évoquant le bruit d’un train font écho à l’introduction d’Autobahn et ses bruits automobiles. Kraftwerk qui sera également une des influences principales de la seconde face de Low. D’ailleurs Bowie entrait sur scène sur du Kraftwerk lors de la tournée 76, après avoir diffusé tous les soirs en intégralité Le chien Andalou de Buñuel (I am un Chien Andalusia chantera Frank Black bien plus tard).

Kraftwerk, l’Allemagne, Berlin. Il s’y installera bientôt. Il y aura Low et Heroes, les plus Européens des disques de Bowie. Mais Station to station l’était déjà, même si enregistré à Los Angeles où Bowie s’était exilé, tout en espoir, tout en désir de fuite de ce pays tentaculaire qui l’étouffait. Il le chante d’ailleurs, The European canon is here. Kraftwerk rendra la politesse à Bowie sur Trans Europe Express l’année suivante, From station to station, back to Dusseldorf City, Meet Iggy Pop and David Bowie. On vivait une époque formidable.

Avant de l’entendre, je n’ai fait que le voir. Il y avait eu encore, mai 76, un Rock & Folk spécial Bowie pour son passage à Paris, une photo sur la double page centrale, où on le voyait sur scène, habillé de noir et blanc encore, ou plutôt bien sûr. Avec sur le coté, les branchements complexes de la table mixage, des amplis, des compresseurs, derrière, une boîte à lumière comme la porte ouverte d’un vaisseau spatial. Avec un sentiment de puissance terrible. Intimidant. Rencontre du 3ème type.

A la fin de l’année, à l’arrêt de bus près de la mairie, cette fille m’avait prêté Ziggy Stardust, avec à l’arrière de la pochette, cette phrase inoubliable, TO BE PLAYED AT MAXIMUM VOLUME. Dans ses yeux à elle, je n’ai pas su voir les poussières d’étoiles.

En 73 il avait traversé l’Europe dans l’Orient Express, long voyage. On aurait pu se demander si les stations en question… mais les paroles de la chanson n’ont rien de ferroviaires. Noyé dans un délire paranoïaque dans son exil américain, il inscrivait des signes cabalistiques sur les murs immaculés de sa maison de Los Angeles où il se terrait, pratiquant des rites de magie noire. On retrouvera tout ça dans le morceau Stationtostation, où, dans un syncrétisme douteux, les paroles évoquent Aleister Crowley, la kabbale, le gnosticisme, Shakespeare et le Christ. Les station to station faisant référence aux stations du chemin de croix, Bowie vivait-il un calvaire à Los Angeles?

The return of the Thin White Duke, making sure white stains. Crowley ce « magicien » qui fascinait déjà Jimmy Page, à un tel point qu’il finira par racheter son manoir anglais, aura traversé la première moitié du 20ème siècle dans des pratiques plus ou moins sulfureuses, et ces White Stains dont un de ses recueils de poèmes porte ce nom. Throwing darts in lover’s eyes ferait référence à des disciples de Crowley ayant « sacrifié » un couple d’amants à New-York en 1918 en les tuant avec des flèches. Pure conjecture.

Such is the stuff From where dreams are woven fait plus certainement référence à la scène 1 de l’acte IV de La Tempête de Shakespeare, où Prospero dit We are such stuff, As dreams are made on, and our little life, Is rounded with a sleep. Cette référence est loin d’être innocente. Prospero est un magicien, comme Crowley, mais aussi un duc banni dans une île. Le Thin white duke, on y est. Here am I, flashing no colour, Tall in this room overlooking the ocean

Tout ça avant d’invoquer Kether et Malkuth. Here are we, one magical movement from Kether to Malkuth. On fait référence ici au Tree of life (l’arbre de vie), symbole mystique de La Kabbale où Kelter en haut de l’arbre représente le Dieu suprême et Malkuth à l’extrême opposé, le monde physique. Mais également un ouvrage écrit par un des disciples de Crowley (Israel Regardie). Pour lever toute ambiguïté, on trouvera dans le livret de la précédente réédition de Station to station, une photo de Bowie en train de dessiner un arbre de vie. Aucune trace de celle-ci dans la réédition actuelle. Tout ça bien sûr on le découvrira bien plus tard. La presse rock française de l’époque n’ayant rien capté.

Avant de l’entendre, je n’ai fait que le voir. Je n’ai acheté Station to station que plus tard. En import, pour la pochette américaine, avec la photo noir et blanche sur fond blanc, et les lettres attachées du titre, STATIONTOSTATIONDAVIDBOWIE, en rouge. Préférée à celle, européenne, avec la photo en couleur mangeant tout l’espace.

Plus tard. Après Low, le premier acheté, et son profil orange, sa new wave qui n’existait pas encore. Après Heroes. Après Stage en fait. C’était quand? 1978. La densité des productions de Bowie entre fin 71 (Hunky Dory) et l’été 79 (Lodger) est hallucinante. Entre ces deux là il y aura Ziggy, Aladin Sane, Diamond dogs, Young Americans, Stationtostation, Low, Heroes. Ça laisse rêveur. C’est Stage et son Stationtostation en ouverture de la face 2 qui aura finalement déclenché l’achat presque dans la foulée.

It’s not the side-effects of the cocaine. Avec les 200$ quotidien qu’il s’enfilait dans les narines à cette époque là, on peut logiquement en douter. Plus les quatre paquets de Gitane par jour arrosés de litres de lait. Durant les séances d’enregistrement, il pouvait rester cinq à six jours sans dormir. It’s not the side-effects… hin hin.

The return of the thin white duke… ils s’en souviennent encore à Londres lorsqu’il est revenu justement, à Victoria Station le 2 mais 1976, debout dans une Mercedes noire décapotable, d’une maigreur filaire, les joues émaciées comme taillées au rasoir, le NME le shoote avec le bras tendu dans un salut raide et martial… Il avait déjà déversé quelques propos fort douteux sur le sujet dans Creem et Rolling Stone quelques mois auparavant, mêlant Hitler aux UFO, baignant dans une parano conspirationniste. Plus de trente ans plus tard, lorsque l’on regarde la vidéo cela parait moins évident et très fugace. Ce qui est évident par contre, c’est l’état de Bowie, totalement surspeedé et ce sont certainement d’autres rails que ceux du chemin de fer anglais qui en sont la cause.

Musicalement, Stationtostation est un album de transition. Transition entre deux continents. Transition entre deux personnages de Bowie. Transition entre deux styles musicaux. Il le dit d’ailleurs dans TVC 15. Transition/Transmission.

Transition entre la formidable première face de Young Americans, cette soul blanche remarquable, sur le fil du rasoir, et la première face de Low avec ce son TOTALEMENT NOUVEAU à l’époque. TVC 15 annonçait ces novations, la new wave en gestation de Low et Heroes. Fin 75. On n’allait pas tarder à entendre parler du punk. Bowie était déjà passé à l’étape suivante. It’s too late to be late again.

Il a rarement aussi bien chanté que sur ce disque. Passant du grave profond aux aigus angéliques avec une facilité surnaturelle. Réécouter à cet effet, Stationtostation, Word on a wing ou Wild is the wind. Tout l’album en fait. Le jeu des voix sur TVC15 est totalement hallucinant, encore plus sur cette dernière réédition au son plus que soigné, révélant des détails que le vieux pressage américain cachait dans ses sillons.

Avant de l’entendre, je n’ai fait que le voir. Quelque part, Bowie devait impressionner pour ne pas avoir acheté ses albums tout de suite, la pochette de Diamond Dogs peut être. Même Ziggy Stardust et son TO BE PLAYED AT MAXIMUM VOLUME prêté par cette fille jamais embrassée. Une époque où acheter un disque se méritait.

STATIONTOSTATION et sa modernité glacée. Acheté trop tard pour l’écouter avec la fille de l’arrêt de bus. J’avais déjà quitté le lycée pour la fac comme si une nouvelle vie commençait. IT’S TOO LATE to be late again, ça s’est imposé comme une évidence des décennies plus tard, des décennies trop tard. Je n’avais pas encore compris.

J’ai toujours conservé le souvenir de Stationtostation comme un album de piano. Des accords plaqués de l’intro de stationtostation, à celui de Word on a wing, de TVC15. Malgré l’entrelacement magnifique des guitares dans Wild is the wind, ou le riff rageur de Stay où il est absent. Le piano, celui de Roy Bittan, qui venait de rejoindre le E street band de Springsteen. Avec le temps on y entend plus les guitares. L’oreille change.

Les souvenirs passés se mêlent en images hachées comme une mauvaise transmission télé. Comme sur la TVC 15, so hologramic, oh my T V C one five. Dans The man who fell to the earth, on le voit à un moment, assis dans un siège futuriste devant un mur de postes de télé chacun sur une chaîne différente. La fascination de l’image en mouvement. La fille de la fac n’avait pas aimé Stationtostation écouté sur une K7 dans la voiture, la première voiture. Ça partait mal.

Avant de le voir je n’aurais fait que l’entendre. Pendant longtemps. J’avais fantasmé ce concert à Paris en 1976, trop jeune pour que les parents acceptent. Mais bien moins que celui de 78, raté pour des raisons perdues dans la nuit des temps, sur fond de tubes néons blanc derrière la scène, même personnage, chemise blanche, pantalon noir, la sophistication sonore en plus et les feedbacks de la guitare d’Adrian Belew.

La frustration doit expliquer les deux seuls vinyles pirates de Bowie, un concert de 76 à Nassau, celui joint à la réédition avec un son éclatant de nouveauté même si on restera frustré de ne pas avoir d’images allant avec, un autre, de 78 à Los Angeles, comme si cela pouvait effacer les ratés passés.

Avant de l’entendre je n’ai fait que le voir ou inversement, les images se mêlent avec les sons après toutes ces années, Waiting for the gift of sound and vision, Drifting into my solitude, over my head comme il le chantera sur Sound and Vision l’année suivante.
Les filles de la fac préféreront Let’s dance dans quelques années. Il se passera encore beaucoup de temps avant que je ne comprenne qu’effectivement, il était trop tard pour être en retard.

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Catégorie : 7 Tease, Music of my mind

15 Responses to “ 732 Sound and vision (David Bowie) ”

  1. rom on 10 octobre 2010 at 18 h 25 min

    En chien de faïence devant les chiens de diamant.

    • KMS on 10 octobre 2010 at 18 h 52 min

      Voilà exactement, c’était l’idée.

  2. GVissac on 10 octobre 2010 at 18 h 46 min

    C’est une période que j’aurais aimé traversé, comme un extra-terrestre moi aussi. La période Diamond Dogs / Young Americans / Station to station est particulièrement savoureuse.

    • KMS on 10 octobre 2010 at 19 h 14 min

      En fait je connais plus la séquence suivante, STS, Low et Heroes, Lodger, je suis né trop tard pour avoir vécu Diamond Dogs en direct.

  3. h63 on 11 octobre 2010 at 9 h 24 min

    Enfin quelqu’un qui parle de Jean Bernard Hebey !!! Quand on n’avait que les périphériques et France Inter, avant les radios libres : perso, bien plus lui que le pop club. Merci de le citer.

    • KMS on 11 octobre 2010 at 9 h 32 min

      Il y avait trop de blabla au pop club, ça m’endormait. Hebey axait tout sur la musique, et puis le samedi soir il faisait ce qu’il voulait comme le soir où il avait diffusé Cocksucker blues des Stones qui était (est toujours) un disque pirate. Il diffusait parfois les albums en entier. J’ai passé quelques heures à l’écouter, jusqu’à Pogo de Maneval à partir de 78.

      • h63 on 12 octobre 2010 at 10 h 37 min

        j’écoutais aussi son « poste restante » le samedi aprèm. je me souviens par exemple d’un « Aujourd’hui les disques ont été choisis selon un critèe purement alphabétique »…

  4. Mathieu on 11 octobre 2010 at 12 h 24 min

    C’est l’un de me préféré, avec Heroes, Hunky Dory et Outside.

    J’ai toujours eu un peu de mal à me remettre de l’écoute de Station To Station, gros morceau de bravoure, difficile de passer à la suite. Il faut Golden Years pour s’en remettre.

    Et puis après il y a le trio ultime de Word On A Wing, TVC15 et Stay, avant la reprise de Wild Is The Wind (grandiose la voix sur cette dernière).

    Marrant j’avais plus remarqué les guitares rythmiques de Carlos Alomar que le piano :)…

    • KMS on 11 octobre 2010 at 19 h 27 min

      C’est juste un souvenir l’histoire du piano, quelque chose qui me restait des premières écoutes…

  5. Esther on 12 octobre 2010 at 14 h 19 min

    J’ai essayé dans tous les sens… Mais Bowie, je n’ai jamais réussi.

    • KMS on 12 octobre 2010 at 20 h 50 min

      Malgré Low et Heroes et l’influence de Kraftwerk (puisque…)?

  6. Esther on 13 octobre 2010 at 5 h 12 min

    Oui, malgré…

  7. PdB on 13 octobre 2010 at 14 h 24 min

    cette histoire de it’s too late » avec ce train qui passe, c’est juste ce qui vient d’arriver aujourd’hui, tu sais les trucs tombent comme ça, d’un seul coup, on était là à espérer quand même parce que M. avait disparu depuis le 15 août, bon, il avait des amants cachés, qu’est-ce qu’on en avait à foutre du moment qu’il disait où lui il était, qu’est-ce que ça pouvait bien faire à ses enfants, l’un ici, l’autre là-bas de l’autre côté de l’océan, qu’est-ce que ça pouvait bien changer depuis qu’on savait qu’il avait ce truc en tête, tu vois, une sorte de schizophrénie, un bazar qui fait que non, ce n’est pas lui qui écrivait ce mot laissé sur la table de ce petit studio, dans la rue parallèle au canal, où j’avais été pour transporter ses tableaux d’ici à là, j’en ai deux à la maison, ils sont là « sans un mot », « fou de vous » tout ça tout attaché sans espace, l’un dans les jaunes, l’autre dans les gris bleus, ils sont là, témoignent de lui, c’était un type qui était normal, qui voulait faire des trucs comme il les aimait, il était là avec cette petite chambre, une table occupant un mur entier, le travail, les arts plastiques on dit, je ne sais pas, des occasions de le voir, une première fois dans cette épicerie italienne, une autre à cette bibliothèque, c’est une histoire, on ne sait pas bien encore, ils sont là-bas, le commissaire a appelé ce matin, on l’a retrouvé, identifier le corps, le soleil qui brille, le froid qui s’abat quand même sur nous, la musique heureusement, moi je préfère Young americans, mais Bowie, bah, pourquoi pas, disons que cette chanson sera dédiée à M. qui avait laissé ses papiers perdus, sa carte bleue, le fric que lui avait donné son père, laissé là ses affaires, sa lettre incompréhensible, la maladie qu’il avait ramenée, qui l’avait laissé, rémission, les marqueurs, les traitements, l’hôpital, trop de choses certainement, trop à faire pour lutter, trop de choses à combattre, et son art, et ses couleurs, laissé tout ça là, et nous aussi, là, sur cette Terre, qu’est-ce qu’il nous reste, sinon à écouter, entendre, it’s too late M. it’s too late

  8. Thomas on 15 octobre 2010 at 9 h 31 min

    Ah oui. Un peu plus dense (si peu). Beau texte, mais je n’en suis pas étonné et n’en attendais pas moins. C’est injuste de dire ça, mais moi j’ai le droit d’être paresseux sur STS, et pas toi ;) Car ce n’est qu’un chef-d’œuvre pour moi (si peu de choses, finalement)(je l’adore, hein).

    • KMS on 15 octobre 2010 at 10 h 29 min

      Je suis un peu d’accord, je ne pouvais pas être paresseux sur ce disque, c’était un peu comme pour Exile. Et en plus je me suis retenu d’en écrire beaucoup plus…