603 Mes albums de la décennie #9 (Jay Munly)

6 décembre 2009 Par KMS
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Jay Munly : The Denver boot (Album : The Jimmy Carter syndrome 2002)

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Jay Munly c’est l’arrière cour de l’amérique. Celle du centre du pays. Celle des white trash, trailer camp et misère à tous les étages. La country des oubliés. Pas de celle de Nashville avec les filles en jupes à volant qui tournent sur elle même pendant que des crétins chapeautés gueulent des hi ha. Non. Jay Munly c’est la musique de ces paumés avec la carcasse de la bagnole qui rouille sur ses jantes au fond du jardin. La country des types bourrés aux pilules qui croient en la rédemption du christ. La country, électrique, de 16 Horsepower, de Woven hand, autrement dit David Eugene Edwards (qu’on entend d’ailleurs sur cet album).

Et de Jay Munly. Une sorte de country gothique, hantée et électrique. De celle qui fait frissonner. De toute manière, rien que de voir la tronche de Munly tu comprends que ce type ne plaisante pas.

Avec sa voix à la Nick Cave ou à la Cohen en moins gentil, il ne respire pas la santé Munly, tu l’imagines rongé par un scorbut pernicieux. Mais en même temps il est capable de te balancer des choeurs angéliques sur Censer From The Footlights (vidéo). Ou de libérer des voix d’outre-tombe à glacer le sang comme sur Dar he drone d’où émane parfois des effluves de blues à la Jeffrey Lee Pierce.

On trouve aussi du violon et du violoncelle sur cet album, comme sortis d’un orchestre fantomatique prisonnier d’une église abandonnée. Du banjo comme des dents qui claquent (vidéo), et de la poussière qui tombe de chaque chanson comme le tissu en décomposition d’un linceul. Un disque de fantômes. Indispensable.

Ce disque a une petite histoire. Lorsque je l’ai commandé directement chez Sm**ch records, quelques jours après, Andrew a envoyé un mail en disant qu’il était très embêté car il s’était cassé le pied et ne pouvait du coup aller à la poste pour envoyer le poster. Mais il allait demander à son colocataire de le faire pour lui pour que je n’ai pas à attendre. Ça donne une idée de l’importance de la structure de Sm**ch records (une seule personne). Le genre d’anecdote, ça donne envie d’acheter tout le catalogue du label.

(On pourra acheter cet album directement chez Smooch records au prix de $13 frais d’envoi compris (à peine 9€). On en profitera également pour acheter avec bonheur le superbe Short Stories de Lilium, ainsi que l’excellent Munly and the Lee Lewis Harlots.)

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Catégorie : Music of my mind

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