613 Mes albums de la décennie #19 (Coil)

16 décembre 2009 Par KMS
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Coil : Amber rain (Album : The Ape of Naples 2005)

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D’abord il y a la pochette. Sublime. Ce corps à vif, cette bouche hurlante en écho au cri de Munch, les mains jointes au-dessus de la tête comme dans une imploration mystérieuse, gestes rituels pré-sacrificiels ou appel à la colère d’un dieu belliqueux. Sur ce fond blanc, la couleur du deuil. Ce corps comme des gouttes de sang sur une neige immaculée.

Il y a le deuil ensuite. Celui de Jhonn Balance, fondateur de Coil en 1982 avec Peter Christopherson, mort en novembre 2004. Comme sur une pierre tombale, sur la pochette intérieure, deux dates sont indiquées, 1982-2005. Une vie trop courte.

Puis vient la musique. Comme la lame nue sur la chair fébrile. Un mise en danger à la frontière de la perversion. Une grâce vénéneuse, toxique, comme un poison lentement diffusé dans le corps. Sons électroniques blafards, accents anachroniques empreints de classicisme, gouffres soniques éphémères. Et ces voix en incantations de société secrète au parfum de conspiration. Coil. La musique de l’ombre. Une zone floue entre la terreur et la fascination.

On irait même, jusqu’à entendre sur Tattooed man, un Leonard Cohen revenu des contrées souterraines d’Hadès, le spectre de Ian Curtis sur Triple sun. Sur It’s in my blood, ce sont les échos d’un rituel païen ancestral qui rythment la chanson en pulsion tribale.

Tout l’album, fait d’éléments disparates assemblés telle la créature du docteur Frankenstein, flotte sur les ruines de chants funèbres aux voix spectrales, Pay your respect to the vultures, for they are your future. Jusqu’à la dernière note s’éteignant comme la flamme d’un cierge, ne laissant que la silhouette rouge sang de la pochette, en masque mortuaire figé pour l’éternité.

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Catégorie : Music of my mind

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