351 Books I read part one

4 mai 2008 Par KMS
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350 Books I read part one : The Go-Betweens : Karen (Album : 78 ‘Til 79: The Lost Album 1999)

(A l’invitation de François Good (hum… pardon), l’évocation de souvenirs importants de lecture et de livres essentiels. J’avais dit que ça ne tiendrai pas en deux lignes, effectivement, ça tiendra en deux parties. Voici la première.)

Le premier souvenir de lecture était une sorte de recueil de Bugs Bunny. Je n’arrive pas à me souvenir si c’était un dans un Mickey Parade mais je ne crois pas compte tenu des personnages. Ma mère me l’avait acheté chez le marchand de journaux juste en face de chez nous en haut des escaliers, de l’autre coté de l’avenue.. Je devais avoir 7 ans. Mes souvenirs sont trop flous pour les dater plus précisément mais j’étais dans mon ancienne chambre donc c’était avant 1969. Le matin après le petit déjeuner je me recouchais et je lisais ces histoires. Surtout la première dont je ne me souviens pas d’ailleurs. Je sais juste que la première était ma préférée. Je m’en souviens parce que presque systématiquement je mettais un des disques de mes parents en même temps. Toujours le même, un 45T de Jean Ferrat à la pochette rosâtre où il y avait La montagne. L’association de cette bande dessinée et de cette chanson suscitait en moi des émotions particulières, probablement un certain plaisir que je cherchais systématiquement à retrouver à chaque fois. Le premier vrai plaisir de la lecture associé à celui de la musique. Finalement ça remonte à loin…

Vers 8 ou 9 ans, je me suis fait opérer des amygdales dans une clinique pas très loin de chez nous à Maisons-Alfort à coté du cinéma Pompadour. Ma mère m’avait acheté Le lotus bleu de Tintin. Lorsque je suis rentré à la maison après quelques jours passés à la clinique, et compte tenu de ma difficulté à manger, ma mère me faisait souvent des bouillies au chocolat. J’ai fini par avoir tous les Tintin, mais durant des années, à chaque fois que je relisais Le lotus bleu je sentais l’odeur de la bouillie au chocolat. Peut être aussi parce que je crois me souvenir en avoir renversé sur la couverture.

Plus tard, sûrement vers 10 ans, un bibliothèque verte, peut être une histoire des Six compagnons ou du Clan des sept. Je suis incapable de me souvenir, je ne sais plus comment s’appelle ce livre, je ne l’ai jamais retrouvé chez ma mère. Il m’avait en tout cas fasciné. Il racontait l’histoire d’un village englouti par la construction d’un barrage ayant entraîné la création d’un lac, et dont la cloche de l’église sonnait parfois la nuit. Depuis ce livre, je ne peux voir un lac artificiel sans me demander si il y a en dessous un village englouti. (Nota : Il est possible que cela soit Michel en plongée).

On achetait les livres à la maison de la presse, rue Etienne Dolet, chez Mme Herpe. Son fils allait au collège avec moi, on a fait de la 5ème et la 3ème ensemble. C’était une toute petite boutique, avec à gauche les livres sur des présentoirs tournants pour les collections de poche. Les formats plus grands se trouvaient sur les étagères. A droite il y avait le présentoir de la presse avec tous les magazines. A quatre dans la boutique c’était la cohue. On y allait souvent pour y feuilleter tranquillement les illustrés. Tant qu’on ne les abîmait pas, Mme Herpe ne nous disait rien. Plus tard on en profiterait pour regarder les pages centrales de Lui et Absolu qui nous exciteraient énormément.
On avait tous un grand respect pour cette dame, je ne sais pas pourquoi. Il y a toujours eu des livres à la maison et mes parents disaient rarement non pour m’en acheter de nouveaux. J’ai ainsi lu pas mal de bibliothèque verte dans laquelle on trouvait des Jules Verne, des Agatha Christie et des Conan Doyle.

J’ai 14 ans je suis en troisième et je découvre depuis quelques mois la musique rock. On est en mars 75 je n’ai que deux Beatles, un Pink Floyd et dans quelques jours j’achèterai Physical Graffiti de Led Zeppelin (mais c’est une autre histoire) et j’achète mon premier n° de Best (Avril 75, Peter Gabriel en couverture) au marchand de journaux en face de chez moi, le même que celui du Bugs Bunny mais le propriétaire a changé ainsi que la vitrine.

En juin j’achète mon premier Rock & Folk (Juillet 75, n° 102 avec Jimi Hendrix dessiné par Druillet sur la couverture). Jusqu’en juin 80 j’achèterai chaque n° de ce magazine (je les ai encore) (tous). Je commandais également des anciens n°. Ce magazine a changé ma vie par la musique et les disques qu’il m’a fait découvrir, par les livres qu’il m’a fait lire, par la (contre) culture qu’il m’a fait connaître, par les films qu’il m’a fait regarder. Si plus tard (malheureusement seulement plus tard) j’ai lu Kerouac, Burroughs, Chandler, Ballard, Bukowski et j’en oublie, c’est grâce à Rock & Folk et à ses auteurs de l’époque (Garnier en tête). Ce n’était qu’un magazine mais il était essentiel quand on n’avait pas de grand frère ou de grande sœur pour nous montrer le chemin, pour nous expliquer. Mon grand frère ces années là, c’était Rock & Folk.

14 ans toujours, presque 15. Je dévore quasiment tous les Lovecraft (découvert au travers de Rock & Folk d’ailleurs) qu’on pouvait trouver en poche à l’époque. Son univers fantastique, sombre, terrifiant, torturé et pessimiste (les histoires finissent mal chez Lovecraft) conviennent parfaitement à mon adolescence solitaire.
Je profitais des courses avec mes parents (supermarchés, BHV, autres…) pour me faire payer mes livres. Je gardais mon précieux argent de poche pour m’acheter des disques et uniquement des disques. Les livres je pouvais encore me les faire payer par mes parents même si j’avais droit à des réflexions sur mes lectures. Lovecraft, je le voyais bien (en plus mon père en avait lu quelques uns), ne les satisfaisait pas.
Il y avait une écriture chez Lovecraft, une manière de tirer les phrases pour amener irrémédiablement du coté obscur, vers Cthulhu. J’en ai gardé une méfiance pour Bowie (pour ceux qui n’auraient jamais lu Lovecraft, Cthulhu et toutes ses incarnations ont les yeux vairons, c’est même leur signe distinctif). Bien entendu, je n’était attiré que par le coté fantastique. Je ne me suis jamais rendu compte de la xénophobie avouée (pour ne pas dire pire) de l’auteur. Parfois l’innocence fait bien les choses.

15 ans. La prof de français en avait parlé. Je ne sais plus pourquoi. Ce n’était pas un livre que l’on devait lire, il ne faisait pas partie du programme bien entendu. Mais elle en avait parlé. C’était une prof plutôt jeune, soixante-huitarde probablement, nous sommes fin 75 ou début 76. Alors parler des Libres enfants de Summerhill d’A.S Neill devait être une évidence pour elle.
J’ai pris une baffe en lisant ce livre. Je découvrais ainsi, au travers d’une école particulière qui prônait la liberté totale pour l’éducation des enfants, qu’il existait une pensée alternative à celle des parents, du gouvernement, de la télé, du système d’une manière générale
. Du moins cela m’apparaissait comme tel.
C’est sans doute pour cela que j’ai dû lire ce livre deux ou trois fois la même année. Ou bien était-ce juste la révolte adolescente qui exultait au travers de ces pages. Peu importe, ce livre est essentiel pour moi. Même si je suis probablement loin d’en appliquer les méthodes éducatives maintenant.
J’ai prêté le livre à une fille il y a plus de vingt ans je ne l’ai jamais revu (la fille non plus d’ailleurs). Du coup je viens de le racheter d’occasion sur price minister, exactement l’édition que j’avais, avec la couverture rouge et blanche. Peut être juste afin de pouvoir le donner à lire à ma fille dans quelques années…

(à suivre…)

NOTA : Le choix de cette chanson des Go-Betweens n’est pas innocent, puisqu’elle raconte l’histoire de Karen, dont le chanteur tombe amoureux parce qu’elle travaille dans une bibliothèque et qu’elle l’aide à trouver les ouvrages de Joyce, de Genet, de Brecht…

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Catégorie : Vieilleries

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