725 Ocean Mist (Panda Beach)

20 septembre 2010 Par KMS
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Panda Beach : Deeper (Album : Last days ashore 2009)

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Elle dit Les chansons parlent de pandas. Les chansons parlent de plages.
Elle dit J’espère que les pandas savent nager. Moi je ne sais pas.
Elle dit Je ne suis jamais allé sur la plage.
Elle dit Jakarta sud. Indonésie.
Elle ne dit rien d’autre.
En dehors de la part de mystère.

Elle s’appellerait Ebi. Ebi Nasution.
Les chansons auraient été enregistrées sur un téléphone portable. On se demande si l’histoire est vraie. Mais après tout, qui se soucie de la véracité des faits. Est-ce que l’émotion doit être factuelle?
Pour une fois, juste écouter la musique, la voix, les quelques notes de guitares, sans savoir qui, quand, où, quoi.
On aime les chansons ça suffit. Elles nous touchent. On veut toujours en savoir trop. Ça brise le charme.

Le disque existe à peine. Voire pas du tout. Quelques chansons regroupées sur un EP virtuel avec une image aux couleurs passées en illustration. Il traîne comme ça depuis fin 2009. Il fallait le ramasser avant que les vagues ne l’emmènent.
Le disque existe à peine et c’est un peu dommage. On l’imaginerait bien sur un joli vinyle 25cm (les anglos-saxons diraient 10 pouces).

On pense à la délicatesse d’une plume se posant sur un piano. On pense à un filet de vent dans quelques feuilles mortes. On pense au bruit des vagues au loin. A un vieil écho de bossa exilée. Une fragilité. On pense à la beauté d’une veine sous une peau diaphane. Des morceaux de rien balayés par le vent. Un moment d’apaisement, loin de tout.

On pense à des voix qu’on veut garder juste pour soi. On pense à Sibylle Baier. On pense aussi en plus doux, à Liz Harris de Grouper. On pense à un rêve, à une silhouette imprécise et belle. On pense à la brume. On pense à l’écume. A des plages de l’atlantique sous un soleil d’automne un peu trop froid. On en frissonne. On pense à soi. A son propre histoire. On pense au rêve.

On se prend à remettre le disque au début pour ne pas voir la brume s’évaporer et rester comme ça, encore quelques instants dans le flou.

Il ne semble pas y avoir d’autres traces de Panda Beach ailleurs, en dehors d’une ou deux autres chansons supplémentaires sur son espace. Il n’y en aura peut être pas d’autres. Les rêves sont souvent imprévisibles.

(On peut télécharger gratuitement cet EP en totalité chez Nature Film qui a participé à sa publication.)

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Catégorie : Music of my mind

14 Responses to “ 725 Ocean Mist (Panda Beach) ”

  1. Starsky on 20 septembre 2010 at 19 h 19 min

    Oh la la que c’est beau.

    • KMS on 20 septembre 2010 at 20 h 28 min

      C’est ce que je me suis dit aussi en l’écoutant.

  2. J-P. on 20 septembre 2010 at 19 h 39 min

    Moi j’ai tout de suite pensé à Sharon VAN ETTEN, à l’écoute de « Deeper » et surtout de « Ode To Autumn ». MERCI pour cette découverte !

    • KMS on 20 septembre 2010 at 20 h 28 min

      Ah je ne sais pas je n’ai jamais écouté Sharon Van Etten (il faudrait peut être).

  3. Discobloguons on 21 septembre 2010 at 9 h 39 min

    Belle fragilité indeed, ça m’évoque un peu El Perro Del Mar. Joli.

  4. PdB on 22 septembre 2010 at 21 h 21 min

    le genre de chanson qui me fait penser à la fin de l’été… surtout quand il y a du soleil, que le canal est calme, devant nous il y avait ces types qui poussaient sur les bancs publics pour leur gymnastique, d’autres qui couraient (les parisiens aiment courir, c’est à ne pas croire), d’autres encore qui faisaient du vélo, qui rentraient du boulot (on en a repéré un mais je ne sais plus qui c’est Bulet, Buzet Bunet? je m’en fous, c’est vrai, je le connais pas) ou qui allaient faire leur tour, des vieux qui allaient bientôt rentrer, baguette béret chaussons, tout le kit, sur les chaises du café, de petits coussins rouges, le patron « ah ces portables » je lui ai dit d’aller le jeter dans l’eau, « j’ai pas internet » a-t-il répondu, un peu sous l’emprise de son travail je suppose, de ses soucis, de ses pensées, je sais bien que ça n’a rien à voir, mais tout de même ce calme, cette sensation de bonheur presque, tu vois la simplicité c’est quelque chose de tellement puissant, fort qui emporte tout, une berceuse? non, une histoire, on a bu, on s’est amusés de ces gens, j’ai pris une photo d’un vélo qui passe, et puis on est descendus, on a parlé un peu, le point éphémère-vous je sais pas, mais moi j’y arrive jamais, dans ces endroits-là à me sentir chez moi- on est passé, on a poussé jusque république où elle a pris son métro, on s’est embrassés parce que c’est ce qu’il faut faire à la fin de l’été, j’ai remonté le faubourg, le soir tombait tranquillement, tout était calme et tranquille, même les voitures, les motos, tout passait, cet après midi, aujourd’hui, avec ce joli soleil, cette belle lumière du soir

    • KMS on 23 septembre 2010 at 13 h 07 min

      C’est à dire que le .FMR ce n’est pas très, comment dire, chaleureux comme endroit. Un cube de béton, ancien entrepôt de matériaux de construction divers. Ça fait quand même une salle de concert, il n’y en a pas tant que ça, et du fait de son emplacement, celle-ci n’est pas trop embêtée par le voisinage (les pompiers) pour le bruit etc.

  5. Pik on 23 septembre 2010 at 11 h 54 min

    Ce titre est le plus envoutant de l’album pour moi. Une répétition enivrante, une courte durée, une mélodie mélancolique qui oui fait penser à la fin de l’été…

    Dans l’ensemble, l’album est assez étrange : très court, au son flouté et lointain, avec un arrangement épuré.

    Dans le style, essayer Julie Blues de Joe Purdy : une merveille de simplicité, un son abîmé par le bruit des vagues en font, un travail sur quelques jours, des pistes qui s’enfuient en quelques minutes. La voix d’un songwriter sur une guitare et la sensation d’être seul avec le musicien sur une plage au crépuscule. La similitude va jusqu’à la couverture de la pochette.

    Après Deeper de Panda Beach, écouter I love the rain the most de Joe Purdy : Double orgasme.

    • KMS on 23 septembre 2010 at 13 h 08 min

      Je ne connais pas, je vais essayer de trouver ça.

      • Pik on 27 septembre 2010 at 14 h 23 min

        « Julie Blue is a story of an artist inspired by a moment in time. This collection of memoirs was made in upstate NY, on a tiny river island barely big enough for the house that stands on it. It was written and recorded in less than a week’s time, and it’s spontaneity is evident through and through. From the simple rough nature of it’s recording, to the sound of water hitting the docks that can be heard in the background, Julie Blue tells the tale of this magical place, it’s beautiful people, and the amazing experiences that were found here. »- Taken from the inside booklet.

  6. Mathieu on 4 octobre 2010 at 21 h 56 min

    Je découvre, et c’est très beau, une belle découverte.

    • KMS on 4 octobre 2010 at 22 h 09 min

      Ah tu n’avais pas vu (et entendu) avant la reprise blogo? C’est simple et beau en effet. Ça fait du bien aussi, des choses simples comme ça.

      • Mathieu on 5 octobre 2010 at 21 h 11 min

        J’avais vu le post, mais je n’avais pas pris le temps d’écouter …
        J’ai voulu vérifier que la comparaison avec Cocoon n’était que du vilain troll de plus ;-)

      • KMS on 5 octobre 2010 at 21 h 20 min

        Ah comme quoi ça a servi à quelque chose.