686 Les samedis musicaux #22 (Rammellzee+K-Rob)

15 mai 2010 Par KMS
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Rammellzee+K-Rob : Beat Bop AlbumSingle : Beat Bop 1983)

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Même si ce n’est qu’un single, quelque part, ce disque est peut être le Velvet Underground & Nico du Hip Hop. Un disque d’une importance séminale (pour parler comme les journalistes de rock indé)(mais pour une fois le terme est justifié), fondateur (un des dix morceaux essentiels du hip hop), une pochette réalisée par un artiste contemporain de renom au parfum de scandale qui produira également le disque comme Warhol l’avait fait pour le Velvet. D’ailleurs le terme de production, comme dans le cas de Warhol, est plus à prendre dans le sens d’apport financier qu’autre chose.

Parce que si Jean Michel Basquiat a bien réalisé la pochette, son apport musical est inexistant. Pourtant au départ, ce disque devait être une joute verbale, un règlement de comptes entre Basquiat et Rammellzee, ce dernier, également artiste graffeur, reprochant à Basquiat d’être un usurpateur.
Les deux devaient en découdre le temps du morceau en rapant chacun leurs arguments Mais au final, Basquiat n’apparait pas dans Beat Bop, la légende dit que Rammellzee l’a empêché d’entrer dans le studio et comme il est dit dans The man who shot Liberty Valance, when the legend becomes fact, print the legend.

Le disque à l’origine, n’était destiné qu’à être édité en test pressing à 500 exemplaires. C’est d’ailleurs ce qu’a indiqué Basquiat sur la pochette, Test pressing. Mais très rapidement le disque a acquis une notoriété grandissante et s’est retrouvé dans la bande originale de Style wars (visible en 8 parties), un film sur les graffeurs et l’art de la rue sorti la même année.

Comme Basquiat, Rammellzee, au même titre que Futura 2000, était un de ces artistes qui dès la fin des années 70 ont recouvert les murs et surtout les rames de métro de New-York de graffitis colorés et personnalisés. Basquiat participait aussi activement à la scène New-Yorkaise et réalisait des performances au Max Kansas City et au CBGB. C’est peut être pour cela d’ailleurs qu’il apparait dans le clip de Rapture de Blondie (à 2mm, le disc jockey).
Rapidement Basquiat devint un artiste connu, recherché et exposé, il finit d’ailleurs par rencontrer Warhol en 82 avec lequel il collabora.

La pochette du disque est représentative du style particulier de Basquiat, malgré un trait blanc sur fond noir en lieu et place de ses couleurs vives habituelles, où l’influence des graffitis est présente, avec un trait assez naïf. A l’arrière de la pochette, Basquiat a, volontairement ou non, mal orthographié le nom de Rammellzee en omettant un L (petite vengeance entre amis?).

Le morceau en lui-même, et il n’y en a qu’un seul, la version instrumentale se retrouvant sur la 2ème face, est une tuerie sur un groove funky imparable, caractéristique du hip hop old school, au même titre que le Rapper’s delight, ou The Message de Grandmaster Flash. Le riff de guitare rappelle ceux de Nile Rodgers pour Chic et chose incongrue, on y entend par instant des traits de violon, pendant que Rammellzee et K-Rob racontent les rues de New-York.

Le morceau a fortement influencé les Beastie Boys qui finiront par sampler Beat Bop sur Jimmy James que l’on retrouve sur Check your head!

En 1983 il ne restait à Jean Michel Basquiat que quatre ans à vivre. Il succombera à une overdose en 1988 à 27 ans. Le titre est devenu culte au fil du temps, le maxi atteignant des prix déraisonnables en raison de sa rareté avant d’être réédité avec un poster reproduisant la pochette. Ce qui reste un moyen d’avoir un Basquiat abordable chez soit, ses tableaux se retrouvant dans tous les plus grands musées d’art moderne…

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Catégorie : I live in the 80's, Samedis Musicaux

6 Responses to “ 686 Les samedis musicaux #22 (Rammellzee+K-Rob) ”

  1. Benjamin F on 15 mai 2010 at 19 h 21 min

    Je n’avais jamais eu l’occasion d’écouter ce morceau. Il est vraiment très bien. Old school dans le meilleur sens du terme. C’est vrai qu’outre Jimmy James, je trouve qu’on retrouve beaucoup de ce Beat Bop dans le flow d’un Sure Shot. Merci bien monsieur.

  2. Dahu Clipperton on 15 mai 2010 at 20 h 02 min

    Là, tu nous as ressorti une sacrée perle, merci ! Je suis assez stupéfait de la prod, bien caverneuse et enfumée… très « organique » en fait (et c’est quelque chose qui me frustre (un peu) avec le hip hop : on entend trop rarement des types rapper avec un groupe derrière) (mais c’est juste histoire de chouiner^^)

    Les Beastie Boys, ils ont aussi samplé le « B-boys makin’ with the freak freak » dans le génial morceau du même nom sur « Ill communication ».

  3. KMS on 15 mai 2010 at 20 h 30 min

    Ah oui j’avais oublié B-boys makin’ with the freak freak . C’est de toute manière une grosse influence des Beastie Boys ce titre, on s’en rend bien compte.

  4. catnatt/belam on 17 mai 2010 at 8 h 57 min

    Basquiat
    du rap old school

    connaître Rammellzee

    je t’aime, lol!

  5. Pannouf on 31 mai 2010 at 21 h 46 min

    Comme c’est écrit un peu plus haut : « Une tuerie » ! Pfiou ! Merci :)

  6. Dahu Clipperton on 2 juillet 2010 at 15 h 14 min

    Je viens de voir ça : Rammellzee est mort hier :(