573 Champion of the world (Miles Davis)

20 octobre 2009 Par KMS
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Miles Davis : Willie Nelson (Album : Complete Jack Johnson Sessions 2003)

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Non il n’y aura rien à dire. Juste Miles. La basse hypnotique de Dave Holland et on parlait de basse hier. Le groove de Jack Dejohnette. La guitare de McLaughlin et surtout celle de Sonny Sharock qui doit expliquer ces bruits d’extra-terrestres en perdition. Un Miles presque bruitiste du coup. Sur le coffret des Jack Johnson sessions, il y a six prises totalement différentes de Willie Nelson. Oui. Ce Willie Nelson aussi étrange que ça puisse paraître.

Miles. On y reviendra. Les cinquante ans de Kind of Blue. L’expo We want Miles à la cité de la musique. On y reviendra.
Là ce soir il n’y a rien à dire. Juste que Jack Johnson était un boxeur (le premier qui me parle du surfeur aux chansons mièvres…). Noir. Le premier noir champion du monde chez les poids lourds en 1908. A une époque où il était mal vu que les boxeurs noirs battent les blancs.

C’est justement ce qu’à fait Jack Johnson. En 1910, lors du premier « combat du siècle », Johnson battit un crétin qui avait déclaré vouloir prouver qu’un blanc était meilleur qu’un « nègre ». Il jettera l’éponge au 15ème round. Ca ne fit qu’accroître la popularité de Johnson auprès des noirs. Mais le soir même des émeutes raciales éclatèrent. Ou plutôt, on considéra bien souvent comme « émeute » les scènes de joie du peuple noir devant la victoire d’un des leurs. Bien entendu celles-ci furent réprimées, elles firent au moins dix morts.

Pour la société blanche Jack Johnson avait un autre défaut. Un très gros défaut. Il aimait les femmes. Les femmes blanches. Il fut marié trois fois. Trois fois à des blanches. Il aurait voulu se faire haïr il n’aurait rien trouvé de mieux. Et cela fait partie des raisons pour lesquelles Miles Davis a voulu lui rendre hommage. Il aimait également les voitures rapides. Comme Miles. Forcément la société blanche finit par le coller en prison pour avoir passé une frontière d’état avec une femme blanche… Johnson est mort en 1946, dans un accident de voiture. Après être parti en colère d’un dîner où l’on avait refusé de le servir en raison de sa couleur de peau.

Sur Yesternow, figurant sur l’album Tribute to Jack Johnson de Miles Davis, dont une petite partie de cette prise de Willie Nelson est inclue dans le « collage » global du morceau (Yesternow est constitué de passages provenant de diverses sessions et montées ensemble par le producteur Teo Macero), tout à la fin, on entend la voix de l’acteur qui joue le rôle de Jack Johnson dans le film sur sa vie dire cette phrase que Miles Davis aurait pu reprendre à son compte : « I’m Jack Johnson. Heavyweight champion of the world. I’m black. They never let me forget it. I’m black all right. I’ll never let them forget it.« 

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Catégorie : Jazz in my pants, Music of my mind, Obsessions

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