720 Paris 1919 (John Cale)

6 septembre 2010 Par KMS
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John Cale : The Endless Plain Of Fortune (Album : Paris 1919 1973)

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« Efficiency efficiency they say, Get to know the date and tell the time of day As the crowds begin complaining »

Déjà en 2005 au café de la danse, j’avais trouvé qu’il vieillissait bien. Cinq ans plus tard, John Cale vieillit toujours bien, avec ses cheveux blancs, sa barbiche, son air particulier, ce coté impitoyable.

En le regardant hier soir dans cette salle Pleyel comme un paquebot gigantesque, je repensais à ce texte d’Iggy Pop qui caviardait les chansons d’Avenue B, lorsqu’il évoque la fin de sa vie et explique vouloir atteindre a balance between joy and dignity. Il paraissait digne John Cale hier soir et me donnait envie de vieillir comme lui. Entre la joie et la dignité ou quelque chose d’approchant.

La relecture de Paris 1919 avec l’orchestre national de l’île de France (sic)(Y aurait-il un orchestre régional de l’île de France?) était superbe même malgré les petits accros de mise en place avec l’orchestre mais la perfection est ennuyeuse on l’oublie souvent.

Il y aura eu plusieurs fois des frissons hier soir, particulièrement sur The Endless Plain Of Fortune, qui reste au fil de toutes ces années ma préférée de Paris 1919, malgré toutes les autres. Ça fait partie des détails qui ne s’expliquent pas. Avec les cordes de l’orchestre ça vibrait fort.

On aurait aimé pouvoir se repasser ces petits moments plusieurs fois de suite. Se faire surprendre une nouvelle fois de l’absence de Macbeth (spotify) au milieu pour la retrouver à la fin. A se demander si ce n’était pas sa place réelle plutôt qu’en fin de première face sur le vinyle, même si je soupçonne ce vieux renard de Johnny Viola d’avoir voulu terminer sur un morceau enlevé plutôt que sur l’introspection d’Antartica starts here (spotify).

Il aurait peut être fallu parler de Paris 1919, de cette conférence pour la paix tenue à Paris au lendemain de la guerre 14-18 dont l’album tire une vague inspiration, mais j’avais juste envie de noter ici, comme pour figer la mémoire, le frisson des violoncelles et de la montée de l’orchestre à la fin des couplets de cette superbe chanson avant qu’il ne s’évapore. Pour ne pas oublier, non plus, la joie et la dignité.

(En prime, un Mercredix spécial John Cale sur La Blogothèque)

(La superbe photo de John Cale à Londres est « empruntée » à Photo Insensitive.)

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Catégorie : 7 Tease, Music of my mind

10 Responses to “ 720 Paris 1919 (John Cale) ”

  1. Martin on 7 septembre 2010 at 8 h 14 min

    tiens j’étais aussi au concert, c’était super.
    mais : étranges solo de guitare à la joe satriani dans la deuxième partie

    • KMS on 7 septembre 2010 at 8 h 19 min

      Le guitariste était pénible un peu oui dans la 2ème partie. Surtout à la fin…

      • Vincent on 8 septembre 2010 at 15 h 01 min

        Marrants ces solos de guitare pendant les concerts des Ex-Velvet.
        Car « Berlin » revisité à la salle Pleyel il y a quelques années avait subi le même traitement.
        Dommage, car que ce qui faisait la force de cette musique, c’était justement son côté « amateur ».

      • KMS on 8 septembre 2010 at 15 h 06 min

        Berlin ce n’était pas au Palais des Congrès? Surtout qu’il avait ressorti Steve Hunter de la naphtaline pour l’occasion…

      • Vincent on 8 septembre 2010 at 15 h 12 min

        Oui, c’était au Palais au Congrès…même s’il est repassé l’année d’après à Pleyel aussi. En plus, les places étaient moins chères :(

  2. valerie on 8 septembre 2010 at 13 h 04 min

    C’est marrant tu ne parles pas de la seconde partie, au début de celle-ci j’étais déçue passer de l’orchestre au simple band c’était un peu tristou mais ensuite c’est aussi devenu superbe! Comme toi je voudrais réécouter cette version de Paris 1919, le disque paraissait presque fade après ( comme toujours après un gig) espérons qu’elle a été enregistrée mais elle était probablement unique vu que chacun de ces concerts paris 1919 est avec un chef d’orchestre différent! bcp aimé le travail de mangou aussi! bref si c’était unique j’en ai profité et c’est génial car j’avais acheté ma place 2 jours avant! :)

    • KMS on 8 septembre 2010 at 13 h 52 min

      Je n’ai pas parlé de la 2ème partie parce qu’elle était inégale (malgré un Amsterdam somptueux)(et un Hedda Gabler sorti du diable vauvert (en l’occurence de l’EP Animal Justice que l’on retrouve sur la réédition de Sabotage)) et gâchée en partie par ce guitariste trop bavard, j’ai préféré ne conserver que la relecture de paris 1919 en mémoire.
      J’ai par contre ressenti la même chose à la réécoute de l’album, d’avoir perdu le coté vivant du concert.

      • valerie on 8 septembre 2010 at 14 h 24 min

        :)! il nous faut un enregistrement pirate!

  3. juko on 11 septembre 2010 at 11 h 55 min

    oui le guitariste était bavard mais le batteur , ouah!
    Et il y avait des moments étranges qui rassurent sur la fragilité artistique ,J.Cale qui attaque le concert avec un clavier qui marche pas, un chef déboussolé au début d’un morceau, J.Cale qui met de gros pains au piano, la voix qui lache un peu…
    ET pourtant c’était grand. DE sacrés frissons, les larmes aux yeux, quelle intensité! Sacré albums, depuis j’en ai plus approfondi le sens qu’avant, et les paroles sont glaçantes (Hunky Punky nohow…).
    J.Cale est un putain de mélange de violence et de petit garçon brisé (cqfd).
    En même temps dans la deuxième partie, il y avait des chansons hypnotiques que je ne connaissais pas (vous savez sur quels albums ils sont?.
    Et puis ce dernier morceau protopunkchepakoi, ouah, à 62 ans balancer toute cette intensité sans faiblir, ça fait un bien fou, c’est pas chiqué.
    On s’est donc retrouvé à plusieurs sans le savoir pour ce grand moment partagé.

    • KMS on 11 septembre 2010 at 12 h 22 min

      J’avais déjà vu le batteur en configuration rock au café de la danse il y a 5 ans et il étit bien plus à l’aise (à Pleyel il n’était pas non plus très aidé par le son qu’ils lui avaient fait mais bon…).

      La playlist entière est là :
      http://blogger.xs4all.nl/werksman/archive/2010/09/06/566532.aspx

      Sinon en vrac : Hello there et Amsterdam (sans solo de trombone) sont sur Vintage Violence.
      Don not do gentle… est sur Words for the dying.
      Hedda Gabler sur l’EP Animal Jisutice.
      Secret Corrida sur Walking on locust.
      Et deux nouvelles chansons a priori.