296 Golden year

18 décembre 2007 Par KMS
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296 Golden year : David Bowie : Blackout (Album : Heroes 1977)

J’ai mis un des disques des Montreal Tapes de Charlie Haden que m’a donné Philippe ce midi, et la contrebasse ronronne dans le bureau comme un vieux poêle tranquille. Il y avait ça chez mes parents, un poêle à charbon en fonte noire, situé dans un angle de la salle à manger, qu’on ne faisait fonctionner que la journée. Jusqu’en 1969, l’année où mes parents ont fait les travaux d’agrandissement de l’appartement, et viré les poêles à charbon pour des convecteurs électriques plus modernes.

Il y en avait dans les chambres également mais on les allumait moins. Un gros tube sortait de l’arrière du poêle et se « branchait » dans la cheminée au moyen d’une plaque métallique adaptée. Mes parents remontaient le charbon de la cave dans un grand seau en acier galvanisé avec une sorte de bec verseur. Il permettait de verser le charbon en ouvrant une trappe sur le devant du poêle avec un tisonnier. Je me souviens que j’aimais à ce moment là regarder à l’intérieur pour voir les morceaux d’anthracite devenus rouge sous l’effet de la combustion. Il fallait surtout faire attention à ne pas toucher le poêle brûlant, combien de fois m’a t’on répété de surtout pas mettre la main dessus…

Il semble difficile d’imaginer qu’il y a 40 ans à Paris et en proche banlieue, c’était un type de chauffage très répandu dans les immeubles anciens ne bénéficiant pas du chauffage central qu’on trouvait principalement dans le logement social… Lorsque le poêle fonctionnait à plein régime, on entendait la chaleur ronronner. La basse de Charlie Haden sur le disque avec Geri Allen au piano m’a rappelé ce ronronnement. Etrange parfois, ces évocations sonores.

J’ai décidé de finir l’année sur des chansons de 1977. J’aurais dû éteindre les lumières pour illustrer celle-ci, mais finalement avec ses paroles obscures elle colle à la suie du charbon.
Je ressens systématiquement quelque chose de physique à l’écoute de cette chanson, une sorte de frisson intérieur lorsque Bowie chante le passage Get me on my feet, get some direction, ooh-ooh toutes guitares hurlantes. Il est assez ahurissant de penser que Bowie a sorti ce disque la même année que Low. D’ailleurs je ne l’ai acheté que plus tard, cela faisait trop pour mes maigres finances de l’époque.
Je me disais hier soir en cherchant le sommeil, que mes chansons préférées sont celles qui laissent des traces physiques. Des petites morsures que l’on essaye systématiquement de retrouver ensuite, à chaque écoute.

Catégorie : Vieilleries

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