357 Mai mais

19 mai 2008 Par KMS
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357 Mai mais : Claude Nougaro : Paris Mai (Album : Paris Mai 45T octobre 1968)

    (357)

« Le casque des pavés ne bouge plus d’un cil
La Seine de nouveau ruisselle d’eau bénite
Le vent a dispersé les cendres de Bendit
Et chacun est rentré chez son automobile »

J’ai toujours trouvé que cette belle chanson de Nougaro était un instantanné parfait des images fantasmées de mai 68. Sur fond d’orgue Hammond joué par Eddy Louiss (Un B3)(c’est un détail mais en fait non).

J’avais sept ans en 68, les souvenirs sont très vagues, très flous. Je me souviens juste d’un après-midi où j’avais été très surpris de voir mon père descendre les escaliers en face de chez nous alors que ce n’était pas son heure habituelle. Je jouais devant le café de mes grands-parents sur le trottoir et je l’ai vu descendre les marches. Pour moi Mai 68 c’est ça, cette image. Aussi le fait qu’il ait raconté avoir reniflé des gaz lacrymo en sortant du métro et qu’il avait fait demi tour.

Je ne devais pas être à l’école ou bien était-ce un jeudi je n’en sais rien. Le grand-père, très respectueux de l’ordre établi, avait dû, avant même De Gaulle, balancer quelques chienlit derrière son comptoir en servant des ballons de rouge aux habitués dont je peux facilement deviner la moue approbatrice et avinée.

D’une manière générale je me souviens que la famille en bloc condamnait les actions des étudiants et des grévistes (tas de feignants à envoyer en mine de sel ou une amabilité de ce genre, c’était bien le style du grand-père). Mon père avait peut être une opinion différente sur le fond mais il ne l’exprimait pas, ou pas en ma présence, et surtout pas devant son père. Il en réprimait en tout cas certainement la forme, les pavés qui volaient, les barricades et tout le joyeux bordel. Mais ce n’est qu’une simple hypothèse de ma part.

Dix ans et quelques mois plus tard plus tard, j’entrais à mon tour à la fac. Je me suis souvent demandé ce que j’aurais fait, où je me serais trouvé, si les « évènements » de mai avaient eu lieu le printemps de mes dix huit ans. Si j’aurais eu le courage de participer à ce mouvement, ou si j’aurais juste apporté un soutien muet et passif, mais entier et total, aux manifestants en continuant à écouter des disques tranquillement dans ma chambre. La réponse est certainement dans le vent… ou sous un pavé…

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Catégorie : Vieilleries

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