684 Endless rain (Beethoven)

11 mai 2010 Par KMS
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L.V Beethoven : Andante Con Moto quasi allegretto Album : Quatuor Nr. 9 In C Major Op. 59 ‘Rasumovsky’ – Quatuor Alban Berg 1979)

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Photo : Robert Doisneau

Un ciel aussi sombre que l’avenir de l’humanité. Matin pourri, comme écrasé sous le couvercle trop lourd des nuages et du reste. Rejet de la ville de plus en plus, rien de neuf, juste un cran supplémentaire. La banlieue sous la pluie dans les transhumances matinales a la saveur d’une tartine de merde brune (emploie une couleur inacceptable ont dit les cartes des stratégies obliques de Brian Eno). Le gris de suie du ciel faisait aussi partie des inacceptables.

Rien de neuf. On entend le suintement des pneus des voitures sur l’asphalte détrempé. ring ring 7 am move yourself to go again dans la voiture en venant, Weather man and the crazy chief One says sun and one says sleet en prenant conscience que ce disque aura trente ans (30) le 12 décembre peu de temps avant que je n’en ai cinquante. Clocks go slow in a place of work Minutes drag and the hours jerk. Rien de neuf. Même trente ans plus tard.

Plombé comme ça, toute la journée. Comme si on glissait sans pouvoir s’arrêter. Derrière la vitre ça dégoulinait de plus belle. Le froid a gagné l’intérieur. C’est en rentrant que ça m’a frappé. L’impression que tout se ralentissait subitement. L’idée saugrenue aussi que la pluie ne s’arrêtera pas, comme une malédiction immuable.
L’envie d’entendre le 9ème quatuor de Beethoven, le dernier des Razumovsky, surtout l’andante du 2ème mouvement, comme la pluie lente derrière la vitre, comme le corps et l’esprit qui se referment sur eux même. Le 9ème quatuor de la même manière que l’on entend l’allegretto de la 7ème symphonie de Beethoven à la fin de Zardoz, le film post apocalyptique de John Boorman (staring Sean Connery dans un slip rouge futuriste et avec une grande tresse).

La pluie coulait sur les vitres avec la même lenteur que les archets sur les cordes. Le 9ème quatuor, bien moins ambitieux que les suivants et particulièrement le 13ème et sa grande fugue, mais c’était une journée sans ambition particulière.

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Catégorie : Ecoute s'il pleut

17 Responses to “ 684 Endless rain (Beethoven) ”

  1. Starsky on 11 mai 2010 at 22 h 19 min

    Il n’y a qu’une consolation quand il pleut et vente en mai : les arbres et leur feuilles neuves qui s’ébrouent comme des chevaux gigantesques.
    Merci pour ce beau quatuor que je n’avais pas entendu depuis ma tendre enfance.

    • KMS on 12 mai 2010 at 8 h 32 min

      Tu écoutais ça quand tu étais petit? Des parents mélomanes donc.

      • Starsky on 12 mai 2010 at 8 h 37 min

        Oui mélomanes, de Beethoven, au Sgt Pepper acheté par monsieur le jour de sa sortie à Londres.
        Avec enfants au conservatoire et tout et tout…

  2. anakin on 11 mai 2010 at 22 h 31 min

    Je taquine, mais c’est beau. Et puis ça va bien avec mon humeur. J’aimerais qu’il pleuve toujours.

    • KMS on 12 mai 2010 at 8 h 33 min

      Comme dans Blade Runner?

      • anakin on 12 mai 2010 at 11 h 10 min

        oui, pluie et nuit.

  3. martin on 12 mai 2010 at 9 h 40 min

    me fais et refais ma discographie depuis la découverte fortuite de ce site – merci – aussi pour me remémorer on the boards (dans les cartons) l’autre jour
    à bientôt
    Martin

    • KMS on 12 mai 2010 at 9 h 52 min

      Merci à vous d’écouter (et il ne faut pas laisser les disques dormir dans des cartons :-) ).
      (j’ai supprimé les doublons)

      • martin on 12 mai 2010 at 10 h 49 min

        ce sont les supports qui dorment, pas la musique  ;-)

  4. PM on 12 mai 2010 at 14 h 28 min

    « une journée sans ambition particulière », la classe !

    • ana nb on 12 mai 2010 at 19 h 51 min

      jalouse de votre « gris de suie du ciel »!

  5. PdB on 13 mai 2010 at 14 h 20 min

    n’empêche que cette musique réconcilie avec quelque météo que ce soit (même s’il était sourd, même si le truc est de loin plus ancien sur Terre que nous) – c’est aussi ce qui est bien avec la photo (Maurice Baquet à Montmartre, j’aimerai sa voir qui est en train de peindre, là derrière…) et en tout cas, l’apaisement, voilà…

    • KMS on 13 mai 2010 at 15 h 39 min

      Il n’y a que toi pour te souvenir que c’est Maurice baquet sur cette photo.

  6. Richard on 13 mai 2010 at 15 h 25 min

    Même sentiment sur la pluie qui s’acharne depuis trop de jours, trop de siècles sur l’âme humaine. Je ne connaissais pas cette pièce de Beethoven, que j’imaginais toujours un peu trop pompeux. Merci.

  7. kokyette on 14 mai 2010 at 20 h 09 min

    C’est juste magnifique, de quoi se réconcilier avec la vie et aimer à nouveau la pluie et l’automne. Merci encore une fois …
    S.
    PS : Non moi aussi, Maurice Baquet bien sur, qui d’autre ?

    • drgbs on 17 mai 2010 at 15 h 51 min

      quelques autres encore qui ont scruté la télé en noir et blanc ou en couleurs pales où celui ci faisait des apparitions parfois et repartait avec son instrument sous le bras …

      • KMS on 17 mai 2010 at 21 h 10 min

        Les moins de vingt ans (trente?) ne peuvent pas connaître…